Iris Chevalier et le cristal de Fatum de Florence Cabre


Iris Chevalier et le cristal de Fatum

Iris Chevalier et le cristal de Fatum est une lecture que j’ai pu réaliser dans le cadre d’une confiance commune avec Florence Cabre et je l’en remercie.

Par le passé, j’ai déjà lu attentivement les deux premiers tomes de cette saga. J’avais pu faire part de mon ressenti auprès de l’auteur, du bon comme du plus mauvais et à chaque fois, Florence avait su faire preuve d’une ouverture d’esprit appréciable autour d’échanges constructifs et agréables. Déjà, le tome précédent avait été écrit en tenant compte des avis de son lectorat. Pour celui-ci, même chose, j’ai trouvé que les points soulevés par ses lecteurs ont encore fait mouche puisqu’elle a su en tirer le meilleur des partis dans ce dernier opus.

Le début d’Iris Chevalier et le cristal de Fatum est concis et très bien écrit. Il rappelle au fil de la narration sans lourdeur les évènements précédents. Le petit travail de mémoire se fait tout simplement et de la manière la plus agréable possible. Le rythme est bon, la lecture est véritablement efficace sous la plume de Florence Cabre puisqu’elle va à l’essentiel pour aboutir à l’issue de la mission d’Iris : réaliser la mission donnée par sa grand-mère.

Dans cette série et dans ce livre-ci, il y a des passages magiques, entourés de nostalgie pour ma part dès que j’y retrouve les références à Harry Potter. J’adore l’appropriation retranscrite à l’histoire d’Iris, un grand merci à l’auteur d’avoir continué sur cette voie et surtout pour les belles idées trouvées.

Pour cette fois, j’ai eu des surprises magnifiques comme le voyage en Galoucie et l’évolution d’Iris, l’héroïne de la trilogie. En Galoucie, j’ai trouvé un plaisir à trouver des passages presque futuristes, connotant le récit d’une teinte dystopique. Le travail est ingénieux, abouti. Si bien que c’est un réel dépaysement à la lecture car j’ai pu me laisser emporter totalement par le réalisme du pays et de l’ambiance aseptisée et totalitaire du cadre imaginé. Un seul mot prodigieux.

Concernant Iris, j’ai trouvé une jeune fille plus mature, avec un caractère plus affirmé, plus sincère aussi puisqu’elle n’hésite vraiment pas à dire ce qu’elle pense même pour les sujets les plus compliqués. Elle est plus indépendante aussi, elle affirme mieux ses idées et ses valeurs. Son côté enfantin très présent a disparu et enfin nous avons une véritable adolescente sous nos yeux.

Quelques points, cependant, ont été un peu moins à mon goût soit une perte de vue du trio originel, des passages moins fréquents à l’Académie, un lieu que j’apprécie particulièrement et la fin un peu trop rapide.

Concernant le trio, je parle bien sûr d’Iris, Lucas et Angèle. J’ai eu la forte impression que Florence avait abandonné l’idée de faire de cette amitié une force contre l’ennemi et que des atouts existants ailleurs étaient plus que nécessaires (opinion que je partage aussi). Ainsi, nous voyons les 3 amis moins fréquemment ensemble pour leurs différentes aventures. Le trio n’existe plus ou presque plus car il n’est pas présent en continu voire c’est un trio mouvant avec l’importance que va prendre d’autres personnages. Je suis assez triste car je trouvais que c’était un élément fort dans cette intrigue et je m’attendais à ce qu’il perdure dans le temps. Néanmoins, cela ne nuit pas à l’intrigue et je fais part d’un sentiment bien personnel.

En conclusion, j’ai fait une très bonne lecture, probablement la meilleure sur les 3 tomes. Les pages filent à une vitesse, Florence Cabre a été d’une efficacité à toute épreuve pour aboutir à l’objectif convenu tout en l’agrémentant de passages imaginés réalistes et dépaysants. Maintenant, j’aurais envie que Florence Cabre nous prépare une prochaine histoire, plutôt SF (dystopie…) car je crois que nous aurions des merveilles à découvrir pour le bref aperçu lu dans ce dernier opus en Galoucie.
Tous mes vœux de réussite et bonne continuation à l’auteur !

