Les Accoucheuses, tome 1: La Fierté d’Anne-Marie Sicotte


  • Edition: Editions VLB
  • Nombre de pages: 880 pages
  • 4ème de couverture: Faubourg Sainte-Anne, Montréal, 1845. En pleine nuit, une sage-femme et sa fille vont accompagner une femme dans sa délivrance. À seize ans, Flavie entreprend ainsi l’apprentissage du métier d’accoucheuse auprès de Léonie, sa mère, qui caresse d’audacieux projets : la fondation d’un refuge pour femmes enceintes démunies et celle d’une école de sages-femmes. À l’instar de Simon, le père de Flavie, la société de l’époque, placée sous le règne tyrannique de la pudeur, est rebutée par ces nouveautés. Les membres du clergé se méfient comme de la peste de l’esprit d’entreprise de Léonie et de ses collègues. De leur côté, les médecins engagent une lutte de pouvoir afin de ravir leur clientèle aux sages-femmes. Séparés par un large fossé, les univers masculin et féminin ne se rejoindront qu’au moyen de trop fragiles passerelles, celles du respect et de l’amour. D’une écriture vivante et colorée, ce roman évocateur excelle à recréer l’atmosphère des débuts de l’ère victorienne et à camper des personnages attachants. Les accoucheuses, un bonheur de lecture.
  • Y-a-t-il une suite? Oui c’est une trilogie.

Mon avis:

Depuis quelques temps, une envie de découvrir un peu plus le Canada et son histoire me titillait. Au travers de quelques recherches, je suis tombée sur la saga des Accoucheuses. Ni une, ni deux, je n’ai pas hésité longtemps pour l’acheter. En effet, j’aime beaucoup les sagas historiques, le thème de la maternité me passionne énormément aussi. A croire, que tout était rassemblé pour faire mouche avec mon profil de lectrice.

La lecture quant à elle a su me convaincre au travers de quelques chapitres. Je me suis de suite sentie bien chez la famille Montreuil. Déjà, elle est à mes yeux plutôt hors norme car la plupart de ses membres sont très instruits pour l’époque notamment les filles de la famille. De plus, elle se démarque, ce ne sont pas des gens si croyants en Dieu et outre ça, ils sortent véritablement de l’ordinaire avec des idées novatrices sur beaucoup de sujets. Ils se font leur propre opinion et remettent en cause de nombreuses pratiques tant au niveau médical qu’au sein de l’éducation et j’en passe. Cette ambiance, cette force de caractère des Montreuil rend le lecteur à l’aise. On se sent mis dans la confidence, on se trouve dans la position d’un ami de la famille quasiment.

Ce premier tome sera l’occasion de suivre les débuts de l’apprentissage de sage-femme de l’aînée des filles Montreuil qui s’appelle Flavie. Le récit commence fort avec des descriptions assez rapides d’accouchements. On entre vite dans le quotidien de ces gens. On est amené à suivre l’évolution de cette jeune fille mais aussi de toute sa famille entre  les désirs de sa propre mère, Léonie, de son père , de son frère et de sa soeur. Ils sont tous dans une période charnière de leur vie avec des envies de changement fort ou bien une entrée dans le monde des adultes pour les plus jeunes, ce qui donne beaucoup de matière à ce livre.

De plus, Anne-Marie Sicotte brosse un tableau du Canada de l’époque très complet. Pour une Française qui n’y connait pas grand chose à l’histoire canadienne, j’ai appris énormément. Les Accoucheuses nous permet de comprendre les événements politiques plutôt houleux aux environs des années 1846 tout en nous permettant de comprendre le quotidien du Canadien commun. On parle pauvreté, immigration irlandaise ou encore de sujets de société comme les grossesses des filles mères, de la violence faite aux femmes et aussi de la pratique des accouchements, de la médecine.

J’ai vraiment été comblée par ce récit ludique, technique tout en étant synthétique (l’auteur ne nous abrutit pas non plus) et bien documenté qui se lit super bien, qui sait passionner son lecteur. L’écriture n’est pas lourde, les expressions, le vocabulaire ne posent aucun problème contrairement à d’autres livres écrits par des auteurs canadiens.
L’alternance des points de vue entre celui de la mère et de la fille permettra à des lecteurs de tout âge de se sentir proche d’une héroïne en particulier. Cela permet de comparer, de comprendre des choses qu’on a vécu aussi…

Le seul reproche que j’aurais concerne les divers projets des membres de la famille. Ils sont novateurs et finalement, nous ne prenons connaissance que d’opinions en majorité trop positifs. Les avis négatifs sont présents mais ne visent aucun personnage en particulier qu’on sera amené à suivre. On l’apprend surtout par des on-dit. J’aurais aimé un peu plus de tensions car j’ai trouvé ces débuts presque trop faciles.

A mon avis, la suite s’annonce houleuse. J’ai hâte.

Lu dans le cadre du Challenge A&M Sagas

Lu dans le cadre du challenge A&M Le Tour du Monde des Livres

France>Canada

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7 réflexions sur “Les Accoucheuses, tome 1: La Fierté d’Anne-Marie Sicotte

  1. Je l’ai repérée il y a quelques jours en librairie et j’ai fortement hésité à le prendre =) Ce que tu en dit donne envie, car on à affaire à une intrigue complète avec de l’histoire du pays et de la condition des femmes, thème qui me touche également.
    Je te conseil  »la fille du pasteur Cullen », l’histoire se passe en France, les avancées de la chirurgie très mal vue, et très simple à comprendre, très bien expliqué, avec une belle histoire d’amour impossible.

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  2. Le titre m’a attiré ; les sagas, j’aime d’autant plus lorsqu’elles se situent dans un contexte historique et social parfaitement documenté et vraisemblable. J’y ai trouvé des repères et des contextes qui nous ramènent aussi à aujourd’hui. Cette lutte des femmes pour se faire reconnaître comme des êtres pensants, intelligents, etc…demeure car il est encore bien des domaines où elles doivent se battre pour être reconnues (compétences, salaires, etc…). J’attends avec impatience la suite de ce premier tome en espérant qu’elle arrivera vite. Encore un mot, savez vous qu’au début du 20° siècle les sages femmes en Bretagne parcouraient aussi les campagnes pour aider les futures mamans. Certaines se déplaçaient à vélo quand elles pouvaient s’en acheter. On les surnommait aussi « les chasse-femmes » tant elles étaient sollicitées car dans les familles très catholiques les naissances se succédaient d’une année sur l’autre et les accoucheuses étaient parfois dépassées par le nombre. Elles aussi ont été refusées dans les facultés de médecine et ont dû se battre contre les a-priori de ces messieurs qui pensaient avoir la science infuse. Aujourd’hui, c’est avec satisfaction que je vois maintenant des plaques apparaître sur certaines façades de maisons, avec le nom et le prénom d’une femme, le téléphone et l’appellation « sage femme » qu’on peut consulter à domicile ou en consultation. Quel avancement et quelle reconnaissance !! mais il reste encore à résoudre le problème des appointements, loin d’être ceux des médecins …………..pour presque autant d’années d’études.
    Thérèse

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