Rendez-vous passage d’Enfer de Claude Izner


Lu dans le cadre du Challenge sur les Polars historiques organisé par Samlor:

  • Edition: Editions Folio (Grands détectives)
  • Nombre de pages: 343 pages
  • 4ème de couverture:Par une chaude nuit d’Août 1895, la chute d’une météorite en forêt de Montmorency bouleverse le train-train du libraire-enquêteur Victor Legris, de son père adoptif Kenji Mori et de Joseph Pignot, ancien commis récemment promu associé.
    Cet événement spectaculaire entraîne, suite à un rocambolesque concours de circonstances, une série de meurtres mystérieux. Lancée à la poursuite d’une confrérie haute en couleur dont les membres ne font pas de vieux os, d’un jeune gandin en quête d’un trésor et d’une pierre maudite, l’aventureuse équipe, sillonne un Paris de fin de siècle gouailleur et canaille à un rythme d’enfer.
    Rendez-vous est pris avec le diable!…

Mon avis: 

J’avais acheté ce livre il y a quelques mois dans le cadre de mon challenge sur les polars historiques. Je me faisais déjà une joie de cette lecture rien que par le titre qui avait l’air de laisser présager une intrigue riche et originale. Cependant, la réalité fut toute autre.
Ce livre narre une enquête de Victor Legris, personnage récurrent des auteures se cachant sous le pseudonyme de Claude Izner, qui se déroule à la fin du XIXème siècle plus particulièrement lors de l’année 1895. Par pur hasard, ce curieux libraire aidé de son associé Joseph Pignot vont se mettre sur la piste de meurtres en série assez mystérieux. Coïncidence, les personnes assassinées auraient toutes appartenues à l’association qu’avait créée Emile Legris, défunt père de notre enquêteur. Qui donc aurait eu intérêt à mettre fin à leur vie et pour quelles raisons ? C’est ce que notre duo d’investigateur sera chargé de découvrir afin de faire cesser les assassinats perpétrés.

Cette enquête, à première vue paraît plaisante, originale mais elle se fait tout d’abord bien attendre. Une centaine de pages devront défiler avant de voir l’action commencer concrètement. La mise en place du contexte sera longue, même énorme pour les lecteurs qui suivent les enquêtes de Victor Legris depuis plusieurs polars déjà et sûrement au point sur cette fin du XIXème siècle. Parallèlement la présentation des personnages l’ait tout autant. Le nombre important de protagonistes n’aide pas à s’y retrouver, c’est l’un des premiers points qui a rendu ma lecture ardue ainsi que l’étalage de leurs pensées, de faits de vie insignifiants qui composent leurs quotidiens à chacun. Ajouté à cela, le déploiement de la culture de nos deux auteurs pour rendre ce siècle beaucoup plus réaliste. C’est un pari réussi mais en contrepartie de l’ennui du lecteur qui ne connait pas grand monde dans les personnes célèbres citées ou autres œuvres artistiques, littéraires, et qui comme moi n’attend sûrement qu’une chose, de l’action.
Avec soulagement, au bout d’un certain nombre de pages, les meurtres ont démarré et le jeu de piste a suivi quelques temps après, le temps que nos deux curieux Victor et Joseph se rendent compte qu’une enquête croustillante se déroule sous leur nez. Cependant, les défauts relevés au début du roman ont continué, si bien qu’à mon goût la recherche de l’assassin apparaissait plus en second plan qu’autre chose. Je me suis vraiment accrochée pour finir ce livre, à plusieurs reprises j’ai pensé arrêter mais j’avais quand même envie de valider une lecture de plus pour mon challenge et il faut le dire, connaître le nom du meurtrier.

La lectrice de policier en tout genre que je suis, est donc véritablement ressortie frustrée de cette lecture. Je reconnais que Claude Izner a du talent pour mettre en scène ses meurtres dans le Paris du XIXème siècle, beaucoup moins pour développer ses personnages. Trop de détails tue la description surtout quand ils arrivent à en être insignifiant. Le but était sûrement d’en faire des individus connus, familiers au lecteur mais l’ennui a plus vite eu raison de l’objectif premier. C’est bien dommage car j’ai trouvé beaucoup de volonté pour faciliter la lecture en cherchant à nous embarquer dans un réalisme proche du siècle décrit. Et je suis vraiment mais vraiment déçue par la faible ampleur qu’a prise l’enquête. Elle avait du potentiel avec les nombreux antagonistes cherchant à résoudre cette « énigme », la mise en scène de chaque meurtre et bien d’autres éléments qui aurait pu en faire un bon polar.

 

Concernant les personnages, j’ai aussi fini par trouver bien fade cette drôle de famille recomposée. Chacun a son caractère comme Kenji Mori, beau-père de Victor qui lutte pour que sa librairie fonctionne à contrario de ses deux associés qui y préfèrent leur passion. Iris (fille de Kenji), quant à telle est une jeune mère qui lutte entre sa condition de femme au foyer et son envie d’écrire, jeune femme douce cependant à l’inverse d’Euphrosine, avec son caractère détestable qui fait des histoires pour des détails et d’autres encore qui s’opposent. J’ai trouvé que chaque descriptif des scènes de vie faisaient clichés et sonnaient faux. C’est un avis personnel malgré tout, j’avoue que j’aime plutôt quand les protagonistes d’une histoire mènent des vies plus entrainantes. Dans le cas présent au XIXème siècle, le quotidien des familles et ménages ressemblaient sûrement fort à l’univers décrit.

Vous l’aurez compris c’est une véritable déception mais s’il y a des passionnés d’Histoire concernant le XIXème siècle, lisez-le il risque de vous plaire.

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4 réflexions sur “Rendez-vous passage d’Enfer de Claude Izner

  1. J’ai remarqué que c’est souvent le problème des polars historiques se situant dans une époque « récente », vers 1850 et plus. Le fait qu’on connaisse bien mieux cette période, avec des personnages connus de cette époque, doit inciter les auteurs à nous les coller dans leurs récits et à nous faire un cours d’histoire. Je l’ai remarqué dans plusieurs romans de différents auteurs, et comme toi, ça m’a lassé.

    Je préfère largement quand le contexte historique n’est qu’une toile de fond, cohérente et bien construite, que lorsque c’est mis en avant et que l’enquête n’est qu’un détail du récit.

    Si l’autre polar historique que tu souhaites lire, c’est celui de Contrucci, eh bien, euh… bon courage ! Sois forte !
    Bon, après, je n’avais pas aimé l’un de ses romans, mais peut-être que ça fonctionnera pour toi 😀
    Et j’espère que tu ne t’arrêtera pas à ces mauvaises expériences, car il y a des polars historiques qui valent le détour 😉

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    • Ah oui j’avais oublié Contrucci donc j’en ai 2 car j’ai celui aussi de Margaret Frazer. On verra bien, j’ai déjà quelques chouchous au niveau des auteurs de polars historiques donc je ne suis pas non plus déçue au point de me dire que je ne trouverais la perle rare dans ce genre. ça m’aura donné une autre vision, on va dire ça. Merci pour ton commentaire :).

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