Un coup de pouce pour Iris Chevalier

  • Maison d’édition : Editions Librinova
  • 4ème de couverture : Depuis la cérémonie de l’unisson des planètes, il n’y a plus qu’une chose qui compte pour les amis d’Iris : sa sécurité. Cela irrite encore plus son caractère explosif. La population galouk sur terre est affolée par les rumeurs d’attaques et de guerre naissante. D’autant plus qu’un parti politique xénophobe, le Conseil des Justes, voit le jour et se renforce. L’académie De Vinci devient un internat fermé et obligatoire, où l’atmosphère autrefois conviviale se détériore.
    Entre l’amnésie sélective de son père, son récent pouvoir de guérison et la menace d’Otaktay, Iris est encore une fois contrainte aux secrets et à la prudence.
    Mais pour mener à bien la nouvelle mission que sa grand-mère lui a confiée, elle devra prendre des risques démesurés et se battre contre un sentiment encore inconnu : la peur.
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Le Palais des Mirages de Hervé Jubert


Le palais des mirages Hervé Jubert

Le Palais des Mirages m’avait attiré lors d’une vente privée Albin Michel d’une part par son couverture et d’autre part par sa 4ème de couverture mettant en évidence l’Exposition Universelle à Paris en 1900.

Après mon achat, j’ai lu des chroniques sur d’autres titres d’Hervé Jubert qui mettait en avant son univers original, une narration pas toujours concise et explicite pouvant perdre son lecteur. J’avais gardé ces remarques en tête et j’ai commencé ma lecture prévenue. Finalement, j’ai bien trouvé un univers très décalé, respectant un cadre historique précis mais où l’auteur se permet d’ajouter des personnages farfelus par leur qualité fantastique en 1900 (fée, nain) mais aussi avec des personnalités singulières entre passionnés des créations électriques et anarchistes fous furieux…. J’ai aimé ce parti pris surtout car chaque page dévoile des événements inattendus et une originalité impossible à retrouver dans un autre ouvrage.

J’ai apprécié les détails précis autour de l’Exposition Universelle. Le travail de recherche m’a paru surhumain pour aboutir à un tel niveau et je me suis surprise à me passionner pour ce cadre. De la même façon, les personnages évoluent dans un siècle avec une ambiance qui parait correcte d’un point de vue historique, la Révolution Industrielle, les mouvements anarchistes avec les attentats, des points clés qui sont à mon sens bien ciblés et suffisant pour se croire au XXème siècle.

Je mets un bémol sur l’intimité décrit entre Clara et sa mère et autres tabous abordés, je ne suis pas certaine que les Parisiens puissent prendre autant de libertés sur ces sujets en 1900, du moins cela m’a interpellé et questionné. Même interrogations sur l’autonomie dont jouit Clara au quotidien, pour une femme et une adolescente, c’est singulier !!!

J’ai aimé les références aux légendes nordiques même si je pense que l’auteur aurait pu se permettre d’aller plus loin encore.

Par contre, je suis restée parfois hermétique à certains passages car je n’ai pas toujours compris le sens que voulait y donner Hervé Jubert. Trop de détails, un rythme trop lent et des bizarreries exacerbés sont régulièrement un cumul qui ne marche pas très bien. Dans la même lignée, je reste sceptique sur la fin incongrue qui clôt très vite le récit, des éléments de l’intrigue n’aboutissent même pas. Par contre, je tire mon chapeau à Hervé Jubert pour être retombé sur ses pattes vers son palais des mirages que nous avons régulièrement perdu de vue.

Et malheureusement, je n’ai pas créé de liens d’attachement bien forts avec les protagonistes. Clara et Lukas ont été très froids et distants bien souvent, totalement représentatifs de leurs personnalités indépendantes.

En conclusion, j’ai vraiment eu l’impression d’évoluer au sein de l’Exposition Universelle de 1900 même si je suis plus mitigée sur l’issue du récit tout comme le travail autour des héros.

