La Tour Noire de Louis Bayard


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  • Maison d’édition: Editions Le Cherche Midi
  • Nombre de pages: 403 pages
  • 4ème de couverture: Paris, 1818. Les expériences révolutionnaires et napoléoniennes ont vécu. Dans un pays en pleine confusion politique, les Bourbons, en la personne de Louis XVIII, sont de retour sur le trône. C’est dans ce contexte politique et social trouble qu’Hector Carpentier, un jeune étudiant en médecine, est soupçonné du meurtre d’un inconnu. Mais le directeur de la Sûreté nationale, François Eugène Vidocq, doute de la culpabilité d’Hector.
    Personnage mystérieux, féru d’investigations scientifiques et d’espionnage, Vidocq doit mettre tous ses talents en oeuvre lorsqu’il comprend que l’affaire est liée à la disparition du Dauphin, Louis XVII, officiellement mort en 1795 à l’âge de 10 ans à la prison du Temple, construite cinq siècles plus tôt par les Templiers. Alors qu’un tueur mystérieux continue à sévir dans les rues de Paris, commence pour Vidocq, secondé d’Hector, une enquête passionnante.

Mon avis :

J’ai lu ce livre dans le cadre du challenge organisé par Sabine alias Magiciennedoz sur Livraddict « Challenge /énigme – Chacun son époque ». Pour ce mois-ci, c’est vers un polar que je me suis tournée. Un polar historique pour être précise puisqu’il se passe lors de la Restauration, période que j’ai choisi. Plus précisément, la drôle d’enquête menée par Vidocq et Hector Carpentier, étudiant en médecine, se déroule en 1818, lors de laquelle Louis XVIII est au pouvoir. Pourtant, la période napoléonienne est encore dans toutes les têtes comme la Révolution Française. Et c’est vers ses années révolutionnaires que l’intrigue va surtout tourner son regard en la personne du Dauphin autrement dit Louis XVII.

J’ai beaucoup aimé La Tour Noire. A la frontière entre le roman historique et la fiction, Louis Bayard nous entraine dans une enquête tout à fait crédible. J’avais déjà entendu parler de ces théories différentes autour de la disparition du Dauphin. J’ai apprécié lire la réécriture imaginée par l’auteur. Sa plume d’une richesse énigmatique s’y mêle très bien. Et alors, je salue le personnage de Vidocq. Un héros haut en couleur dont on attend la prochaine pitrerie ou au contraire le prochain acte autoritaire. J’ai découvert un pseudo Sherlock Holmes avec cet enquêteur au nez fin aux manières étranges. Le duo qu’il forme avec Hector Carpentier est désopilant. Cela fait du bien de trouver dans un récit qui s’attaque à un mystère historique plutôt sérieux un peu d’ironie et d’humour.

Dans ce livre, j’ai apprécié aussi ces passages correspondant aux contenus d’un journal sur les faits qui concernent l’enquête. Cela apporte de nombreux renseignements tout en donnant du suspens.

Sur l’ensemble de mes lectures du challenge, je pense que cette dernière correspond le mieux à ce que j’attendais de découvrir sur cette époque, sur les mœurs du peuple… Un livre complet et riche au travers de son contexte, qui ne fait pas d’un tabou que plus d’un Français vit encore un peu dans le passé avec de la nostalgie soit pour la Révolution soit pour l’Empire Français.

En conclusion, j’ai beaucoup apprécié ce polar. Il est addictif c’est le mot. Vidocq, héros énigmatique donne du caractère à ce roman. Je le recommande aux amateurs de ce genre surtout si les enquêtes de Sherlock Holmes et celles de Nicolas Le Floch font parties de vos préférées.

Lu dans le cadre du challenge /énigme – Chacun son époque – Restauration 1815-1830

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Et lu dans le cadre du challenge Polar Historique  (5/6)

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Un intérêt particulier pour les morts d’Ann Granger


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  • Maison d’édition: Editions 10/18
  • Nombre de pages: 379 pages
  • 4ème de couverture: Nous sommes en 1864 et Lizzie Martin accepte un poste de dame de compagnie à Londres auprès d’une riche veuve qui est aussi une propriétaire de taudis. Lizzie est intriguée d’apprendre que la précédente dame de compagnie a disparu, apparemment après s’être enfuie avec un inconnu. Mais quand le corps de la jeune fille est retrouvée dans les décombres de l’un des bidonvilles démolis récemment autour de la nouvelle gare de St Pancras, Lizzie commence à se demander ce qui s’est passé. Elle renoue avec un ami d’enfance, devenu l’inspecteur Benjamin Ross, et commence à enquêter avec son aide, au péril de sa vie, pour découvrir la vérité sur la mort de la jeune fille dont le sort semble étroitement lié au sien.
  • Y-a-t-il une suite?: Oui 4 tomes sont déjà parus.

