Purge de Sofi Oksanen


  • Edition: Editions Stock
  • Nombre de pages: 408 pages
  • 4ème de couverture: En 1992, l’union soviétique s’effondre et la population estonienne fête le départ des Russes. Mais la vieille Aliide, elle, redoute les pillages et vit terrée dans sa maison, au fin fond des campagnes.
    Ainsi, lorsqu’elle trouve Zara dans son jardin, une jeune femme qui semble en grande détresse, elle hésite à lui ouvrir sa porte. Ces deux femmes vont faire connaissance, et un lourd secret de famille va se révéler, en lien avec le passé de l’occupation soviétique et l’amour qu’Aliide a ressenti pour Hans, un résistant. La vieille dame va alors décider de protéger Zara jusqu’au bout, quel qu’en soit le prix.
    Sofi Oksanen s’empare de l’Histoire pour bâtir une tragédie familiale envoûtante. Haletant comme un film d’Hitchcock, son roman pose plusieurs questions passionnantes : peut-on vivre dans un pays occupé sans se compromettre ? Quel jugement peut-on porter sur ces trahisons ou actes de collaboration une fois disparu le poids de la contrainte ?
    Des questions qui ne peuvent que résonner fortement dans la tête des lecteurs français.

Mon avis:

J’ai choisi ce livre au hasard dans une association qui met à disposition des adhérents de nombreux ouvrages. Celui-ci m’a tapée dans l’œil et m’a intriguée par son contexte : l’Estonie du XXème siècle.

Ce livre dans son ensemble a été une très bonne lecture dont la plus grande qualité revient à l’ambiance que l’auteur a su créer. Elle est pesante, pleine de non-dits, surprenante. Je ne sais pas si la réalité historique est respectée au point levé mais elle m’a parue réaliste. Dans ce récit, nous faisons la rencontre directe de 2 femmes qui sont les héroïnes soit Aliide et Zara. Au travers de leurs souvenirs, nous découvrons d’autres protagonistes ainsi que dans le présent où elles côtoient aussi certaines personnes. Malgré tout, par rapport à certains livres et au vu du nombre d’années racontées, ce livre compte peu de personnages.

Ces protagonistes sont fidèles à l’image que je me serais faite si j’avais vécu durant des décennies houleuses où la peur et la violence dominent. Les gens sont de nature superstitieuse, arriérés, fidèles à des routines et des mœurs de leur temps. L’action en conséquence n’est pas le point fort de ce livre. Chacun est aussi associé à quelque chose qu’il aime comme l’usage des plantes et des simples pour Aliide, de la cuisine pour Ingel…

Concernant les deux héroïnes, Aliide est une femme qui apparaît au premier abord sans histoire. D’abord, je l’ai trouvé juste un peu spéciale avec les diverses tâches qui l’occupe des jours et des jours au travers de sa passion des plantes. Elle n’a l’air de ne rien avoir à se reprocher. Puis au travers des histoires enchâssées, de nombreux défauts se dessinent notamment la jalousie, l’envie. Zara est plutôt le contraire, elle apparaît directement comme une femme de mauvaise vie mais elle finit par montrer son bon fond même si la vie ne l’a pas aidée.

Les sujets sont assez durs, la guerre, les rivalités Estonie-Russie, les violences faites aux femmes… le tout vu par des femmes, qui vivent éloignés de tout.

J’ai cependant quelques éléments qui m’ont posée problème comme la narration très particulière. Nous naviguons entre 2 points de vue, celui des héroïnes mais à chaque fois les phrases sont très sèches. Il y a beaucoup de descriptions, rarement des explications. Cela concorde avec les non-dits, la manie que les gens ont de cacher les terribles évènements qu’ils ont vécu en ces temps troublés mais cela complexifie la compréhension pour le lecteur qui est extérieur à tout ça. L’écriture est parfois aussi très crue avec des descriptions physiques à vomir, mais les horreurs ancrées plus profondément dans la mémoire des gens sont le plus souvent passées sous silence. Un paradoxe qui définit bien la plume de l’auteure et l’histoire qu’elle raconte.

Un livre poignant avec une narration qui n’a pas su me plaire. L’intrigue est étonnante mais elle n’a pas non plus répondu à toutes les attentes que j’avais pour découvrir l’Estonie de l’époque. Je lui reproche l’absence d’explications ludiques sur les origines de la guerre, le détail de certains faits même si cela se relie tout à fait avec l’idée générale qui domine sur les faits cachés dont on ne veut pas parler car ils font honte…A découvrir même s’il faut avoir en tête que ce n’est pas avec ce livre que vous découvrirez en détails une partie de l’Histoire de l’Estonie.

Lu dans le cadre du challenge A&M Le tour du monde des livres

France>Canada>Italie>Jamaïque>Etats-Unis>Royaume-Uni>Estonie

Lu dans le cadre du Challenge organisé par le forum Les Félés des LC

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9 réflexions sur “Purge de Sofi Oksanen

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