La famille Winter de Clifford Jackman


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La famille Winter de Clifford Jackman est un livre pour lequel j’ai fini par conclure que lire un livre avec des attentes particulières n’est pas forcément la meilleure des façons pour savoir l’apprécier.

La famille Winter est un ouvrage dont j’ai voulu faire la découverte quand j’ai lu les mots « western », « psychopathe » et « roman noir » dans le synopsis. Forcément, j’avais des attentes précises avec une telle 4ème de couverture notamment sur une approche historique au travers d’explications étayées et ludiques mais aussi autour de cette « famille » curieusement et froidement décrite.

Le récit débute à la fin du XIXème siècle. Le lecteur découvre la famille Winter négociant de l’argent avec un riche propriétaire du nom d’O shea. Contre la promesse d’obtenir encore de l’argent, la bande donne sa parole de rester tranquille voire de mettre les voiles rapidement après cette transaction. Il laisse un membre de leur bande auprès de ce « seigneur » de la ville des environs. La manœuvre est subtile et cache de tous autres désirs de la part de cette fameuse famille. En effet, la facilité des accords avec O shea les convainc que ce bonhomme a de l’argent en quantité et facilement disponible. Forcément, la tentation de voler est vite présente mais il n’est pas toujours facile de trouver une unité dans les actes de chacun des membres de la bande. Et si cette fois-ci, ce coup serait-il moins facile à jouer que les précédents ?

Dès le premier chapitre, ce groupe apparaît cynique, intéressé par l’appât du gain et de la violence. Cette ouverture nous laisse entrevoir une famille Winter qui a fait ses armes et vécu des années ensemble. Le narrateur a choisi de remonter le temps dans les chapitres suivant pour nous expliquer la naissance et la construction de cette bande de déjantés. Ainsi, nous les découvrons pour la toute première fois durant la Guerre de Sécession, environ 25 ans plus tôt pour les suivre dans le temps au fil de leurs pérégrinations et de leurs mauvais coups.

Les tenants et aboutissants historiques sont peu expliqués. Le lecteur aura tout intérêt de connaître son sujet sur cette période de l’Histoire des Etats-Unis ou bien à se documenter en parallèle de sa lecture car les explications autour de la Guerre de Sécession ne se trouvent pas dans cet ouvrage. C’est dommage car cela nous aurait rendu la lecture plus aisée.

Avec une quantité de personnages, de groupes différents, les instants de flottement où les pages défilent sans trop comprendre les stratégies et autres subtilités deviennent fréquents, les retours en arrière pour relire certains passages deviennent réguliers… Les disparitions en plus sont rapides et incessantes comme les arrivées de nouveaux protagonistes. On ne peut pas dire que la lecture soit rendue facile.

Heureusement, l’action est constante même si finalement avec une telle complexité, un peu de répit aurait été salutaire.

Concernant la famille, mes attentes cependant ont été relativement comblées. L’auteur tourne beaucoup autour de leurs personnalités, de leurs actes, de la construction de leurs identités. Ils sont atypiques, déjantés, violents. Durant plus de 400 pages, Clifford Jackman ne nous donne aucun doute que chaque membre est sans foi ni loi et vraiment imprévisible tout comme impitoyable. Les phénomènes de groupe qui se développent avec des individus comme Quentin Ross, Augustus Winter sont glaçants.

Au final, mon paragraphe introducteur a tout dit. J’avais des attentes précises et je n’ai pas su apprécier ma lecture. De plus, la profusion de personnages, un contexte survolé sur le plan historique a crée beaucoup de confusions dans cette lecture. En conclusion, La Famille Winter est une lecture difficile où il vaut mieux se concentrer sur la psychologie, l’identité des protagonistes semant le trouble durant des décennies.

  • Maison d’édition : Editions 10/18
  • Nombre de pages : 416 pages
  • 4ème de couverture : Aux pires heures de la guerre de Sécession, une poignée de soldats se reconvertissent en une sinistre fratrie : la Famille Winter. Il y a Quentin le psychopathe, les frères Empire qui rivalisent de cruauté et de bêtise, Fred, l’esclave qui a repris sa liberté à coups de hache et, à leur tête, l’insondable Augustus Winter, dont le regard d’ambre glace le sang. Parcourant le territoire sauvage des États-Unis du XIXe siècle, de la campagne livrée au pillage aux rues de Chicago gangrenées par la corruption, les mercenaires de Winter tantôt défendent les avancées de la civilisation et tantôt s’y opposent farouchement, laissant dans leur sillage plus de morts que de vifs. Épopée nihiliste à cheval entre le western et le roman noir, cavalcade brillante comme le canon d’un fusil, La Famille Winter vous précipite dans les zones obscures de la nature humaine pour affronter ses contradictions et contempler toutes ses violences.
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Histoire d’une mère d’Amanda Prowse


Histoire d'une mère Amanda Prowse

Histoire d’une mère d’Amanda Prowse est un témoignage bouleversant sur les difficultés de la maternité notamment dans la création du lien mère-enfant.