 

Mon avis:

C’est dans le cadre du défi Minérine que nous nous sommes lancées avec Mina que j’ai lu Un Intérêt particulier pour les morts. A l’origine, ce livre avait atterri dans ma PAL suite à un très bon avis sur La curiosité est un péché mortel qui est le 2ème tome de cette série avec Lizzie Martin pour héroïne récurrente. Par logique, j’ai voulu découvrir cette saga par son début, ce qui est chose faite maintenant.

Un Intérêt particulier pour les morts est véritablement un tome introductif qui marque l’entrée de Lizzie Martin dans la vie londonienne avec son installation en tant que dame de compagnie chez une veuve, Mrs Parry, seconde femme d’un ami proche de son défunt père. Cette dernière l’introduit dans sa maisonnée suite à la disparition de Mary Newling qui occupait la place de dame de compagnie précédemment. Cette information Lizzie l’apprend assez tardivement c’est-à-dire au moment où des enquêteurs supposent que la dépouille de Mary Newling est celle retrouvée sur un chantier. Cela vous donne une idée de l’ambiance qui règne dans cette maison où beaucoup de sujets sont tabous, où plusieurs personnages qui y vivent ou la côtoient en imposent et font régner un cadre de vie qui se veut exemplaire.

Les premiers chapitres débutent de manière bien morose avec un personnel et un entourage antipathique qui représente très bien la société londonienne stéréotypée du XIXème siècle. Il y a le docteur Tibett, ami proche de Mrs Parry qui décide des sujets de discussion à aborder et passe son temps à faire la morale mais aussi Franck, le jeune protégé de la tante Parry qui vit sous son toit, travaille au Foreign Office, un vrai dandy au caractère surprenant. Parmi le personnel, le majordome et son tyran de femme font la loi et permettent à leur patronne de mener une vie bien cadrée et menée à la baguette. En quelques pages, l’ennui pointait son nez mais ce n’était sans compter notre chère Lizzie qui nous réveille de notre torpeur avec son don particulier, celui d’attirer la mort.

Notre jeune provinciale a comme l’indique le titre un intérêt particulier pour les morts mais surtout elle donne l’impression d’être un aimant à la mort. Fille d’un père médecin qui jouait à l’occasion le légiste pour des accidents ou des meurtres locaux, elle arrive dans Londres, croise bien rapidement un convoi funèbre et en plus, elle remplace une personne décédée dans des circonstances inhabituelles. En conclusion, soit Lizzie n’est vraiment pas chanceuse soit la Faucheuse la pourchasse dans son quotidien. J’opte pour la seconde option car l’héroïne est de nature curieuse et ne considère pas cela comme malheureux. Enfant, elle se cachait pour suivre son père quand il était appelé pour examiner des morts et dans cette histoire, elle est l’une des premières à mener l’enquête sur le décès de Mary.
Cette enquête sera menée en binôme officieusement avec Benjamin Ross, un inspecteur de Scotland Yard qui sera heureux de trouver du soutien de la part de Lizzie pour résoudre cette sombre affaire. Cette homme m’a beaucoup plu, il a été très critiqué par la plupart des Londoniens qu’il a croisé dans son enquête mais quand on connaît son histoire personnelle et qu’on observe sa détermination pour trouver le coupable il est remarquable.

J’ai aimé ce récit car l’ambiance est très réaliste autant sur le contexte avec un Londres de l’époque, ses quartiers malfamés, l’évolution de la ville, sa population et autant sur l’intrigue qui nous permet de suivre une enquête pas à pas. Le lecteur apprend avec les enquêteurs les informations que les témoins veulent bien dévoiler, le lecteur cherche les suspects aussi parmi les personnes les plus probables qui auraient pu commanditer ce meurtre… C’est un récit vivant et riche qui permet quelques surprises en plus avec un travail assez soigné sur chaque protagoniste.

Je lirais la suite maintenant car l’histoire personnelle de Lizzie m’intrigue. Merci Mina, j’étais contente d’avoir sorti ce livre de ma bibliothèque et de découvrir Ann Granger à l’occasion.

Pour lire son avis sur le livre qu’elle a lu pour notre 2ème défi c’est par ici.

