Histoire d’une mère d’Amanda Prowse


Histoire d'une mère Amanda Prowse

Histoire d’une mère d’Amanda Prowse est un témoignage bouleversant sur les difficultés de la maternité notamment dans la création du lien mère-enfant.

Les premiers chapitres de ce livre ont été assez décevant à mon sens car l’auteur n’entre pas tout de suite dans le vif du sujet. Le lecteur doit patienter avec la lecture des débuts de l’histoire d’amour de Jessica et Matthew, la découverte de la personnalité de l’héroïne, de leurs relations avec leur famille, leurs amis. Cette partie du récit n’est pas rendue très dynamique mais dévoile quelques éléments qui seront des pistes pour donner de la teneur au drame que va vivre ce couple dans leur découverte de leur parentalité.

Pour autant, l’auteur s’est essayé à donner un peu de rythme et de vivacité avec des alternances passé-présent. Les débuts sont assez ternes pour ce choix de narration car le sujet est vraiment trop décalé par rapport aux prémices de la vie de couple de Jess et Matt qui ne sont pas encore parents.

L’histoire prend vraiment du sens à la naissance de leur bébé et là c’est magique, un suspens bouleversant se met en place. Jessica pour laquelle, j’avais plutôt une vision de fille immature, antipathique, d’une exigence démesurée devient une jeune maman que le lecteur a juste envie d’aider, de rassurer… Mes entrailles de maman se sont à plusieurs reprises tortiller à cause des jours sombres que vivent Jessica et son mari. Il est impossible de rester impassible et l’auteur utilise des mots très justes pour aborder les thèmes de la dépression post-partum, les difficultés des premiers pas en tant que parents…

Je reprocherais cependant la présence de certains clichés qui nuisent au récit et n’apportent finalement rien de nouveau par rapport à ce que les médias, la société nous renvoient sur ces sujets ces dernières années. Ainsi l’amorce avec ce début de partie sur la personnalité de Jess, plutôt explosive et sujette à des crises dès que quelque chose ne tourne pas rond dans son quotidien ou encore certaines fragilités héritées d’histoires familiales étayent la thèse selon laquelle elle serait plus susceptible qu’une autre d’être victime de la dépression post-partum. J’ai trouvé ce genre de facilité assez désagréable et les réflexions sur les difficultés mère-enfant assez limitées.

En conclusion, c’est une lecture fluide qui sait prendre aux tripes. L’auteur a un don pour rendre vivant des difficultés vécues par des personnages fictifs mais cependant pour aller au-delà et parler du sujet sur un ton plus sérieux avec des explications plus rationnelles et sérieuses sur les causes et origines de la dépression post-partum, le lecteur n’y trouvera peut-être pas son compte. Je remercie Mina malgré tout pour son cadeau, pour le choix de ce livre pour le défi Minérine sur cette session mars/avril, c’était un choix très personnalisé presque parfait (si l’auteur n’avait pas pris certains partis pris)

  • Maison d’édition : Editions Milady
  • Nombre de pages : 439 pages
  • 4ème de couverture : Jess n’a que 23 ans quand elle épouse Matt. Un an plus tard, elle est enceinte et folle de joie. Son entourage se réjouit à l’approche de l’heureux événement. Mais quand arrive le jour tant attendu, Jess n’éprouve rien pour sa fille. Pas même de l’affection. Seule face à cette terrible découverte, elle redoute de commettre un geste irréparable.

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Si la lune éclaire nos pas de Nadia Hashimi


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  • Maison d’édition: Editions Milady
  • Nombre de pages: 512 pages
  • 4ème de couverture: Kaboul est entre les mains des talibans. Depuis que son mari, considéré comme un ennemi du régime, a été assassiné, Fereiba est livrée à elle-même. Si elle ne veut pas connaître le même sort que son mari, elle doit fuir. Après avoir vendu le peu qu’elle possède, elle entreprend un voyage périlleux avec ses trois enfants, dans l’espoir de trouver refuge chez sa sœur, à Londres. Comme des milliers d’autres, elle traverse l’Iran, la Turquie, la Grèce, l’Italie et la France. Hélas, les routes de l’exil sont semées d’embûches : que devra-t-elle sacrifier pour de meilleurs lendemains ?

