Le manoir de l’écureuil, 2ème partie de Serge Brussolo


Le manoir de l'écureuil, PARTIE2 de Serge Brussolo

La fin de la première partie nous laissait sur notre faim, pantelant, curieux de découvrir la suite de l’histoire. C’est avec une reprise de la narration étonnante que nous reprenons le fil de l’intrigue. Mickie l’héroïne reçoit le journal intime de sa mère. Une belle perspective pour la lecture puisque nous avons l’assurance de découvrir un témoignage vrai (si la source est sure bien évidemment) sur le passé de la mère de l’héroïne et de son étrange relation avec Savannah Warlock.

C’est inattendu, bien trouvé même si j’ai trouvé dommage de perdre de vue Mickie durant une grande partie de cette suite. Pour la découvrir un peu plus, je n’ai pas commencé par le bon tome et je vais devoir reprendre les autres titres parus de l’Agence 13 pour me faire une meilleure idée sur cette jeune femme.

J’ai eu l’impression que l’histoire s’essoufflait puisque nous perdions l’ambiance de terreur avec ce climat « pourri » avec son désert, sa population déjantée et toutes les menaces présentes.

D’un autre côté, avec ce témoignage de première main, nous avons l’ensemble des réponses à nos questions et nous découvrons tout un personnage au travers d’Anna Katz, l’illustratrice personnelle de Savannah Warlock. Mickie quant à elle découvre une grande partie de son histoire familiale, ce qui n’est pas négligeable dans l’évolution d’un personnage.

Après la lecture du journal intime, le rythme devient plus intense avec un dénouement rapide et survoltée. Par un tour de passe-passe, Serge Brussolo aborde une fin toute aussi curieuse que l’ensemble du récit mais qui fonctionne.

En conclusion, Le Manoir de l’écureuil dans cette seconde partie m’a surtout déçue par la perte de son ambiance originelle même si le contenu restait relativement intéressant. Je conseille ce récit pour se changer les idées et pour découvrir une plume singulière.

  • Maison d’édition : Edition 12-21
  • Nombre de pages : 91 pages
  • 4ème de couverture : A Salton Sea, Mickie Katz, décoratrice d’intérieur au sein de l’Agence 13, est en plein travail : elle s’occupe du manoir de Savannah Warlock, célèbre romancière disparue dix ans auparavant dans des conditions demeurées obscures.
    Suite à plusieurs événements (voir Le manoir de l’écureuil, 1re partie), Mickie entre en possession d’un journal intime tenu autrefois par sa mère morte des années plus tôt dans l’incendie de sa maison. La lecture de ce journal va plonger Mickie dans la perplexité et l’incompréhension. Sa vie serait-elle fondée sur des mensonges ?
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La maison bleu horizon de Jean-Marc Dhainaut


La maison bleu horizon de Jean-Marc Dhainaut

Tout d’abord, je remercie les éditions Taurnada pour leur confiance renouvelée en me proposant un nouvel ouvrage à chroniquer avec La Maison bleu horizon de Jean-Marc Dhainaut.

La Maison bleu horizon m’a fait sortir des sentiers battus puisque je lis très rarement des ouvrages sur des faits paranormaux. J’étais légèrement sceptique sur ce côté fantastique rattachée aux esprits, aux fantômes, j’étais curieuse de découvrir le parti pris de l’auteur.
Alan Lambin est un chasseur de phénomènes paranormaux, dans le récit, il est interpellé par une famille bourgeoise vivant dans la Somme suite à des faits étranges qui laissent penser que leur maison est hantée. Alan Lambin s’attend à découvrir des causes rationnelles aux témoignages de panique des Anneraux. Ce monsieur est équipé d’appareils étranges afin de décrypter les sons, les images tout en étant vigilant à l’aspect psychologique de la peur de ses clients.

Pourtant c’est la surprise, Alan découvre des choses déconcertantes dans cette maison. Nous entrons dans l’intimité d’une famille durant le Nouvel An tout en s’introduisant par pur hasard dans une histoire vraie en plein cœur de la Première Guerre Mondiale.
L’ambiance est frissonnante à souhait, impossible pour moi de lire ce roman tard le soir, j’étais trop effrayée par les événements paranormaux décrits. L’auteur a dosé savamment les mots et décrit admirablement les émotions des protagonistes pour que nous soyons aussi peu rassurés qu’eux. L’enchâssement d’un autre récit mais historique cette fois-ci est ingénieux et passionnant. Tous les protagonistes dans le passé et le présent sont intéressants, suffisamment travaillés pour prendre du plaisir à les accompagner et éprouver un minimum d’empathie les concernant.

Par contre, j’ai constaté quelques facilités légèrement décevantes notamment pour l’explication de certains faits sans que l’intrigue elle-même n’aide à leurs compréhensions (horloge) et les coïncidences sur certains décès sont légèrement gênantes car un peu trop fréquentes.

Le dénouement est simple mais a su conserver une logique pour les grandes lignes de l’histoire.

