Les Galeries hurlantes de Jean-Marc Dhainaut


Les Galeries hurlantes de Jean-Marc Dhainaut

Les Galeries Hurlantes de Jean-Marc Dhainaut est la dernière aventure paranormale d’Alan Lambin. La promesse de retrouver encore un contexte fort plein de nostalgie durant les années 80 et de grands moments de frissons entre fantômes, esprits et quotidien torturé des victimes.

Dans cette nouvelle histoire, nous partons dans une nouvelle contrée, celle du Nord de la France, dans un ancien village minier où une famille, celle de Karine, son papa et sa grand-mère vivent des phénomènes étonnants au sein de leur maison. Alan plein d’hésitation, se résigne avec l’insistance de Mina à s’y rendre. Cependant, c’est cette fois en solo et avec une complémentarité moindre qu’avec sa compagne que notre spécialiste en paranormal va devoir découvrir et appréhender seul de nouvelles aventures. Notre héros se questionne d’ors et déjà, est ce bien des faits surnaturels que vivent cette famille au quotidien ou bien les conséquences de leur histoire familiale ? Va-t-il réussir à voir le paranormal sans les capacités de médium de Mina ?

Jean-Marc Dhainaut réussit avec cette nouvelle aventure à se renouveler encore une fois. Au travers d’un changement de lieu, de nouveaux personnages rencontrant des ennuis et développant de nouvelles problématiques mais pas seulement. L’auteur tente le pari de bousculer notre duo de spécialiste de manière inattendue et déclenche des réactions intéressantes montrant l’évolution encore de ses protagonistes récurrents. Une fois de plus, le lecteur découvre un récit original, bien ficelé, réfléchi minutieusement aussi bien dans son contexte que par l’évolution des personnages. L’ancienne cité minière apparaît de manière forte dans l’histoire personnelle de Karine et sa famille, un point qui rend d’autant plus réaliste l’intrigue. Le temps d’un roman nous réussissons encore une fois à nous attacher à ses nouvelles victimes.

Les faits paranormaux sont encore revisités, inimaginables et les frissons sont encore garantis. La fin bouscule d’autant plus le lecteur avec les réflexions et conséquences autours des phénomènes paranormaux. La surprise étant qu’il faut sortir de l’enquête autour de la famille de Karine pour réussir à l’aborder, c’est une première assez surprenante dans le cheminement des intrigues habituelles.

En conclusion, ce sont des nouvelles aventures encore touchantes, réalistes pleines de frissons et surtout de nostalgie que nous découvrons au travers des Galeries Hurlantes de Jean-Marc Dhainaut.

 

  • Maison d’édition : Editions Taurnada
  • Nombre de pages : 224 pages
  • 4ème de couverture : Karine, dix ans, joue avec un ami imaginaire. Tout ce qu’elle sait, c’est son âge et qu’il n’aime pas Alan Lambin, le spécialiste en paranormal que son père, désemparé et dépassé par une succession de phénomènes étranges, a appelé à l’aide. Et si l’origine de tout cela se trouvait dans les anciennes galeries minières existant toujours sous ce village du Nord ? Le seul moyen d’accéder à ce dédale oublié de tous serait les sous-sols d’un hôpital abandonné et hanté par le souvenir de tous ceux qui y laissèrent leur vie, un matin d’hiver, treize ans plus tôt.
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Les Tables du Destin d’Aude Félix


Les Tables du Destin de Aude Félix

 

Les tables du destin d’Aude Félix est le premier roman de cette auteur. Le synopsis accrocheur a eu raison de mon envie de le lire et je me suis embarquée assez vite dans cette jolie brique de 703 pages. Merci à l’auteur pour sa confiance !

Mia, jeune antiquaire, a repris la boutique de son oncle, Sam à son décès. Elle mène une vie relativement tranquille, prend un réel plaisir à vivre de sa passion. Le point noir cependant, sa famille avec qui les rapports sont tumultueux depuis toujours et encore plus depuis la mort de son frère jumeau. Dans son village, sa maladresse légendaire et son franc-parler lui donnent l’occasion de faire la rencontre de Matteo. Un mystérieux jeune homme qui va bousculer sa vie routinière, se retrouver sur son chemin bon gré malgré. Et puis, en parallèle, la jeune femme découvre une étrange tablette à son domicile, apparue du jour au lendemain. Que se passe-t-il ces temps-ci, pourquoi tous ces changements, ces mystères alors que Mia partait vers des horizons plus sereins ?