 

Mon avis: 

Si la lune éclaire nos pas est un récit initiatique contemporain sur des sujets d’actualité comme la guerre en Afghanistan, les flux d’émigration de la part des réfugiés qui fuit des pays en guerre mais aussi sur des thèmes plus universels comme la maternité, l’avancée vers l’âge adulte, la construction identitaire…

Ce roman compose avec deux héros. Il y a Fereiba une toute jeune femme au début de l’histoire qui vit une enfance plutôt malheureuse mais qui finit par apprendre à aimer avec son nouveau statut d’épouse, de nouvelle fille de la famille de son époux puis de mère. Et Salim finit par venir au monde, il est le premier né de Fereiba et va prendre une importance grandissante dans la suite de l’intrigue. Avec lui, nous découvrons l’apprentissage vers l’âge adulte, ses réflexions sur le chemin à suivre, l’importance de son père dans sa destinée et toutes les interrogations sur la survie dans un monde où la guerre domine et amène un lot de conséquences malheureuses.

Ce roman mêle avec justesse des destins tragiques et poignants qui illustrent un quotidien plus que probable pour tous les réfugiés qui ont connu et fui la guerre tout en apportant des réflexions intéressantes sur des sujets plus universels. J’ai apprécié ce récit réaliste qui sonne très juste. Les personnages ne laissent pas le lecteur indifférent et la fin ouverte nous interpelle sur le devenir de la famille de Fereiba.

Je reste déçue cependant sur un seul point, l’auteur choisit de laisser toute la place à Salim dans la seconde partie du récit. Les évènements auxquels nous n’assisterons pas en tant que spectateur auprès de Fereiba nous seront relatés de manière synthétique ce qui a enlevé à mon sens l’émotion, l’attention qu’en tant que lecteur nous aurions pu apprécier suite à cette proximité développée avec cette héroïne en début de roman.

Dans la droite lignée de Mille soleils splendides de Khaled Hosseini, sur des aires de voyage passant par la Turquie, la Grèce …je conseille ce roman à tous les amateurs de drame sur fond de sujets d’actualité.

Lu dans le cadre du challenge A&M Le Tour du monde des Livres

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Asie: Turquie

Les Stagiaires de Samantha Bailly


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  • Maison d’édition: Editions Milady
  • Nombre de pages: 350 pages (existe aussi en version EPUB)
  • 4ème de couverture: Ophélie, Arthur, Hugues et Alix viennent tous d’horizons différents. Leur seul point commun : ils rêvent de travailler chez Pyxis, entreprise spécialisée dans l’édition de mangas et de jeux vidéo, pilier dans le secteur de l’industrie créative.Une réalité s’impose rapidement : beaucoup de candidats, peu d’élus. Désormais, le stage est devenu une étape obligatoire pour ces jeunes qui sont à la croisée des chemins dans leurs vies professionnelles et affectives.
    Provinciale tout juste débarquée, Ophélie a laissé derrière elle petit ami et logement, et doit faire face aux difficultés de la vie parisienne.
    Étudiant en école de commerce, Arthur est tiraillé entre les grands projets qu’on a pour lui et son envie de mettre la finance entre parenthèses. À leurs côtés, Alix, passionnée de mangas, ne jure que par ses sagas favorites, et Hugues, graphiste, teste ses limites dans les soirées électro…
    Dans une atmosphère conviviale, travail et vie privée s’entremêlent.
    Pourtant, une question demeure en fond sonore : qui restera ?Quand la « génération Y » entre en collision avec le monde du travail : un récit marquant dans lequel beaucoup de jeunes adultes se reconnaîtront.

 

Mon avis: 

Les Stagiaires a été lu dans le cadre d’une lecture commune avec Valérie du blog Un livre telle qu’il me passionne.Je l’ai lu en EPUB, gagné lors de l’opération #OP1000K Bragelonne en 2014 et je n’étais pas très motivée pour le débuter. Ma binomette m’est venue en aide pour le sortir de ma PAL et nous avons passé de très bons moments à échanger sur nos impressions.

En début de lecture, j’avais des appréhensions mais aussi de nombreuses attentes. J’avais peur de lire une histoire de vie sans rien de transcendant. J’espérais si cela se confirmait que les sujets abordés soient traités en profondeur avec une évolution possible des personnages. Le prologue très prometteur m’avait un peu rassuré avec deux entretiens d’embauche très différents qui permettaient d’appréhender les deux personnalités des protagonistes.