Lu dans le cadre du challenge –  énigme « Chacun son époque » : 1870-1940 IIIème République française

challenge Enigme Chacun son époque

  • Maison d’édition : Editions Albin Michel
  • Nombre de pages : 357 pages
  • 4ème de couverture : Clara Charpentier joue la fée danse palais des Mirages, une illusion optique créée par son père, lorsqu’un accident manque de lui coûter la vie. Accident ou sabotage ? Avec les palais de l’Exposition universelle comme toile de fond, Clara, Lukas, des industriels de la guerre et une bande d’illuminés russes vont être entraînés dans un tourbillon d’événements dont l’issue décidera de la couleur du xxe siècle. Sera-t-il blanc comme la paix ou rouge du sang de la guerre ? Bienvenue à Paris en 1900.

Inséparables d’Elie Darco


couvertureinséparableseliedarco

Inséparables d’Élie Darco est un ouvrage paru aujourd’hui, 7 avril 2017 aux Editions Magnard(Edit : parution repoussée au 14 avril). J’ai eu la chance de découvrir ce livre avant même sa sortie grâce à son auteur. Je la remercie pour sa confiance. J’ai découvert il y a quelques années sa plume au travers d’une nouvelle présente dans une anthologie publiée par les Editions du Riez, Les Dames Baroques. J’avais eu un coup de cœur pour cette nouvelle, intitulée « Les Crocs de la Basilicate ». Par hasard, Élie Darco a découvert mon avis et s’est proposé de me faire lire son dernier ouvrage Inséparables. Ce livre fait partie d’un registre tout autre, il s’adresse à un public jeunesse mais j’étais prête à tenter le pari et redécouvrir sa plume dans un autre contexte.

Cet ouvrage est encore assez court même s’il est bien plus approfondi et plus long qu’une nouvelle. Ainsi l’auteur ne va pas par quatre chemins et entre dans le vif du sujet. Nous découvrons une fratrie d’adolescents : un frère et une sœur, Alec et Béryl. Nous entrons d’office dans leur intimité et nous les suivons dans leurs 400 coups. Leur monde par la même occasion intrigue car même si plus d’une scène nous rappelle un quotidien contemporain, plusieurs pistes nous mènent à penser que les temps sont plus difficiles avec un déclin du monde possible ou probable. Le terrain familial est aussi original, c’est une première pour moi de lire les péripéties des rejetons de deux militaires. Ce terreau génétique a une influence sur leur besoin d’actions, de sports extrêmes, leur recherche de sensation…De fait, la narration aura un rythme intense, saccadé avec de nombreuses scènes d’action, du suspens et du mystère à en revendre.

Le nombre de personnages est assez limité ce qui s’apprécie dans un récit aussi court avec deux héros. Élie Darco a bien compris que le temps était compté et que devait primer le travail autour de ces deux héros. A mon sens, justement, cette fratrie est un personnage à part entière. Leurs liens frères-sœurs sont palpables, surréalistes tant ils sont forts. L’auteur décrit leur relation d’une justesse et d’une intensité, c’est impressionnant !

J’ai apprécié les aspects qui restent cachés jusqu’à la fin tout en sonnant juste et crédible à 100%. Le travail est d’une minutie, de calcul parfait pour aboutir à ce résultat que j’en reste sans voix. Par instant, j’ai eu envie de m’incriminer sur certaines choses mais le résultat final a tué dans l’œuf mes remarques notamment sur les amourettes présentes dans le récit qui étaient à mon sens d’une simplicité enfantine et rageante pour cela.

La longueur du récit est un frein à mon sens au plaisir de cette lecture. J’ai eu l’impression que l’auteur s’est freiné ou l’a été dans les descriptions sur ce monde différent avec ces couvre-feux, ses limitations sur les énergies, le détail de certaines actions notamment le travail d’Alec à la déchetterie et les découvertes, rencontres faites dans ce lieu. Des éléments sont parfois passés sous silence, l’auteur les assume mais en tant que lectrice j’aurais aimé les lire de manière approfondie pour avoir quelques pistes à gratter aussi.