Aude Félix est une auteur qui aime écrire, enrichir une histoire d’une foule de détails afin de poser le décor et de prendre le temps de découvrir le contexte de l’intrigue. C’est au travers d’une écriture fluide que le lecteur plonge au sein de la vie de Mia avec ses passions, sa famille, ses amis, ses mystères et ses amours…Mia est une héroïne dotée d’une forte personnalité, d’une franchise rude et une langue acérée. Cela promet de bons moments avec le sourire aux lèvres devant les scènes de la demoiselle. Un bon point car elle se fait d’autant plus appréciée ainsi.

Cependant, les mystères autour de l’introduction de Mattéo et de la tablette peinent à trouver un semblant d’action et de révélation ce qui a un moment nuit au rythme du récit. Trop de détails pas toujours utiles même bien écrits peuvent quand même aboutir à nous questionner sur l’aboutissement d’une intrigue. C’est le cas ici et c’est vraiment dommage parce que c’est un livre qui tient la route, qui aborde des sujets intéressants autour des relations d’une fratrie et de la gémellité, des discordances familiales. Un thème phare parfaitement illustré dans ce récit et qui change des habituels schémas autour des personnages dans les romans fantastiques.

Par contre, Aude Félix n’a pas tapé dans l’originalité dans tous ses choix et va surgir bien rapidement un triangle amoureux. Encore un et comme je ne suis pas fan, cela n’a pas été un point positif à mon goût mais pour le coup c’est purement subjectif. Par contre, le reproche à faire c’est que l’amour n’a pas forcément apporté grand-chose à l’histoire du moins pour celui qui concerne notre héroïne.

Le récit est riche en personnages, ils sont suffisamment détaillés pour y découvrir un très beau travail de recherches et dans l’écriture. Les apparitions et les rencontres s’entremêlent au destin et font écho aux réminiscences d’un passé obscur et énigmatique. Une écriture qui se révèle bien calculée.

En conclusion, Les Tables du destin d’Aude Félix est un roman très bien écrit disposant d’une écriture calculée, cependant une multitude de détails alourdissent et ralentissent le rythme du récit. Pour ceux qui adorent les romans fantastiques avec des prophéties, des triangles amoureux, foncez, il est fait pour vous !

  • Maison d’édition : Auto-édité
  • Nombre de pages : 703 pages
  • 4ème de couverture : Maladroite et un peu fofolle, Mia Fayet possède un sacré crochet du droit dont elle aime abuser. C’est dans le sud de la France qu’elle a repris la boutique d’antiquités de son oncle. Sa vie se résume à un petit cercle d’amis, une mère insupportable et un ex fiancé potentiellement cancérigène. Jusqu’au jour où elle découvre dans l’un de ses tiroirs, une tablette en or gravé d’un langage aussi vieux que l’humanité. Une tablette au pouvoir étrange qui réveille ses intuitions depuis longtemps assoupies et des souvenirs oubliés. Sans compter sa rencontre fortuite avec Matteo Scalabrino, un italien au passé sombre qui suscite en elle une vague impression de déjà-vu et une bonne dose d’exaspération. Coïncidence ou simple hasard, le moment est venu de partir en quête de la vérité et découvrir bien plus que ce qu’elle cherche.

Pointe-Noire, Mordue de Florence Cabre


Pointe-Noire, Mordue

Pointe-Noire, Mordue de Florence Cabre est le nouveau roman écrit par cette auteure paru en décembre 2018. Ce livre promet un univers plus mature que la trilogie Iris Chevalier, dans un genre fantastique et surtout dans un lieu que je souhaitais découvrir dans ce registre: la Guadeloupe. C’est le combo fantastique et Guadeloupe qui m’ont clairement incité à découvrir Mordue, c’était trop original pour passer à côté.

Kasandra Lovim, une jeune lycéenne élevée par sa grand-mère en Guadeloupe fait un malaise à son domicile tôt le matin, elle souffre de douleurs très violentes… Sa parente vient à son aide et la soulage étonnamment assez vite. Que se passe-t-il ? Est-ce grave ? Et quel(s) don(s) détient cette grand-mère ? A peine la lecture d’un chapitre que le lecteur a déjà des tonnes de questions.