Avec Valérie, nous avons eu une préférence toutes les deux pour Ophélie, une stagiaire dans le service communication chez Pyxis, une entreprise spécialisée dans l’édition de mangas et de jeux vidéo. Elle aime le travail bien fait, elle est sérieuse et simple. Et personnellement, cela a été aussi plus facile pour moi de la comprendre et l’apprécier car on vient d’un milieu social proche. Arthur, le second personnage principal du livre travaillant au sein du service gestion. Il est apparu de suite plus arrogant, intouchable, il vient d’un milieu social aisé et cela se ressent dès les premiers chapitres.

L’auteur a cherché la facilité en opposant ces personnages sur des caractéristiques très simples dans un premier temps. En se connaissant un peu mieux, Ophélie et Arthur ont pu aussi nous prouver que leurs personnalités tout comme leurs manières de pensée étaient bien dissociées.

Malheureusement, j’ai trouvé l’ensemble très cliché dans l’évolution du récit, des personnages. Beaucoup de rebondissements étaient vu d’avance comme la romance. Valérie confirmera mais je ne voulais absolument pas que notre jeune héroïne tombe dans les bras de ce stagiaire macho car je me doutais d’avance que rien ne pourrait fonctionner entre eux. Ils venaient de monde trop différent à mon sens pour que la mayonnaise prenne sur la durée. Et puis, en termes de maturité et de responsabilités prises, il y a tout un monde entre ces deux héros. Ma binôme par contre a laissé sa chance à Arthur, elle le pensait plein de bonne volonté, prêt à changer car il était en train de se chercher et qu’Ophélie serait capable de le faire changer.

C’était très sympathique de ne pas du tout avoir les mêmes attentes à ce sujet et de pouvoir en discuter longuement entre nous.

Concernant les relations entre stagiaires, j’ai trouvé l’ensemble réaliste avec les problématiques que l’on rencontre ou que l’on entend partout : les postes de stagiaire qui occultent un vrai poste à créer, les abus des supérieures et les heures supplémentaires… Valérie a apprécié la camaraderie, l’unité et l’esprit de groupe tout en constatant comme moi que Samantha illustrait très bien la réalité d’un stagiaire. J’ai apprécié que l’auteur donne un peu de profondeur à chacun des stagiaires tout comme à leurs relations entre eux et avec leurs supérieurs. Ce groupe de stagiaires leur permet de créer un univers à part du boulot, c’est une soupape pour souffler, se changer les idées et celles du lecteur aussi.

Les Stagiaires a quand même été une lecture avec quelques bonnes surprises et surtout de très belles chutes, même si toutes n’ont pas été exploitées.

En conclusion, j’ai été contente de partager cette lecture que nous avons bien animé avec Val en termes d’échanges. Je suis mitigée à l’issue de cette lecture. J’ai eu beaucoup d’attentes trop précises et ce livre n’y a pas forcément répondu. Malgré son contexte plus que réaliste, beaucoup de clichés parsèment ce récit, cela m’a déçue en partie. Heureusement, Samantha Bailly a très bien travaillé son récit surtout ses personnages et elle nous a créé quelques belles surprises. Pour un genre qui est loin d’être à mon goût en général, je pense que j’aurais pu vivre pire quand même comme expérience littéraire. Je conseille à tous les lecteurs qui ont pu être stagiaire au moins une fois dans leur vie, les sujets abordés vous parleront.

L’avis de Valérie: c’est par ici.

