Amulettes de Véronique Ajarrag


  • Edition: Editions du Chat Noir
  • Nombre de pages: 368
  • 4ème de couverture: Lorsque le docteur Ian, psychiatre, reçoit pour la première fois sa mystérieuse patiente Agrippine et qu’il cède à sa requête de ne se consacrer qu’à son cas personnel pendant toute une semaine, il est loin d’imaginer qu’il ne sera pas simplement le témoin du récit fantastique de la jeune femme mais également l’un de ses principaux acteurs. Car, tel qu’elle le déclare, Agrippine est l’objet de réincarnations successives qui remontent jusqu’à la Mésopotamie ancienne, où son bien-aimé et elle, citoyens du royaume d’Uruk, furent condamnés pour l’éternité. Devant les arguments et la précision de son histoire, le docteur commence peu à peu à douter et ses certitudes vacillent.
    Et si depuis l’antiquité, tous les amants maudits n’avaient été qu’un seul et même couple?

Mon avis:

Amulettes c’est une histoire de réincarnations, d’amour, d’une malédiction, d’une mère trop envahissante, de cultures anciennes…. C’est un récit riche, prometteur dont la quatrième de couverture éveille la curiosité pour peu que l’on ait déjà su apprécier ce phénomène des réincarnations dans d’autres livres. Cela avait été mon cas, je m’étais laissée tenter en espérant au fond de moi que je n’y verrais pas trop de similitudes avec mes autres lectures. Finalement, j’en ai trouvé avec des éléments proches à la culture sumérienne, à l’Aratta, à Uruk, un contexte sublime qui permet aux auteurs beaucoup de libertés pour nous faire rêver. Et à l’inverse, je n’ai pas rencontré la même manière de présenter la réincarnation en tant que telle. Ici, elle concerne un couple d’amants maudits qui se retrouvent à travers les âges, une malédiction pèse sur eux, à chaque fois le phénomène se répète. Une façon bien trouvée pour embarquer le lecteur dans une histoire d’amour composée d’aventures, d’une quête…La forme du récit est, de plus, très agréable et atypique. Elle débute par une sorte de conseil des médecins qui nous ramène quelques semaines en avant, au travers du journal de Jérémie Ian, un psychologue. Jérémie se fait le narrateur pour la grande majorité de l’histoire d’événements qu’il a vécu. Il explique que tout a débuté par l’intrusion d’Agrippine dans sa vie, après que celle-ci a pris un rendez-vous dans son cabinet pour une consultation. Très vite, on se rend compte même sans être médecin et surtout au travers des pensées du narrateur que ce rendez-vous est étrange. Ce n’est pas le docteur Ian qui mène l’entretien mais Agrippine. Elle a besoin de lui raconter son histoire pour qu’il l’aide. Ce dernier est sceptique mais très vite on se rend compte qu’il se prend au jeu. De fil en aiguille, il se retrouve au cœur d’une incroyable quête pour briser une malédiction.

L’alternance des récits entre le passé et le présent donne du rythme à l’intrigue. Pour le présent, on connaît l’ensemble des événements grâce à Ian. Pour le passé, on en prend connaissance au travers de rêves, de faits racontés par certains intermédiaires dont Agrippine. L’histoire est aussi très intense à cause des nombreux voyages qui sèment le présent comme le passé. Avec les nombreux changements de lieu, le cadre spatio-temporel est brouillé, mais cela n’en fait pas un défaut car l’auteur présente tout cela de manière très posée.

Cependant certaines choses m’ont gênée. Tout d’abord, il y a une tendance à ce que certains faits apparaissent peu crédibles sur l’instant. Ce n’est pas du fait de l’ajout du fantastique à l’histoire mais l’ordre ou la façon dont cela est racontée si bien qu’à plusieurs reprises, il est difficile de s’y retrouver si on s’attache à la cohérence du récit. Mais cela se décante plus tard donc je pense qu’il faut par moments un certain recul pour lire ce livre.

Malgré tout, un personnage ne m’a pas convaincue, c’est Agrippine , notamment avec l’ascendant sur son médecin ou encore la persuasion rapide de Jérémie Ian. Derrière, on sait qu’il existe de plus grandes forces en jeu évidemment qui expliquent ces réactions mais pas assez surtout avec la quasi absence de toute l’intrigue d’Agrippine. Je n’ai pas su la comprendre, je n’ai pas trouvé une évolution linéaire avec ses anciennes vies ou du moins pas les explications qui pouvaient permettre que ça soit clair et net dans mon esprit.

La sollicitation de Catarina m’a paru trop aisée aussi tout comme Clara, amie et colocataire d’Agrippine et Mortimer, ami du docteur Ian et qui le suit assez facilement. J’imagine qu’il n’aurait pas été évident d’ennuyer le lecteur avec des argumentations complexes et imagées mais cela aurait donné peut-être plus de logique à l’intrigue.

Un petit bout d’un récit des temps anciens m’a aussi paru arriver comme un cheveu sur la soupe, Agrippine n’a pas eu le temps de finir de lui conter cette histoire et on ne sait pas si c’est au travers d’un rêve de Ian qu’on doit imaginer tout ceci. J’ai aussi une interrogation qui est restée sans réponse quant à la disparition d’Agrippine, on ne sait pas vraiment comment cela s’est passé, où elle était, par qui ?

Mise à part ceci, je n’ai que peu de reproches, au contraire. Le contexte est respecté, je trouve que Véronique Ajarrag s’est surpassée pour conter les histoires du passé, elle m’a fait rêvée avec l’ambiance des « milles et une nuit », avec une histoire d’amour magnifique traversant les âges et cet amour fusionnel si bien décrit (et c’est une non romantique qui parle).

Concernant, les personnages, mis à part Agrippine, tous ont été bien travaillés. Pour certains comme Jessim, un ami d’Agrippine ou Mortimer, on les connait dans la vie actuelle. Au contraire, pour d’autres, comme Dabib, le protecteur d’Ishtar ou Jandra, on les connait grâce au passé. La fin lève le voile sur de nombreux mystères et certains inattendus.

Excepté quelques impressions personnelles qui ont mitigées ma lecture, je conseille à tout lecteur de lire Amulettes qui est un récit original, intense et dynamique nous faisant voyager à travers l’Histoire au travers d’un couple fusionnel.

Et pour finir, je remercie les éditions du Chat Noir et le forum Accros & Mordus de m’avoir permis de faire cette lecture.

Lu dans le cadre du challenge A&M Maisons Partenaires

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3 réflexions sur “Amulettes de Véronique Ajarrag

  1. J’aime beaucoup les histoires de réincarnation, je trouve qu’il y a un côté malédiction tragique qui me fait adorer cela ! Je me pencherai sur ce récit, je pense. Dommage que certains points ne sont pas très crédibles. Mais tu me donne envie de m’y interessée =)

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    • Tu devrais lire aussi Malhorne de Jérôme Camut dans ce cas ^^. Pour les points moins crédibles ça arrive dans tout livre, j’en demandais peut être trop aussi.

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