Blaze de Richard Bachman alias Stephen King


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  • Titre d’origine: Blaze
  • Edition: Editions Albin Michel
  • Nombre de pages: 327 pages
  • 4ème de couverture: Comme dans la plupart des romans de Stephen King, tout commence presque « normalement ». Une brute épaisse et débile se retrouve sur les routes verglacées du Maine, la police aux fesses et un bébé kidnappé sur les bras. Et puis l’embrouille glisse doucement vers l’horreur et l’effroi…

Mon avis:

J’avais choisi cette lecture dans le cadre d’un challenge. Cependant, elle ne comptera pas comme telle car quelques contretemps se sont mis en travers de la rédaction de ma chronique pour qu’elle arrive dans les temps. Je devais choisir un livre sur le thème du « frisson », les livres de Stephen King m’ont tout de suite fait envie. J’attendais depuis un moment de découvrir ses livres, l’occasion était toute trouvée avec ce challenge. J’ai fouiné dans ma médiathèque et Blaze est le seul livre qui s’est présenté.

Me voici donc partie dans un livre de King enfin, ici plutôt Bachman (mais on sait qui se cache derrière S.King et inversement). Le petit prologue rédigé par l’auteur m’a fait rire par son franc parler, il est cash, il écrit de manière fluide. Tout de suite, ça a été le coup de cœur pour sa plume, je me suis dit dans ma petite tête que si je n’aimais pas ce livre, qu’il y aurait un problème.

L’histoire débute en compagnie de deux hommes, George et Blaze, deux complices qui ont déjà fait les 400 coups ensemble. George est la tête, Blaze, les bras. On sait rapidement que George fait partie de l’imagination du personnage principal plutôt simplet. Celui-ci a du mal à se remettre de sa mort. Clayton Blaisdell Junior alias Blaze a été dépendant de lui longtemps, tout ce qu’il faisait c’était George qui lui disait. Une drôle de situation en quelque sorte se dessine sous les yeux du lecteur, désopilante même. George est en quelque sorte une vraie personne tellement il parait présent encore dans la vie de Clayton. On a envie d’ouvrir les yeux au personnage principal sur la mauvaise influence de ce fantôme du passé mais celui-ci aura des déclics d’une intelligence étonnante pour contrer les voix, les souvenirs qui habitent sa tête.

L’action reposera essentiellement sur une idée qui date un peu puisqu’elle avait été murie par le cerveau de George. Celui-ci n’a jamais eu le temps de la mettre en œuvre. Blaze reprendra donc le plan, celui d’un kidnapping pour toucher une rançon. Il est parfois difficile de suivre les étapes de l’idée du mort pour ce géant attardé mais il a plus d’une ressource et finit par surprendre.

Le récit a un bon rythme, on ne s’ennuie jamais. Soit nous suivons assidument les péripéties du dessein du géant, soit nous apprenons au fur et à mesure des détails de la vie du protagoniste. Son enfance, son adolescence, ses premiers coups sont racontés de manière détaillée insufflant encore plus de suspense dans l’intrigue principale. On découvrira les rares personnes qui ont pu compter pour lui, celles au contraire qu’il a détesté. Son histoire personnelle fait qu’on s’attache beaucoup à lui, même si on ne cautionne pas le « plan » et qu’on ne sait pas jusqu’où il va aller pour parvenir à obtenir l’argent.

Pour en dire plus sur Blaze, c’est un surhomme de par sa taille, au physique ingrat, amoché dans l’enfance et dont il garde des séquelles physiques comme psychologiques. D’enfant prometteur il est devenu attardé mental. Ce handicap ne lui facilitera pas la vie. Son existence fait vraiment pitié, c’est un bonhomme peu chanceux qui pourra compter sur peu de personnes. Il n’est vraiment pas valorisé par ce manque d’affection, d’attention. J’ai aimé le paradoxe entre le fait que la majorité des hommes qu’il côtoie ne sont pas de bons éléments et la manière dont il est souvent épargné par les arrestations. C’est en quelque sorte une revanche, comme si le sort voulait lui donner à chaque fois une autre chance car il ne méritait pas de passer dans le vrai camp des méchants.  Il a un bon fond même si on a l’impression que non, sa force et son physique ont été souvent les plus trompeurs. Il est aussi un personnage en évolution, il sera amené à changer par ce gros « coup ». Il marquera son autonomie, son indépendance, il est seul, il doit tout gérer. Il développera un instinct « paternel » étonnant, le bébé, Joe deviendra sa raison de vivre. Il fera un peu comme George, il prendra quelqu’un sous son aile. Il gère mieux sa propre personne et l’influence de George diminue.