En conclusion, je me suis fait balader de bout en bout, de surprises en surprises avec une action détonante dans un monde et un milieu original. Élie Darco est une technicienne de l’écriture, chaque élément introduit est précieusement calculé pour aboutir à un résultat totalement surprenant.

  • Maison d’édition : Editions Magnard
  • Nombre de pages : 220 pages
  • 4ème de couverture : Ballotés au gré des affectations successives de leurs parents militaires, Alec et sa sœur Beryl sont un peu livrés à eux-mêmes. Complices et inséparables, ils aiment repousser leurs limites et tenter des expériences dangereuses, quitte à enfreindre les règles. Mais quand la famille échoue dans une petite ville perdue au milieu de la forêt, loin de toute animation, l’ennui les gagne….

Les aventures de Tersane le diablotin : Le jour où… je suis arrivé sur terre de Cécile Lorne


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  • Maison d’édition: Livre auto-édité
  • Nombre de pages: 213 pages
  • 4ème de couverture: Comment faire quand on vit en enfer, et qu’on a le cœur trop tendre ? C’est le problème de Tersane, le diablotin qui subit les moqueries de ses camarades parce qu’il a la mauvaise idée d’éprouver des sentiments… Et qu’en enfer, les sentiments, c’est interdit ! Jusqu’au jour où il apprend qu’une prophétie parle de lui… Une prophétie qui va l’emmener jusque sur terre ! Un roman d’aventures plein d’humour, d’âmes damnées et de petites braises !
  • Y-a-t-il une suite?: Selon les confidences de l’auteur, une suite est en gestation.

Mon avis:

Tersane est le héros de ce roman écrit par Cécile Lorne, c’est un diablotin mais attention il n’est pas comme les autres. Physiquement, il a la particularité d’avoir de beaux yeux bleus. Mais en plus, il n’est pas le petit diable idéal car faire le mal n’est vraiment pas son truc mais vraiment pas. Son quotidien est loin d’être simple avec ce détail physique bien trop visible et sa personnalité qui agace car faire le mal n’est pas inné chez lui. Il fait entrer ses professeurs dans des fureurs noires tant et si bien que la directrice de son école décide de profiter de la venue du Grand Maître Zorth pour lui faire infliger une punition dont il se souviendra toute sa vie. Cette idée maléfiquement diabolique n’est pas sans plaire au Grand Maître du monde des Enfers sauf que tout ne se passera pas comme prévu. Ses yeux bleus perturbent le diable le plus puissant mais pourquoi ?

J’ai trouvé cette histoire ingénieusement écrite. Le contexte est parfaitement travaillé au travers des jeux de mots, d’un lexique adapté au monde des Enfers, décor de ce récit. L’ambiance est aboutie et réaliste. J’ai vraiment adoré même si je la trouve un peu angoissante pour les plus jeunes. Concernant les personnages, j’ai apprécié de découvrir un manichéisme affirmé même au sein des Enfers où on pourrait s’attendre à ne trouver que des méchants. Dans un si court livre, il est aussi agréable de voir des protagonistes qui évoluent déjà d’autant plus dans un roman qui laisse supposer (par son titre) que Tersane devrait vivre d’autres aventures. Je mets un léger bémol sur ces évolutions notamment pour Zorth où j’ai trouvé les changements très soudains.

Concernant le récit en lui-même, il est original pour parler de pleins de sujets plutôt communs comme la différence, l’amitié, les réflexions identitaires, l’écologie, la mythologie.

En conclusion, Les aventures de Tersane le diablotin : Le jour où… je suis arrivé sur terre est un roman plein de rebondissements où il est impossible de s’ennuyer, original et d’une grande richesse sur les sujets abordés. L’univers est angoissant mais le ton humoristique de Cécile Lorne est très présent pour atténuer les aspects froids et impitoyables des Enfers. Il peut y avoir une petite déception pour les lecteurs curieux avec une fin où Tersane se permet de faire taire certaines révélations. J’attends la suite avec impatience et je conseille vivement ce livre aux jeunes lecteurs fans de Harry Potter et autres livres dans lesquels ils cherchent à se faire peur.