Les premiers chapitres de ce livre ont été assez décevant à mon sens car l’auteur n’entre pas tout de suite dans le vif du sujet. Le lecteur doit patienter avec la lecture des débuts de l’histoire d’amour de Jessica et Matthew, la découverte de la personnalité de l’héroïne, de leurs relations avec leur famille, leurs amis. Cette partie du récit n’est pas rendue très dynamique mais dévoile quelques éléments qui seront des pistes pour donner de la teneur au drame que va vivre ce couple dans leur découverte de leur parentalité.

Pour autant, l’auteur s’est essayé à donner un peu de rythme et de vivacité avec des alternances passé-présent. Les débuts sont assez ternes pour ce choix de narration car le sujet est vraiment trop décalé par rapport aux prémices de la vie de couple de Jess et Matt qui ne sont pas encore parents.

L’histoire prend vraiment du sens à la naissance de leur bébé et là c’est magique, un suspens bouleversant se met en place. Jessica pour laquelle, j’avais plutôt une vision de fille immature, antipathique, d’une exigence démesurée devient une jeune maman que le lecteur a juste envie d’aider, de rassurer… Mes entrailles de maman se sont à plusieurs reprises tortiller à cause des jours sombres que vivent Jessica et son mari. Il est impossible de rester impassible et l’auteur utilise des mots très justes pour aborder les thèmes de la dépression post-partum, les difficultés des premiers pas en tant que parents…

Je reprocherais cependant la présence de certains clichés qui nuisent au récit et n’apportent finalement rien de nouveau par rapport à ce que les médias, la société nous renvoient sur ces sujets ces dernières années. Ainsi l’amorce avec ce début de partie sur la personnalité de Jess, plutôt explosive et sujette à des crises dès que quelque chose ne tourne pas rond dans son quotidien ou encore certaines fragilités héritées d’histoires familiales étayent la thèse selon laquelle elle serait plus susceptible qu’une autre d’être victime de la dépression post-partum. J’ai trouvé ce genre de facilité assez désagréable et les réflexions sur les difficultés mère-enfant assez limitées.

En conclusion, c’est une lecture fluide qui sait prendre aux tripes. L’auteur a un don pour rendre vivant des difficultés vécues par des personnages fictifs mais cependant pour aller au-delà et parler du sujet sur un ton plus sérieux avec des explications plus rationnelles et sérieuses sur les causes et origines de la dépression post-partum, le lecteur n’y trouvera peut-être pas son compte. Je remercie Mina malgré tout pour son cadeau, pour le choix de ce livre pour le défi Minérine sur cette session mars/avril, c’était un choix très personnalisé presque parfait (si l’auteur n’avait pas pris certains partis pris)

  • Maison d’édition : Editions Milady
  • Nombre de pages : 439 pages
  • 4ème de couverture : Jess n’a que 23 ans quand elle épouse Matt. Un an plus tard, elle est enceinte et folle de joie. Son entourage se réjouit à l’approche de l’heureux événement. Mais quand arrive le jour tant attendu, Jess n’éprouve rien pour sa fille. Pas même de l’affection. Seule face à cette terrible découverte, elle redoute de commettre un geste irréparable.

L’épouse de bois de Terri Windling


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Dans L’épouse de bois de Terri Windling avec une pareille couverture, il est facile de s’attendre à se perdre en forêt ou dans un lieu plutôt surnaturel voire un monde imaginaire. Pourtant le synopsis laisse comprendre que nous allons accompagner Maggie Black dans un univers bien réel, sur les traces de David Cooper, un poète tout récemment décédé qui lui a donné sa maison en héritage en plein désert. Maggie aura échangé une grande partie de sa vie au travers d’une longue correspondance avec lui sans jamais le rencontrer en personne. Le destin est étrange en lui permettant de découvrir sa vie après sa mort. Curieux, bizarre, vous direz-vous. Oui vous avez raison, ce livre brillera au travers de ces adjectifs du début à la fin.