J’ai aussi adoré les bons individus de l’histoire comme le meilleur ami de Blaze, John Cheltzman, une relation protectrice est née entre les deux. Une amitié un peu à l’image de celle de George mais John est un gentil, un intello qui ne sait pas se défendre. Les Bowie, un couple d’accueil, m’ont déplu, j’ai mis un moment à comprendre pourquoi Clayton les détestait réellement. Je les aurais classé dans les gentils à lire les premières pages, ce n’étaient pas des saints mais Blaze a été habitué à pire. Dès le départ, il trouvait qu’on ne le traitait pas bien. Les tâches qu’on lui donnait, étaient surtout adaptées à son physique et son intelligence. C’était les plus ingrates mais il avait un toit et vivait beaucoup mieux qu’à l’orphelinat. Pourtant, il les avait peut être mieux calculé que moi au final. Je pense que pour comprendre leur méchanceté, les choses auraient pu être plus noircies. Ce sont bien les personnes que j’ai le moins compris…George, quant à lui, est un individu souvent présent, mais il est resté longtemps dans l’ombre, on ne savait pas grand-chose et même quand l’auteur s’est mis à en dévoiler plus, c’était le juste minimum. Dans ma tête, il est resté attaché à l’entité sombre habitant une partie du cerveau de son acolyte. D’autres hommes et femmes essaiment l’histoire, chacun se distingue à chaque fois même si leur rapport avec Blaze est bien souvent semblable, soit on le dénigre, soit on le prend à pitié.

Concernant le genre, j’ai trouvé un petit hic, j’ai eu un peu de mal à capter en quoi il était un roman noir. Le temps glacial avec ces blizzards m’a fait plus frissonner que l’histoire en elle-même c’est pour vous dire. Je suis sortie déçue sur ce point car je m’attendais vraiment à avoir peur ou avoir en horreur un personnage, ce ne fut pas le cas. La fin, partie la plus sombre était en plus prévisible. Dommage !!!

En conclusion, cette histoire ne sera pas un coup de cœur non plus mais elle me marquera. D’une part c’est ma première lecture de ce grand nom de la littérature. D’autre part, j’ai passé un bon moment avec ce gentil monstre et ce petit Joe mais aussi j’ai vraiment accroché à cette immersion dans la vie privée d’un personnage atypique. L’histoire reste peu originale mais le développement autour des protagonistes l’ait énormément. Par contre, la déception restera sur le manque de frisson dans ce livre.

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10 réflexions sur “Blaze de Richard Bachman alias Stephen King

  1. Ravie de voir qu’il t’a plu, mais il est vrai que ce n’est pas un roman qui fait peur. Mais une belle leçon de vie, impossible de ne pas apprécier Blaze. ^^

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  2. Je découvre ta chronique grâce au lien sur Livraddict ! C’est un roman peu commun parmi ceux qu’a écrits Stephen King, mais si au départ j’ai été surprise je dois avouer qu’il m’a plus marquée que ce que je pensais : la triste vie de Blaze m’a rendue triste aussi !

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  3. Je n’ai pas encore lu celui-ci mais ta chronique est très intéressante sur Stephen King en lui même ; beaucoup associe Stephen King aux frissons en effet mais finalement, ce n’est pas le plus important dans ses romans et parfois, il n’y en a pas et c’est ce que tu as pu découvrir avec ce titre (^-^)
    J’espère en tout cas que tu auras envie de te replonger dans l’univers de cet auteur car, tu dois déjà le savoir, je l’adore et il mérite vraiment qu’on picore dans ses nombreuses oeuvres. Il y en a pour tous les goûts !

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    • Merci Mina. Je me suis vite rendue compte que les a-priori sur S. King qu’ont les gens n’étaient pas toujours fondés. J’ai lu deux autres de ces livres par contre avec Sac d’Os, une lecture vraiment mitigée et j’ai tenté Dôme mais je n’ai pas accroché. Je pense que tu vas m’en faire lire du S. King surtout quand je vois tes chroniques passées sur ces livres ça me donne toujours envie d’essayer le titre en question.

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      • Oh oui c’est possible mais je comprends que tu n’adhères pas a tous. Je n’ai pas lu Sac d’Os mais c’est vrai que Dôme est assez complexe. Mes préférés restent ses romans les plus anciens de toute façon 🙂

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      • Beaucoup disent qu’il a évolué et pas forcément dans le bon sens. Bon après tout est affaire de goût. Pour Dôme, je pense que je n’ai pas pris le temps d’essayer. Je retenterais pour voir si ça passe mieux.

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      • J’entendais beaucoup ça aussi et je n’étais pas d’accord jusqu’à ce que je mette à lire ses romans dans l’ordre de parution. Et alors, je me suis rendu compte que j’accrochais moins vers fin 80 – début 90 mais ce n’est pas une généralité, et ceux des années 2000 me semblent moins recherchés. Après ça reste une évolution normale et intéressante, et puis il a toujours touché un peu à tout alors tout ne peut pas plaire à tout le monde. Dernière chose, pour mes dernières lectures, je n’étais pas toujours dans les bonnes conditions ce qui fausse souvent mes avis =)

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      • J’en ai pas assez lu pour faire un constat comme toi tu peux le faire. Je verrais dans quelques années et que j’aurais avancé dans mes lectures. Et c’est vrai que de toute façon l’état d’esprit dans lequel on est joue beaucoup.

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