Les Guichets du Louvre de Roger Boussinot


  • Nombre de pages: 109 pages
  • Edition du livre: Gaïa Editions (avril 2012)
  • 4ème de couverture: Paris, juillet 1942.
    Un étudiant bordelais voit s’achever l’année universitaire à Paris. Il fait beau et chaud. Ça sent les vacances, la province, la maison familiale… Alors qu’il prépare ses valises et range sa chambre d’étudiant, un de ses camarades de cours, distant et d’ordinaire peu disert, vient à lui. Un peu mystérieux, angoissé et intrigant, voilà qu’il propose à notre narrateur une mission des plus inattendues, à la fois excitante et apparemment peu difficile à mettre en œuvre.
    Car bien sûr le jeune homme veut agir. Sitôt informé du projet de rafle organisée sur la rive droite par les forces de police françaises à l’encontre des Juifs de la capitale, il est pour lui hors de question de rester inactif, indifférent. Et pourtant? La mission est simple: mettre à l’abri au cours de la journée le maximum de femmes et d’enfants juifs en cachant leur étoile jaune et en les faisant passer sur la rive gauche. Il ne s’agit que de retarder son départ, prendre le train du soir ou du lendemain matin et sauver quelques vies de ce qu’on appellera plus tard la «Rafle du Vel d’Hiv».
    Seulement voilà, comment agir, lorsqu’on est timide et peu débrouillard, qu’on cherche ses mots avant d’oser aborder quelqu’un dans la rue, qu’on rougit sous le regard des femmes inconnues ?

Mon avis:   Je tiens tout d’abord à remercier les Editions Gaïa et Babelio pour son opération Masse critique qui m’a permis de recevoir cette nouvelle édition des Guichets du Louvre et de faire une belle et poignante lecture.

L’histoire que rapporte Roger Boussinot se déroule le 16 juillet 1942. C’est un témoignage de sa propre expérience qu’il nous raconte lors de cette date très importante de l’Histoire celle de la Rafle du Vélodrome d’Hiver. Il n’est pas Juif mais pourtant il a pris le parti d’agir ce jour-là d’une manière très remarquable.

De par sa manière d’écrire, le lecteur a l’impression d’accompagner notre jeune narrateur, de parcourir les rues en sa compagnie sous cette chaleur de juillet dans ce stress permanent de ne pas réussir à réaliser la mission qu’il s’est donné. La multitude de détails du décor, de ces sentiments ne fait que rendre plus intense cette impression de nous sentir présent à cette période de l’histoire. La découverte du quotidien parisien sous l’Occupation aussi bien pour un « Français » que la population étiquetée « juive », de la traque des Juifs en cette journée par la police française, des réactions de la population parisienne face à cette rafle, le lecteur est véritablement au contact de tout ce qui a composé cette journée et l’ensemble de cette guerre.

La plume de Roger Boussinot est sincère, quelque peu hésitante au début où on y trouve des passages commentant le fait d’avoir choisi tels évènements à raconter plutôt que de les passer sous silence puis sa plume s’envole et nous ne trouvons plus ce genre de passage. J’ai eu le sentiment qu’il était plus à l’aise, qu’il formulait ses pensées de manière plus directe, ou que ses souvenirs étaient plus clairs à force de coucher sur papier son vécu.

Son livre sera aussi le moyen de nous rappeler la foule de pensées, questions qui lui sont passées par la tête ce jour-là, en notre compagnie, il aborde ce qui le met en colère, ce qui lui pèse, ce qu’il a besoin de dire, de comprendre concernant cette atteinte perpétuelle à ce peuple juif depuis le début de cette guerre.

Ce livre sera aussi les récits « éphémères » de plusieurs « vies juives » que la Rafle attrapera. Chacun est tragique, déchirant, on aurait aimé qu’il en soit autrement et on est impuissant tout comme le narrateur.

Cette lecture en plus d’être prenante et révélatrice de faits mal connus, elle permet une fois de plus de prouver que des témoignages comme celui-ci sont importants pour connaître l’ensemble des facettes qui constituent notre Histoire qui ne doivent pas tomber dans l’oubli. Des pires comme des meilleurs comme le prouve bien le paradoxe entre cette mission de cette journée de juillet qui se voulait bienfaisante et « la fin de ce livre qui dénonce un problème historique avec cette adresse aux Guichets du Louvre ».

Pour finir je vous conseille, vous adolescents aux plus âgés, de lire ce récit où se livre Roger Boussinot l’espace d’une journée.

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