Pélagie et le Bouledogue blanc de Boris Akounine


  • Edition: Editions Presses de la Cité
  • Nombre de pages: 346 pages
  • 4ème de couverture: Rousse, myope, d’une maladresse chronique, Pélagie est une jeune religieuse orthodoxe à l’esprit particulièrement acéré… Cette sagacité n’a pas échappé à son supérieur hiérarchique, l’archevêque Mitrophane : il n’hésite jamais à faire appel à ses services lorsque les autorités de la province russe où il exerce son magistère le sollicitent pour résoudre des affaires particulièrement épineuses. Pélagie abandonne alors son cher tricot et ses activités de pédagogue pour aller mener l’enquête. C’est ce qui se produit lorsqu’on retrouve dans la cour du manoir d’une riche famille noble le cadavre d’un superbe bouledogue blanc, orgueil de la matriarche, fruit d’une longue et patiente sélection. Ce n’est là que le premier incident d’une série qui risque d’être longue si Pélagie n’y met pas le holà. Ce qu’elle tentera de faire grâce à ses capacités d’analyse et de déduction, non sans que quelques cadavres supplémentaires – de chiens, mais aussi d’humains- aient parsemé ses investigations. Le lecteur retrouvera dans ce premier volet d’une trilogie la patte inimitable de Boris Akounine, auteur désormais culte, avec de subtiles pastiches des grands prosateurs russes du XIXe siècle. Tout cela sur fond d’intrigue policière de haute volée, pleine d’humour et de suspense.
  • Y-a-t-il une suite? Selon la 4ème de couverture c’est une trilogie, je penche plutôt sur le fait que Boris Akounine a utilisé Pélagie et Mitrophane comme personnages récurrents dans ses romans sans que l’ordre de lecture soit primordial.

Mon avis:

Quand Thalyssa a cherché des candidats pour le challenge qu’elle organisait, j’ai de suite dit oui. En effet, celui-ci repose sur l’ordre alphabétique permettant de lire des livres de ma PAL mais aussi d’en découvrir d’autres. Pélagie et le bouledogue blanc fait partie de ses derniers, à la médiathèque en cherchant les auteurs à la lettre « A » il m’a tapé dans l’œil. De genre policier, un titre un peu typé jeunesse, je n’ai pas hésité.

Cependant, l’attachement à cette lecture fut assez tumultueux, alternant entre l’admiration pour les passages les plus intéressants à l’ennui pour les plus « mauvais » : les premières pages m’ont tout d’abord rebuté par la longueur des phrases (entre 3 à 5 lignes pour une phrase) et par l’aspect spirituel de l’intrigue. Heureusement, le sourire est vite réapparu sur mon visage quand j’ai lu la description de certains personnages, notamment celle de Mitrophane. Une belle entrée en matière de la part de l’auteur qui nous montre qu’il sait créer des protagonistes purement caricaturaux et dont il en jouera à plusieurs reprises.

Imaginez, un homme rentré dans les ordres plein de bonnes volontés, cherchant à respecter au mieux  l’ordre investi mais qui finit par se rendre compte des difficultés à suivre toutes ces règles.  L’âge aidant, l’avancement dans la hiérarchie monastique faisant de ce bon évêque, un religieux pleins de défauts sur les péchés de la chaire notamment mais n’hésitant pas à sermonner les membres du clergé ne suivant pas assidûment les principes qu’il ose oublier. Et parmi ses faiblesses, l’une d’elle est le goût pour les enquêtes. Et oui, cela donne à notre cher Mitrophane quelques loisirs, surtout quand la famille est concernée, l’occasion est en or. Cependant, il n’y participera pas directement, il  transmet ses ordres à une jeune « servante » Pélagie, une nonne qui dispose des mêmes goûts pour régler cette mystérieuse histoire.