Lu dans le cadre du défi Minérine

Et lu dans le cadre du challenge Polar Historique

 

 

L’énigme des Blancs-Manteaux de Jean-François Parot


  • Edition: Editions 10/18
  • Nombre de pages: 377 pages
  • 4ème de couverture: 1761. Nicolas Le Floch quitte sa Bretagne natale pour se mettre au service de M. de Sartine, chef des affaires secrètes de Louis XV. Nicolas prend vite du galon. Le voilà plongé dans une ténébreuse affaire. Meurtres, vols, corruption : secondé par l’inspecteur Bourdeau, il dénouera peu à peu les fils de cette enquête, qui touche de près le roi et la Pompadour…
  • Y-a-t-il une suite? oui, la saga compte 11 tomes au total

Mon avis:

L’énigme des Blancs Manteaux fait partie des romans écrits par Jean-François Parot que j’avais déjà eu l’occasion de lire il y a quelques années. Je m’étais promis de retrouver Nicolas Le Floch afin de lire les derniers livres parus. Pour plus de commodités, j’ai décidé de reprendre dès le premier tome. Je l’ai relu dans le cadre de la lecture commune sur Nicolas Le Floch  organisée par Coconut (LC prolongée jusqu’à août-septembre) qui s’adaptait totalement à mon envie.

L’énigme des Blancs-Manteaux c’est le premier tome d’une saga de polars historiques qui a pour personnage récurrent : Nicolas Le Floch. Nicolas, c’est un joli breton impulsif, rusé, tactique, gourmand… On le découvre après son départ de sa Bretagne Natal pour Paris où il réussit à entrer dans la Police sous les ordres du lieutenant Général, Mr de Sartine. Nicolas suit d’abord une sorte de formation puis est nommé enfin sur une enquête importante qui représente l’intrigue de ce tome.

Ce récit se concentre sur une affaire d’état, en effet les ennemis du Royaume de France pourraient s’emparer de documents pouvant nuire au monarque et à l’Etat. Nicolas va devoir retrouver ses documents compromettants sauf que tout est loin d’être simple car la personne qui en disposait à tout simplement disparu.

Entre meurtres, complots, recherches, combats… le lecteur n’a pas le temps de s’ennuyer.

Ce livre c’est l’occasion de suivre l’entrée dans le métier de ce jeune breton mais aussi sa vie familiale, amoureuse. Concernant son métier, on suit ses inquiétudes, ces constats sur le genre humain, la vie en général, la société, ce qui lui arrive. Il doute beaucoup, il s’interroge aussi sur son entourage comme son collègue, l’inspecteur Bourdeau. Ce sera une manière détournée d’en apprendre davantage sur ce protagoniste au lecteur.

Nicolas dans ce tome est jeune, il est encore naïf, très impulsif même s’il cache des qualités très intrigantes pour son jeune âge : il a de l’esprit, il ruse très bien comme s’il avait déjà des années d’expérience devant lui. Jean-François Parot s’est doté d’un personnage qu’on pourrait qualifier de « perle rare », c’est un héros qui a des défauts mais très minimes. Il a une carrière fulgurante, il surprend déjà dès ce premier épisode de cette nouvelle vie à Paris. Nicolas vit beaucoup de choses dans ce tome, des plus mauvaises comme la perte d’être cher, des déceptions amoureuses…aux plus bonnes comme le nouveau grade obtenu dès la fin du livre, sa rencontre avec le Roi.

Cette série est prometteuse dès ce premier livre. Le vocabulaire est complexe et attachée au contexte : l’époque comme le milieu policier. L’auteur marque le temps aussi pour donner quelques repères « temporelles » (date) à son lecteur peut être afin de limiter la complexité de l’intrigue et de renforcer l’idée qu’on suit pas à pas l’enquête en compagnie de ses professionnels… Et surtout des domaines sont abordés avec une plume et des recherches de qualité comme la gastronomie et l’anatomie. Les passages concernant la gastronomie sont mes préférés, cela excite mes papilles, donne des envies de découvrir de nouveaux plats et d’entrer par une petite porte dans la cuisine et de s’installer en compagnie de Nicolas pour goûter ce qui nous ait décrit…

La suite promet des aventures hautes en couleur … N’hésitez pas pour ceux et surtout celles qui ne sont pas encore laissés tenter. Et il y a la série télé aussi qui est juste excellente.

Lu dans le cadre de la lecture commune sur Livraddict organisée par Coconut

Lu dans le cadre du challenge Polar historique organisé par Samlor

Rendez-vous passage d’Enfer de Claude Izner


Lu dans le cadre du Challenge sur les Polars historiques organisé par Samlor:

  • Edition: Editions Folio (Grands détectives)
  • Nombre de pages: 343 pages
  • 4ème de couverture:Par une chaude nuit d’Août 1895, la chute d’une météorite en forêt de Montmorency bouleverse le train-train du libraire-enquêteur Victor Legris, de son père adoptif Kenji Mori et de Joseph Pignot, ancien commis récemment promu associé.
    Cet événement spectaculaire entraîne, suite à un rocambolesque concours de circonstances, une série de meurtres mystérieux. Lancée à la poursuite d’une confrérie haute en couleur dont les membres ne font pas de vieux os, d’un jeune gandin en quête d’un trésor et d’une pierre maudite, l’aventureuse équipe, sillonne un Paris de fin de siècle gouailleur et canaille à un rythme d’enfer.
    Rendez-vous est pris avec le diable!…