En conclusion, j’ai globalement apprécié ce roman car l’auteur a savamment dosé le paranormal en créant un héros attaché à la psychologie et à la recherche de causes rationnelles avant de se laisser submergé par le surnaturel. La liaison à notre passé historique sur la Grande Guerre a été une idée ingénieuse abordant des sujets importants mais encore cachés de nos jours. A conseiller à tous les lecteurs aimant se faire frissonner durant leur lecture.

  • Maison d’édition : Editions Taurnada
  • Nombre de pages : 260 pages
  • 4ème de couverture : Janvier 1985. Tout commence par un message laissé sur le répondeur d’Alan Lambin, enquêteur spécialiste en phénomènes de hantises. Une maison, dans un village de la Somme, semble hantée par un esprit qui effraie la famille qui y vit. En quittant sa chère Bretagne, Alan ignore encore l’enquête bouleversante qui l’attend et les cauchemars qui vont le projeter au cœur des tranchées de 1915. Bloqué par une tempête de neige, sous le regard perçant d’un étrange corbeau, Alan réussira-t-il à libérer cette maison de ce qui la tourmente ?

Inséparables d’Elie Darco


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Inséparables d’Élie Darco est un ouvrage paru aujourd’hui, 7 avril 2017 aux Editions Magnard(Edit : parution repoussée au 14 avril). J’ai eu la chance de découvrir ce livre avant même sa sortie grâce à son auteur. Je la remercie pour sa confiance. J’ai découvert il y a quelques années sa plume au travers d’une nouvelle présente dans une anthologie publiée par les Editions du Riez, Les Dames Baroques. J’avais eu un coup de cœur pour cette nouvelle, intitulée « Les Crocs de la Basilicate ». Par hasard, Élie Darco a découvert mon avis et s’est proposé de me faire lire son dernier ouvrage Inséparables. Ce livre fait partie d’un registre tout autre, il s’adresse à un public jeunesse mais j’étais prête à tenter le pari et redécouvrir sa plume dans un autre contexte.

Cet ouvrage est encore assez court même s’il est bien plus approfondi et plus long qu’une nouvelle. Ainsi l’auteur ne va pas par quatre chemins et entre dans le vif du sujet. Nous découvrons une fratrie d’adolescents : un frère et une sœur, Alec et Béryl. Nous entrons d’office dans leur intimité et nous les suivons dans leurs 400 coups. Leur monde par la même occasion intrigue car même si plus d’une scène nous rappelle un quotidien contemporain, plusieurs pistes nous mènent à penser que les temps sont plus difficiles avec un déclin du monde possible ou probable. Le terrain familial est aussi original, c’est une première pour moi de lire les péripéties des rejetons de deux militaires. Ce terreau génétique a une influence sur leur besoin d’actions, de sports extrêmes, leur recherche de sensation…De fait, la narration aura un rythme intense, saccadé avec de nombreuses scènes d’action, du suspens et du mystère à en revendre.

Le nombre de personnages est assez limité ce qui s’apprécie dans un récit aussi court avec deux héros. Élie Darco a bien compris que le temps était compté et que devait primer le travail autour de ces deux héros. A mon sens, justement, cette fratrie est un personnage à part entière. Leurs liens frères-sœurs sont palpables, surréalistes tant ils sont forts. L’auteur décrit leur relation d’une justesse et d’une intensité, c’est impressionnant !

J’ai apprécié les aspects qui restent cachés jusqu’à la fin tout en sonnant juste et crédible à 100%. Le travail est d’une minutie, de calcul parfait pour aboutir à ce résultat que j’en reste sans voix. Par instant, j’ai eu envie de m’incriminer sur certaines choses mais le résultat final a tué dans l’œuf mes remarques notamment sur les amourettes présentes dans le récit qui étaient à mon sens d’une simplicité enfantine et rageante pour cela.

La longueur du récit est un frein à mon sens au plaisir de cette lecture. J’ai eu l’impression que l’auteur s’est freiné ou l’a été dans les descriptions sur ce monde différent avec ces couvre-feux, ses limitations sur les énergies, le détail de certaines actions notamment le travail d’Alec à la déchetterie et les découvertes, rencontres faites dans ce lieu. Des éléments sont parfois passés sous silence, l’auteur les assume mais en tant que lectrice j’aurais aimé les lire de manière approfondie pour avoir quelques pistes à gratter aussi.

En conclusion, je me suis fait balader de bout en bout, de surprises en surprises avec une action détonante dans un monde et un milieu original. Élie Darco est une technicienne de l’écriture, chaque élément introduit est précieusement calculé pour aboutir à un résultat totalement surprenant.

  • Maison d’édition : Editions Magnard
  • Nombre de pages : 220 pages
  • 4ème de couverture : Ballotés au gré des affectations successives de leurs parents militaires, Alec et sa sœur Beryl sont un peu livrés à eux-mêmes. Complices et inséparables, ils aiment repousser leurs limites et tenter des expériences dangereuses, quitte à enfreindre les règles. Mais quand la famille échoue dans une petite ville perdue au milieu de la forêt, loin de toute animation, l’ennui les gagne….