Ce roman repose essentiellement sur les aventures de cette religieuse. Néanmoins, l’action est très en retrait, dommage vu les bouleversements dans cette enquête. L’auteur fait en effet des choix assez étranges, choisissant ce qu’il a envie d’aborder ou de taire, allant jusqu’à faire un chapitre en plus rien que sur des moralités (je vous avoue que j’ai passé ces pages). De même, durant le procès, il choisit de ne se concentrer que sur certains faits. J’ai trouvé cette manière de faire très étonnante dans un roman policier et cela m’a beaucoup perturbée surtout quand cela a peu d’utilité pour le suspens. Je suis restée avec l’impression que l’auteur voulait faire quelque chose de différent mais ne savait pas par quel bout commencer.

Bref, malgré tout si on ne s’arrête pas sur ses aspects moraux, religieux et tout ce qui me paraissaient superflus, j’ai trouvé l’enquête bien menée, imprévue, qui aurait- pu imaginer tous ses évènements en si peu de temps…

De plus, Pélagie est une femme charmante, elle est religieuse mais sait être aussi une femme du monde. Elle fait partie des individus  très caricaturés du roman avec sa maladresse, sa myopie ; tous ses petits détails m’ont fait sourire et ont aidé à donner une certaine fraîcheur à ce livre alourdi par certains propos. Les personnages qui font parties de l’entourage de la générale Tatichiev  sont aussi très intéressants, bien détaillés, formant une bien drôle d’équipée. Presque tous retiennent l’attention du lecteur et ce qui était une foule de nom devient des têtes, des personnalités connues. Parmi eux, il y a la Générale, à mon goût elle  reste la femme la plus désagréable et la moins intéressante du récit. Son amour maladif et son comportement paranoïaque pour ses chiens ont rendu le début de  l’histoire assez pathétique, pour un policier, je recherchais autre chose. Heureusement, elle disparaîtra rapidement du centre de l’intrigue et son entourage sur lequel on se centrera un peu plus rendra plus attrayant ce récit. On les apprécie ou on les déteste. Ils ont tous leurs caractères, leurs défauts ou leurs qualités, et surtout des fonctions bien précises qui représentent à petite échelle le monde russe.  Ainsi nous suivrons Pierre et Naïna, les neveux de la Générale ou encore Stépan,  l’intendant et bien d’autres. C’est parmi eux qu’on essaie de chercher le ou les coupables, j’ai beaucoup aimé cet aspect du livre.

Le dernier point que j’aborderais est le contexte du récit. Je n’arrive pas à fixer mon avis exact à ce sujet. J’ai aimé me trouver dans une histoire se déroulant en Russie, me sentir à leur contact, avec leurs croyances, leurs paysages. Cependant, j’ai trouvé certaines « couleurs locales » peu agréables à la lecture notamment l’utilisation alternée des prénoms, noms ou encore surnom. Pour un lecteur francophone pour qui les noms russes se ressemblent tous à partir du moment où ils finissent en –ov c’était parfois ardu de suivre le fil du récit surtout que la liste des personnages était longue.

C’est donc un avis plutôt mitigé que je viens de vous présenter, cela ne m’empêchera pas non plus de lire la suite des aventures de Pélagie et Mitrophane ; je tâcherais de m’habituer à la traduction française d’un écrivain russe, je n’ai pas le choix.

Lu dans le cadre de l’Alpha Challenge

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5 réflexions sur “Pélagie et le Bouledogue blanc de Boris Akounine

  1. J’avais lu ce livre il y a peut-être un an, voire plus. Je l’avais trouvé long… mais long! Du coup, ce qu’il y avait d’intéressant et de bien écrit était un peu noyé sous la masse. Dommage.

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    • Oui c’est clair que des passages sont bien longs, j’ai trouvé que ça concernait plus le début perso et puis quand l’auteur recommençait avec son blabla sur la morale. Mais bon j’ai lu pire quand même alors ça va ^^.

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  2. Je n’avais jamais entendu parler de ce livre mais il paraît plutôt original du fait que la héroïne soit une nonne. J’aimerais bien le lire pour voir ce que cela donne et m’en faire mon propre avis !

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  3. Et bien dis donc ! Ma PAL va vite s’agrandir à cette vitesse là. J’ai dû survoler quelques passages pour entretenir le mystère mais sache qu’elle est vraiment superbe. 🙂
    A très vite sur ton blog

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