J’ai lu les premiers chapitres de ce livre par à coup. Je me suis vite rendue compte que cette histoire était brillante. Malheureusement, je n’arrivais pas à rentrer complètement dedans et j’avais presque honte de me dire que je ne donnais pas toutes ces chances à ce livre en le lisant correctement, dans de bonnes conditions. Et, je me suis dit qu’il fallait que je me pose au moins 2 longues heures en compagnie de ce bouquin pour laisser sa magie me traverser. Miracle, je suis tombée dans la spirale de ce petit coin de pays unique, de ces habitants autrement dit les voisins de Cooper mais aussi les êtres mystiques cachés dans le désert, de leur quotidien, de leurs histoires, de leurs passions…

Ce livre a un rapport au temps particulier, il est facile de se perdre dans ce récit où je me suis plus sentie en majorité dans un rêve éveillé où le temps n’a plus de sens. Ce récit est un éveil des sens, parfois un bouleversement quand je me suis retrouvée incapable de savoir si j’étais à la fin des années 50 ou bien des décennies plus tard. L’intrigue devient si prenante. Les mots et les idées sont beaux, intéressants et si perturbants qu’il est difficile de rester ancrer dans un contexte temporel précis. La mythologie, la poésie sont prégnants et m’ont énormément plu en étant mis en évidence sous la plume de Terri Windling. Je précise que je n’aime pas la poésie en temps normal mais les bribes d’extraits présents dans L’épouse de bois sont merveilleusement raccordées à l’histoire pour que j’y comprenne quelque chose. Par instant, il est aussi possible de se croire tomber dans la folie comme quand Maggie, l’héroïne commence à se demander si des êtres surnaturels ne sont pas aussi ses voisins. Le lecteur est tout aussi perplexe que les protagonistes sur cette étrange magie qui semble résider dans le désert. Il faut la comprendre, l’appréhender pour y voir plus clair.

En conclusion, c’est un bijou dont je ne dirais rien de plus sur le récit car il mérite d’être découvert. Même si j’aurais envie de vous en faire un résumé plus approfondi, il serait difficile tant il y a à dire. Le fil du récit n’est pas linéaire, il ondule, il vacille, il permet que le lecteur s’évade. Si vous pensez adorer ça, n’hésitez pas une minute. En attendant, je classe L’épouse de Bois dans les lectures à lire au moins une fois dans sa vie.

Si vous souhaitez découvrir d’autres avis : Avis d’Acr0

Lu dans le cadre du Projet 52 2017

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  • Maison d’édition : Editions Le Livre de Poche
  • Nombre de pages : 413 pages
  • 4ème de couverture : Maggie Black est écrivain, auteur d’études sur des poètes. Elle apprend qu’un de ses plus anciens correspondants, David Cooper, vient de mourir en lui laissant tous ses biens en héritage. Maggie décide d’aller s’installer dans l’ancienne maison de Cooper, pour enfin s’atteler à la rédaction d’une biographie du grand écrivain. Mais elle n’avait pas prévu que Cooper habitait en plein désert, dans les montagnes de l’Arizona (près de Tucson). Là, la vie n’a pas le même rythme qu’ailleurs. Les choses sont plus pures, les formes plus essentielles, les mystères plus profonds… Pourquoi Cooper est-il mort noyé dans un lit de rivière asséché ? Pourquoi des coyotes rôdent-ils autour de sa maison ? Qui est l’étrange fille- lapin qui s’abrite sous les grands cactus ? La magie de ces collines désertiques est puissante, Maggie Black devra prendre garde à ne pas y perdre la raison – ou la vie.

L’ombre du vent de Carlos Ruiz Záfon


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  • Maison d’édition: Editions Robert Laffont
  • Nombre de pages: 507 pages
  • 4ème de couverture: Dans la Barcelone de l’après-guerre civile,  » ville des prodiges  » marquée par la défaite, la vie difficile, les haines qui rôdent toujours. Par un matin brumeux de 1945, un homme emmène son petit garçon – Daniel Sempere, le narrateur – dans un lieu mystérieux du quartier gothique : le Cimetière des Livres Oubliés. L’enfant, qui rêve toujours de sa mère morte, est ainsi convié par son père, modeste boutiquier de livres d’occasion, à un étrange rituel qui se transmet de génération en génération : il doit y  » adopter  » un volume parmi des centaines de milliers. Là, il rencontre le livre qui va changer le cours de sa vie, le marquer à jamais et l’entraîner dans un labyrinthe d’aventures et de secrets  » enterrés dans l’âme de la ville  » : L’Ombre du vent.
  • Y-a-t-il une suite?: Oui, merci Livraddict qui m’a appris que L’Ombre du vent était le premier opus de la saga  Le Cimetière des livres oubliés qui compte déjà 3 tomes.