Ce premier fait ne paraît pas anodin et surtout pas rationnel du tout dans un premier temps. Comment une jeune fille tordue de douleurs se relève-t-elle aussi vite d’un épisode si douloureux et se rend au lycée en suivant sans problème ? Très bonne question. Cette interrogation ne va pas être la seule d’autres vont suivre jusqu’à ce qu’il ne reste plus réellement de doute pour les lecteurs, seulement pour Kasandra qui au cœur de sa transformation étonnante, inimaginable est loin de se douter de ce qui se passe. Florence Cabre prend le temps de poser un à un les symptômes tout en nous faisant découvrir la vie d’une lycéenne dans un établissement guadeloupéen. C’est une entrée aux portes des superstitions de ce pays, de son langage, des comportements de ses habitants notamment avec le « tchip » qui m’a beaucoup amusé avec lequel les personnages marquent leur mécontentement.

Avec Mordue, j’ai été ravie de découvrir une série plus mature avec une héroïne plus âgée que dans Iris Chevalier, malheureusement, j’ai moins accroché dans l’immédiat avec Kasandra qu’avec Iris. Tout simplement car j’ai trouvé Kasandra assez peu communicative sinon pour marquer sa désapprobation et ne l’ayant pas observé dans des conditions plus adéquates, difficile de dire si elle peut paraître amicale et attirer l’attention. Sa meilleure amie Olympe m’a beaucoup plus convaincue avec son côté pétillant, sa bonne humeur, son originalité. Madou, la grand-mère a pris peu de place dans ce livre ce que je regrette un peu car cette femme me semble attachante, pleine de bonnes attentions pour ses proches et surtout très intelligente et astucieuse. Quant aux hommes, Damien Beaulieu, l’enseignant m’a paru antipathique et désagréable bien trop souvent, Léonard, quant à lui, est très énigmatique. Bref, je suppose que les hommes n’étaient pas censés avoir le beau rôle du moins durant une grande partie de ce récit. D’une manière générale, dans cet ouvrage court, les événements n’ont rien rendu simples pour rendre les protagonistes attachants.

La construction de l’intrigue m’a aussi légèrement questionnée sur ses aspects fantastiques et son réalisme notamment au travers du quotidien de Kasandra qui m’a semblé très peu impactée par sa transformation. Elle continue à aller au lycée, elle a bien des malaises passagers mais qui restent bizarrement assez anodins pour ne pas l’empêcher d’aller suivre sa scolarité ou du moins lui donner l’idée de rester chez elle… Je me serais attendue à un mythe du vampire un peu plus revisité avec les accents guadeloupéens qui auraient pu se révéler possible au vu du contexte mais là je suppose que mon imagination s’est un peu emballée avec ce désir. J’ai à contrario plus été envoûtée par les liaisons de l’histoire de l’héroïne avec son passé, les réminiscences de la vie antérieure de Kasandra a été réellement le fil rouge pour me tenir en haleine même si finalement une question demeure sur les pouvoirs d’origine de la demoiselle et leur évolution avec sa transmutation.

En conclusion, Pointe-Noire, Mordue est un ouvrage s’adressant de prime abord à un public plus âgé que dans Iris Chevalier, victoire réussie, la cible des premiers lecteurs de Florence Cabre a de nouveau quoi lire à ce jour. L’envolée en Guadeloupe dans un univers fantastique au côté de Kasandra a été une aventure intéressante mais m’a de temps en temps laissé sur ma faim ou questionné sur sa construction. Les personnages ont légèrement manqué de détails mais un livre court ne permet pas toujours d’en faire plus. Mon seul souhait serait de voir une suite à cet ouvrage afin d’avoir ma réponse à ma question concernant les pouvoirs d’origine de Kasandra et son évolution depuis sa transmutation notamment et pourquoi pas découvrir les protagonistes dans un contexte différent.


Sur Calameo, vous trouverez le dossier presse et sur Youtube, la bande-annonce.

  • Maison d’édition : Editions Librinova
  • Nombre de pages : 198 pages
  • 4ème de couverture : Kasandra Lovim est élevée par sa grand-mère, Anne Coussou, une quimboiseuse excentrique, à Pointe-Noire en Guadeloupe. La jeune fille qui a presque dix-huit ans se réveille un matin, paralysée dans d’effroyables douleurs. Anne s’affole lorsqu’elle s’aperçoit que la marque en forme de lune sur son cou a viré au rouge cramoisi. Kasandra est en train de transmuter ! Quels mystères et dangers se cachent derrière cette transformation ? Elle n’ose en parler à ses amis lorsqu’elle rencontre Léonard Savage, un nouvel élève du lycée, dont la beauté fascinante et inquiétante la trouble au point de lui provoquer des étourdissements. Elle s’imagine, alors, vivant à ses côtés dans une autre réalité, un autre siècle. Entre ses rêves étrangement tangibles et ses nouvelles aptitudes, Kasandra devra affronter ses propres démons pour découvrir sa vraie nature.