Le pacte du silence de Martine Delomme


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  • Maison d’édition: Editions Calmann-Lévy
  • Nombre de pages: 360 pages
  • 4ème de couverture: Un secret du passé rattrape Élisabeth, la brillante héritière et directrice des porcelaines Astier, à l’occasion d’un cocktail donné en l’honneur de son aïeule. Sa vie s’apprête à voler en éclat. Mensonges, jalousies, chantages, drames familiaux, un souffle romanesque ébouriffant dans le sérail des grands porcelainiers français.
    En pleine fête réunissant famille, amis et partenaires commerciaux de la très prestigieuse manufacture de porcelaine Astier, une indiscrétion révèle le secret que gardait jalousement Élisabeth depuis vingt-quatre ans : son ex-mari François n’a pas simplement disparu comme elle l’a toujours prétendu, il a été jeté en prison… Pour cette quinquagénaire dynamique à l’autorité incontestée, le choc est de taille. Elle, qui a su reprendre en quelques années les rênes des affaires familiales et leur faire négocier le virage de la modernité avec succès, tout en élevant seule son fils Louis, doit affronter un nouveau défi. Car, quand arrive l’heure des révélations, elle est contrainte de promettre à Louis de retrouver la trace de son père. Quel crime François a-t-il commis ? Pourquoi n’a-t-il jamais cherché à revoir les siens ?
    Alors qu’Élisabeth tente d’apporter des réponses à son fils, elle va découvrir les manipulations et les mensonges dont elle n’a jamais cessé d’être la proie pendant toutes ces années.

 

Mon avis: 

Ce livre a attiré ma curiosité avec sa jolie couverture avec cette dame en belle robe rouge pivoine. Et plus, j’ai eu l’impression de voir ce roman partout sur la toile. J’ai fini par me dire qu’il y avait un signe là-dessous et j’ai pris le parti de lire cette histoire afin de me faire mon avis. Autant clarifier les choses, ce livre n’a-t-il qu’une jolie couverture ou bien a-t-il aussi une intrigue bien ficelée ?

Je vous l’avoue, je lis rarement des histoires de vie, des drames. Je ne serais pas capable d’en lire trop fréquemment et généralement quand je choisis ce style de livre c’est avec minutie. Dans ce cas-ci c’est ce que j’ai fait, la couverture tape à l’œil n’a pas été la seule à me convaincre. J’étais tentée de lire un récit autour d’une dynastie familiale qui a créé sa renommée avec le commerce de la porcelaine. De plus, la 4ème de couverture nous émoustille avec ces quelques interrogations autour de secrets de famille. Bref, je sentais la belle intrigue à surprises.

Et alors que dire ? Je me suis passionnée pour cette famille. Martine Delomme a su créer avec ingéniosité et crédibilité une famille avec une forte identité autour de sa manufacture de porcelaine, des relations plutôt ambiguës comme beaucoup ailleurs et ses petits secrets. Et là, je peux vous dire que l’auteur sait donner avec parcimonie des petits détails qui nous font voyager de rebondissements en rebondissements. Un vrai délice car il faut dire qu’elle dose efficacement les révélations. C’est appréciable.

J’ai aimé les sujets abordés qui ont tous en partie un ancrage avec la famille mais qui nous permet d’aller très loin dans la réflexion. Pour en citer quelques-uns, il y a l’identité, la maternité, le deuil. Cette histoire très réaliste est bouleversante, touchante. L’héroïne, Elisabeth quoique très froide, porte tout à bout de bras, son héritage familial au travers du commerce des porcelaines Astier, domine et mène sa famille de bon cœur mais aussi car elle est plutôt rigide. La pauvre est aux prises avec les heures sombres de sa vie et elle est émouvante dans ses réactions, sa manière de garder la tête haute en toutes circonstances alors qu’une révélation fait tout écrouler dans son quotidien : sa vie de mère, les conséquences possibles sur la renommée de son entreprise, sa vie amoureuse…

J’ai apprécié de voir aussi cette famille évoluer face à l’adversité, que ce soit en bien ou en mal, c’était tellement cohérent qu’il n’y a rien à dire. Le seul bémol que j’émettrais concerne le bouleversement final. Je n’ai rien vu, bien joué chère Mme Delomme !!!. Par contre, je suis déçue de la redondance avec une révélation précédente qui avait en quelques sortes les mêmes incidences sur la continuité de la fréquentation au quotidien comme si de rien était. Et je m’interroge sur l’absence de signes ou très minimes – je suis peut-être passée à côté- qui aurait pu nous amener à aboutir à une constatation ou quelques doutes au minimum. Tout est dit, j’aurais aimé avoir pu être mis un peu dans la confidence en tant que lectrice.

En conclusion, je conseille à tous les lecteurs curieux de lire ce livre. Si vous aimez découvrir les secrets des personnages au compte-goutte, ce livre vous plaira. Par contre, vous n’échapperez pas aux interrogations qu’ils amènent sur la construction d’une identité au sein d’une famille, le deuil, les secrets cachés…