Mon avis: 

J’avais acheté ce livre il y a quelques mois dans le cadre de mon challenge sur les polars historiques. Je me faisais déjà une joie de cette lecture rien que par le titre qui avait l’air de laisser présager une intrigue riche et originale. Cependant, la réalité fut toute autre.
Ce livre narre une enquête de Victor Legris, personnage récurrent des auteures se cachant sous le pseudonyme de Claude Izner, qui se déroule à la fin du XIXème siècle plus particulièrement lors de l’année 1895. Par pur hasard, ce curieux libraire aidé de son associé Joseph Pignot vont se mettre sur la piste de meurtres en série assez mystérieux. Coïncidence, les personnes assassinées auraient toutes appartenues à l’association qu’avait créée Emile Legris, défunt père de notre enquêteur. Qui donc aurait eu intérêt à mettre fin à leur vie et pour quelles raisons ? C’est ce que notre duo d’investigateur sera chargé de découvrir afin de faire cesser les assassinats perpétrés.

Cette enquête, à première vue paraît plaisante, originale mais elle se fait tout d’abord bien attendre. Une centaine de pages devront défiler avant de voir l’action commencer concrètement. La mise en place du contexte sera longue, même énorme pour les lecteurs qui suivent les enquêtes de Victor Legris depuis plusieurs polars déjà et sûrement au point sur cette fin du XIXème siècle. Parallèlement la présentation des personnages l’ait tout autant. Le nombre important de protagonistes n’aide pas à s’y retrouver, c’est l’un des premiers points qui a rendu ma lecture ardue ainsi que l’étalage de leurs pensées, de faits de vie insignifiants qui composent leurs quotidiens à chacun. Ajouté à cela, le déploiement de la culture de nos deux auteurs pour rendre ce siècle beaucoup plus réaliste. C’est un pari réussi mais en contrepartie de l’ennui du lecteur qui ne connait pas grand monde dans les personnes célèbres citées ou autres œuvres artistiques, littéraires, et qui comme moi n’attend sûrement qu’une chose, de l’action.
Avec soulagement, au bout d’un certain nombre de pages, les meurtres ont démarré et le jeu de piste a suivi quelques temps après, le temps que nos deux curieux Victor et Joseph se rendent compte qu’une enquête croustillante se déroule sous leur nez. Cependant, les défauts relevés au début du roman ont continué, si bien qu’à mon goût la recherche de l’assassin apparaissait plus en second plan qu’autre chose. Je me suis vraiment accrochée pour finir ce livre, à plusieurs reprises j’ai pensé arrêter mais j’avais quand même envie de valider une lecture de plus pour mon challenge et il faut le dire, connaître le nom du meurtrier.

La lectrice de policier en tout genre que je suis, est donc véritablement ressortie frustrée de cette lecture. Je reconnais que Claude Izner a du talent pour mettre en scène ses meurtres dans le Paris du XIXème siècle, beaucoup moins pour développer ses personnages. Trop de détails tue la description surtout quand ils arrivent à en être insignifiant. Le but était sûrement d’en faire des individus connus, familiers au lecteur mais l’ennui a plus vite eu raison de l’objectif premier. C’est bien dommage car j’ai trouvé beaucoup de volonté pour faciliter la lecture en cherchant à nous embarquer dans un réalisme proche du siècle décrit. Et je suis vraiment mais vraiment déçue par la faible ampleur qu’a prise l’enquête. Elle avait du potentiel avec les nombreux antagonistes cherchant à résoudre cette « énigme », la mise en scène de chaque meurtre et bien d’autres éléments qui aurait pu en faire un bon polar.

 

Concernant les personnages, j’ai aussi fini par trouver bien fade cette drôle de famille recomposée. Chacun a son caractère comme Kenji Mori, beau-père de Victor qui lutte pour que sa librairie fonctionne à contrario de ses deux associés qui y préfèrent leur passion. Iris (fille de Kenji), quant à telle est une jeune mère qui lutte entre sa condition de femme au foyer et son envie d’écrire, jeune femme douce cependant à l’inverse d’Euphrosine, avec son caractère détestable qui fait des histoires pour des détails et d’autres encore qui s’opposent. J’ai trouvé que chaque descriptif des scènes de vie faisaient clichés et sonnaient faux. C’est un avis personnel malgré tout, j’avoue que j’aime plutôt quand les protagonistes d’une histoire mènent des vies plus entrainantes. Dans le cas présent au XIXème siècle, le quotidien des familles et ménages ressemblaient sûrement fort à l’univers décrit.

Vous l’aurez compris c’est une véritable déception mais s’il y a des passionnés d’Histoire concernant le XIXème siècle, lisez-le il risque de vous plaire.