Yzé et le Palimpseste de Florent Marotta


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  • Maison d’édition: Editions Taurnada
  • Nombre de pages: 408 pages
  • 4ème de couverture: Ambre Delage est une lycéenne lambda. Orpheline de père et de mère, elle vit chez sa tante Lucy qui l’élève depuis sa naissance. Un soir, un événement dépassant l’entendement va brusquement la jeter dans un tourbillon de révélations qu’elle était loin d’imaginer. Dès lors, pour la jeune fille tout bascule. Il faut fuir. Fuir sa vie tranquille, fuir son identité. Mais qui est-elle vraiment ?
  • Y-a-t-il une suite? : Oui, elle est en cours d’écriture.

 

Mon avis: 

Ce livre m’a été proposée par les Editions Taurnada, je les remercie de tout cœur car cette lecture a été vraiment agréable et dépaysante.

Yzé et le Palimpseste est un livre tout en action. Un bref prologue en compagnie de Jared amorce une introduction afin de raconter l’histoire des Annales Akashiques dont le récit suivant fait partie du premier grimoire.

Celui-ci débute par la découverte d’un monde « futuriste » en comparaison du nôtre. En effet, le narrateur nous explique brièvement que des guerres, des épidémies ont décimé cet univers. De nombreuses villes ont été détruites en partie dont celle de Lyon où se déroulent les faits. Lyon est devenu Nova Lugdunum. Notre héroïne Ambre Delage y vit en compagnie de sa tante. Elle y mène une vie tout à fait anodine jusqu’au jour où…

L’intrigue débute à l’instant où le destin de ces deux femmes va radicalement évoluer. Elles se font attaquer par deux hommes et doivent fuir en dehors de la Nova. C’est l’occasion pour Lucy, la tante d’Ambre de lui révéler sa véritable identité dont son vrai prénom : Yzé.
L’auteur est ingénieux puisqu’en créant cette nouvelle vie pour notre héroïne, il nous permet à nous lecteurs d’apprendre à ses côtés des faits nouveaux, de découvrir le monde des Wicce, des sorciers, leur Histoire…

En parallèle, d’autres intrigues sont développées : une autour du réveil d’êtres puissants dont l’importance à venir semble cruciale, une autre avec les Magis, les ennemis des Wicces qui complotent autour d’une étrange prophétie et enfin avec deux Exaltés, une branche de la Fraternité de la Lumière, un mouvement religieux qui domine ce nouveau monde et se bat pour éradiquer les êtres magiques. Ces autres récits permettent aussi aux lecteurs d’apprendre par leurs biais des explications ou des faits complémentaires.
J’ai apprécié cette autre méthode de narration car elle rend l’intrigue attrayante et limite l’ennui.

Cependant, je pointe un léger bémol sur un contexte peu abouti notamment sur l’histoire de la création des Novas, les guerres plutôt récentes qui y ont amené. Florent Marotta met toute l’importance sur la genèse et l’histoire des êtres magiques du récit mais laisse le reste de côté. C’est bien dommage car cela m’aurait permis de mieux appréhender les causes et conséquences de ces villes qui ont perdu de leur importance, l’organisation nouvelle de la société tout comme la montée en puissance de la religion. Concernant les Magis et les Wicce, les détails donnés dans l’immédiat sont bien pensés, j’ai hâte d’en connaître la totalité.

Concernant les personnages, l’auteur en a crée une quantité non négligeable. Il y en a pour tous les goûts : entre les très méchants, ceux qui le sont un peu moins, ceux qui restent neutres, ceux qui sont plutôt gentils ou encore ceux qui jouent sur plusieurs tableaux, il y a de quoi développer des liens d’attachement avec un ou plusieurs protagonistes. A l’identique, les personnalités de chacun sont diverses. Je regrette juste que les deux jeunes amis d’Yzé, Izobel et Isaac soient des adolescents très ternes qui ne s’affirment pas. Au vu de leur importance dans le récit, cela reste décevant. J’espère que la suite saura faire évoluer ce petit défaut.

Un autre point qui m’a légèrement gêné est la facilité d’adaptation et de développement d’Yzé à tous ses changements. Aucune difficulté n’apparaît dans plusieurs apprentissages et j’ai trouvé qu’elle remettait vite en question certains fondements de la magie alors que ces jeunes compagnons qui côtoient ce monde dès leur plus jeune âge n’y ont même pas pensé, encore moins les adultes Wicces.

En conclusion, j’ai adoré être transportée dans cet univers où la magie autour de la sorcellerie est ingénieusement appréhendée avec des personnages magiques inventés de toute pièce. La richesse de l’intrigue est à noter, le travail réalisé pour aboutir à ce travail se ressent clairement et il est appréciable de trouver un récit cohérent. Florent Marotta a su créer un cocktail explosif d’actions, de mystères même si quelques petits défauts sont à pointer. L’écriture est fluide, il n’y a pas de temps morts ce qui laisse quand même supposer une suite très prometteuse que je lirais avec plaisir.

Dans l’immédiat, j’ai encore deux nouvelles du même univers à lire, j’espère y retrouver la même magie lors de la lecture. Les chroniques viendront en suivant.

Et pour en savoir un peu plus sur l’auteur, vous pouvez aller lire sa bio ici ou aller voir son site.