Les ombres d’Esver de Katia Lanero Zamora


Les Ombres d’Esver est le dernier roman fantastique de Katia Lanero Zamora paru aux Editions ActuSF. C’est une première découverte de l’auteure et une de mes rares lectures fantastiques de l’année. L’ambiance « historique » précisée dans le synopsis a été l’une des raisons du choix de cette lecture et je n’ai aucun regret d’avoir sauté le pas.

Les Ombres d’Esver est un roman étonnant aux accents oniriques dès les premières pages. Forcément, l’héroïne Amaryllis apparaît comme une jeune fille aux nuits agitées, encombrées de cauchemars. La nuit dans cette histoire prend déjà toute son importance, c’est le moment de la journée qui semble clé, attendu et redouté à la fois. D’un regard extérieur, ces rêves quoique bien décrits sont étranges. Pourquoi Amaryllis vit-elle des moments pareils chaque fois que le sommeil l’emporte ? Pourquoi a-t-elle besoin de ce fameux élixir ? A la découverte du quotidien de ces deux recluses au fin fond d’un manoir Amaryllis et sa mère Gersande intriguent déjà leurs lecteurs avec leurs activités orientées autour de la botanique, le comportement de la jeune fille de 16 ans… Mais que se passe-t-il donc dans cette maison ? Et pour combien de temps encore cela va-t-il durer ? Amaryllis va-t-elle entrer à l’école de botanique ou finir mariée ?

Vous ne serez pas au bout de vos peines si vous tenez cet ouvrage entre vos mains. Le récit peut paraître très embrouillé lors des premiers chapitres, à l’image de ces rêves indescriptibles, de la mémoire défaillante de l’héroïne sur son enfance. Mais ne prenez pas peur, prenez votre courage à deux mains et tournez les pages! Partez au cœur des aventures d’Amaryllis en sa compagnie ! Le rythme avec un peu de patience vous prendra rapidement d’assaut, de découvertes en découvertes tout finira par être compris. L’intrigue est stupéfiante, poignante car le lecteur découvre en même temps que notre jeune héroïne re-découvre certains pans de sa vie mais aussi ceux de sa mère. Rien est facilement acquis, les personnages sont assez froids du moins au début notamment Gersande – qui je ne le cacherais pas m’a hérissé à plus d’une reprise avec le comportement qu’elle a à l’égard de sa fille- mais il y en a d’autres… Finalement, ce roman en deviendrait presque sombre avec ces différents mystères familiaux dans une ambiance assez désolée.

Les sentiments, les émotions face à tant de froideur se développent et s’épanouissent de plus en plus au fil des pages. J’ai eu la gorge nouée à plus d’une reprise tout en étant surprise par l’ampleur de cette intrigue, les proportions prises par cette histoire. Effarant serait le mot !!!

L’enfance, le merveilleux sont des thèmes récurrents et formidablement agencés. Les personnages sont suffisamment étayés même si les caractères et personnalités peuvent être particulières, froides, éteintes. Heureusement Amaryllis à l’aube de sa vie, s’éveille un petit peu, se rebelle aussi et apporte de jolis accents de révolution dans ce manoir déserté. Gersande quant à elle reste prostrée énormément sur elle et il est presque dommage de découvrir à la toute fin les raisons. Certains personnages se font échos entre rêve et réalité, j’ai eu des coups de coeur pour ces parallèles.

Les Ombres d’Esver est un ouvrage poignant sur une mystérieuse histoire de famille qui a pris une ampleur folle au fil des années dans un univers sombre, un peu gothique. A mi-chemin entre le conte onirique et une histoire de vie plus « réaliste » que nature. Riche en émotions, il est impossible de rester impassible même s’il est possible que l’immersion au cœur de ses pages ne soit pas évidente dans un premier temps. Il faudra prendre le temps de démêler ce beau fouilli d’évènements, d’actions, de descriptions mais une fois l’écheveau démêlée, la magie se crée…

  • Maison d’édition : Editions ActuSF
  • Nombre de pages : 261 pages
  • 4ème de couverture : Tous les espoirs d’avenir comme botaniste d’Amaryllis, 16 ans, s’effondrent quand parvient au manoir, où elle vit seule avec sa mère, la lettre de son père annonçant la vente du domaine d’Esver et le mariage qu’il a engagé entre sa fille et un de ses associés.