Mon avis:

Dans le cadre du défi Minérine, Mina a déterré un classique des classiques dans ma PAL. Il y reposait depuis longtemps mais je n’osais pas l’en sortir. Mr Carlos Ruiz Záfon m’impressionnait un peu comme la plupart des auteurs dont j’entends du bien. C’est là où l’angoisse se réveille quand on s’imagine ne pas aimer ou être déçue.

L’Ombre du vent c’est à la fois une belle mais aussi une triste histoire. Il est étrange d’utiliser deux qualificatifs totalement contraires pour parler d’une œuvre littéraire. Et pourtant, ce paradoxe est à l’image de ce récit.

Tout d’abord, ce livre a un héros si ce n’est deux. Je vais parler dans l’immédiat de Daniel Sempere, le narrateur que nous découvrons dans un premier temps enfant, puis adolescent et de la moitié jusqu’à la fin du livre il devient un jeune adulte. Il est fils de libraire, il est orphelin de mère. Son père, un homme dévoué et bon fait tout pour que son fils devienne un homme accompli et un futur libraire pour reprendre son affaire. Les livres ont une place importante dans le cœur de ses deux hommes et très tôt Daniel est initié à la valeur, aux pouvoirs et aux mystères des livres. Un jour, notre jeune héros découvre un lieu étrange Le Cimetière des Livres Oubliés en compagnie de son père. Il a le droit de choisir un livre sur les étagères poussiéreuses. Ce dernier prend son temps et finit par jeter son dévolu sur un ouvrage intitulé L’ombre du Vent de Julián Carax. Ce livre est le début d’une grande aventure, sa lecture le passionne tout comme les recherches qu’il va débuter sur cet écrivain connu dans certains cercles initiés.

Le second héros de ce récit est tout simplement Carax lui-même. Il est très peu présent physiquement mais de bout en bout, l’intrigue tourne autour du personnage. Je n’en dirais que peu pour que les lecteurs n’ayant pas lu le livre le découvre par eux-mêmes mais j’ai vraiment été passionnée par la vie belle et triste de cet homme. Oui nous en revenons à ces deux paradoxes car ici, la vie a vite fait de prendre des beaux comme de sombres détours.

Pour être sincère, les 100 premières pages ne m’ont vraiment pas accroché. Le rythme était assez lent. La visibilité sur la suite est assez limitée, Daniel va-t-il vraiment se lancer en quête de cet écrivain ou non ? Tant que je n’ai pas su que nous partions de manière certaine vers ces investigations, je n’ai pas réussi à plonger intégralement dans le récit. Par contre, une fois le virage amorcé, j’ai pris un vrai plaisir à suivre les aventures de Daniel, prêt à se brûler les ailes pour retrouver et comprendre cet intérêt pour Carax et lever le voile sur les pans de la vie oubliée de cet écrivain.

Daniel est un héros encore bien naïf et fougueux. Il est clairement déterminé à découvrir cet écrivain qui lui a permis de lire une œuvre merveilleuse mais concrètement, il ne réfléchit pas trop sur les conséquences de ces actes malgré que plusieurs avertissements lui sont donnés. Autant, j’ai apprécié sa détermination car nous avons tout su. Autant des drames aurait pu être évité s’il aurait agi d’une manière différente. Daniel se révèle aussi assez égoïste par instant, il ne vit que pour Carax durant une période et nous aussi finalement en tant que lecteurs. Avec le recul, cela me fait quand même de la peine pour son pauvre père qui fait tout pour lui et qui n’a l’air d’en retirer aucune reconnaissance.
Pour en revenir à cette histoire « belle », elle concerne surtout ce que vit Daniel dans le présent et aussi au travers de cet acharnement qui voit ses espoirs récompensés. Mais c’est aussi une triste histoire quand on découvre l’histoire de Carax et ses tristes espérances, les drames des recherches lancées par Daniel, les drames des personnes faisant partie de l’entourage de Julián…

Vous l’aurez compris, lire cet ouvrage nous fait passer par plusieurs émotions totalement contraires. Je suis heureuse d’avoir découvert Carlos Ruiz Záfon. Il écrit bien mais surtout il sait rendre un récit vivant qui prend aux tripes. Il a des trésors d’imagination aussi pour avoir réussi à ce que les deux héros se fassent échos dans leurs deux vies.

Vous l’aurez compris j’ai apprécié ce livre et je le conseille fortement si vous souhaitez lire un récit d’aventures et de vie qui vous marque à jamais. Merci Mina, j’aurais dû lire ce livre bien plus tôt et ne rien appréhender.

Pour connaître l’avis de ma binôme de défi sur son livre c’est par ici.

Lu dans le cadre du challenge A&M Le tour du monde des livres

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