Vices – 2e enquête : Zabulu de Gipsy Paladini


zabulu

Zabulu la 2ème enquête de Vices de Gipsy Paladini est une série dont les tomes peuvent se lire indépendamment. Je n’ai pas lu la 1ère enquête et je n’ai pas ressenti de difficultés particulières à appréhender l’intrigue ni ses personnages. Certaines histoires personnelles pour quelques personnages pourraient nécessiter d’avoir lu le premier tome pour comprendre l’ensemble des tenants et aboutissants mais il est aussi possible de faire sans.

L’intrigue est incisive, elle nous prend aux tripes dès les premiers chapitres avec une plume franche et directe. Gipsy Paladini est très directive et va à l’essentiel.

Le corps d’une Africaine est découvert brûlée au cœur d’une cité, qui a pu commettre un tel crime et surtout pour quelles raisons ? Zolan, Marie et les membres de leur équipe vont chercher, fureter, interroger, s’intéresser à la vie, à certaines anecdotes pour comprendre et trouver le ou les coupables.

En parallèle, l’histoire alterne certains chapitres avec des enquêtes un peu plus secondaires ou bien avec la vie privée des personnages ou les relations au sein de l’équipe.

De manière générale, l’auteur noie ce récit dans un contexte très raide en pleine banlieue avec une population multi-ethnique avec de nombreux personnages apparaissant en second plan qui trainent leurs problèmes, vivent dans des tours insalubres, de petits boulots voire de larcins et autres inventions pour s’en sortir. L’ambiance est donnée, il ne faut pas chercher une histoire gaie si vous souhaitez lire cette enquête.

Les enquêteurs pour la majorité trainent aussi leurs casseroles mais nous apportent aussi le sourire avec des scènes parfois totalement délirantes et ironiques. Les plaisanteries m’ont parfois paru un peu lourdes et décalées mais semblent plutôt vraisemblables avec une équipe majoritairement masculine avec un humour parfois gras et grinçant qu’on peut très bien imaginer que cela pourrait être la réalité d’un commissariat…

L’enquête avance par petits bouts et le lecteur a la possibilité de raisonner au même rythme. Rien ne sort du chapeau pour la résolution de cette enquête et j’ai apprécié. La psychologie est souvent mise en avant, elle est même souvent au cœur des raisonnements ou des discussions avec les personnes interrogées. Cette enquête policière nous invite à réviser nos a-prioris, à chercher à penser comme les potentiels suspects, à prendre en considération leurs cultures, leurs histoires, leurs vécus avant de tirer des conclusions hâtives.

En conclusion, Zabulu est une intrigue policière à lire si vous cherchez un polar à la plume singulière où les aspects sociologiques et psychologiques sont fortement mis en avant dans les réflexions et explications apportées aux différents passages à l’acte.

  • Maison d’édition : Editions 12/21
  • 4ème de couverture : Le temps ou Marie se rêvait en justicière insoumise appartient au passé. Arrachée à sa campagne natale, condamnée aux artères viciées de la ville qui accueille la Brigade des jeunes victimes ou elle officie en tant que lieutenant, la jeune provinciale doit au plus vite se faire une place au sein d’une équipe de flics à vif. Qui est l’homme dont Zolan crie le nom chaque nuit ? D’ou vient cette fureur qui dévore Sophie ? Pourquoi, chaque premier jeudi du mois, le commandant reçoit-il toujours la même carte postale ? Autant de secrets dissous dans les ténèbres urbaines au fond desquelles Marie espère enterrer le sien…Dans cette nouvelle enquête, la Brigade des Jeunes Victimes est appelée à la cité des 608 : le jeune Djibril a disparu et une vieille femme, Adolphine, a été retrouvée brûlée vive dans son appartement. Ces deux événement sont-ils liés ? Les enquêteurs se retrouvent confrontés aux croyances des habitants et aux rumeurs du quartier. Démêler le vrai du faux va se révéler bien délicat.

    Si le monde selon Gipsy Paladini se donne sous ses atours les plus noirs, ne vous fiez pas aux apparences : sa voix est lumineuse et perce avec rage l’obscurité.

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Le manoir de l’écureuil, 2ème partie de Serge Brussolo


Le manoir de l'écureuil, PARTIE2 de Serge Brussolo

La fin de la première partie nous laissait sur notre faim, pantelant, curieux de découvrir la suite de l’histoire. C’est avec une reprise de la narration étonnante que nous reprenons le fil de l’intrigue. Mickie l’héroïne reçoit le journal intime de sa mère. Une belle perspective pour la lecture puisque nous avons l’assurance de découvrir un témoignage vrai (si la source est sure bien évidemment) sur le passé de la mère de l’héroïne et de son étrange relation avec Savannah Warlock.

C’est inattendu, bien trouvé même si j’ai trouvé dommage de perdre de vue Mickie durant une grande partie de cette suite. Pour la découvrir un peu plus, je n’ai pas commencé par le bon tome et je vais devoir reprendre les autres titres parus de l’Agence 13 pour me faire une meilleure idée sur cette jeune femme.

J’ai eu l’impression que l’histoire s’essoufflait puisque nous perdions l’ambiance de terreur avec ce climat « pourri » avec son désert, sa population déjantée et toutes les menaces présentes.

D’un autre côté, avec ce témoignage de première main, nous avons l’ensemble des réponses à nos questions et nous découvrons tout un personnage au travers d’Anna Katz, l’illustratrice personnelle de Savannah Warlock. Mickie quant à elle découvre une grande partie de son histoire familiale, ce qui n’est pas négligeable dans l’évolution d’un personnage.

Après la lecture du journal intime, le rythme devient plus intense avec un dénouement rapide et survoltée. Par un tour de passe-passe, Serge Brussolo aborde une fin toute aussi curieuse que l’ensemble du récit mais qui fonctionne.

En conclusion, Le Manoir de l’écureuil dans cette seconde partie m’a surtout déçue par la perte de son ambiance originelle même si le contenu restait relativement intéressant. Je conseille ce récit pour se changer les idées et pour découvrir une plume singulière.

  • Maison d’édition : Edition 12-21
  • Nombre de pages : 91 pages
  • 4ème de couverture : A Salton Sea, Mickie Katz, décoratrice d’intérieur au sein de l’Agence 13, est en plein travail : elle s’occupe du manoir de Savannah Warlock, célèbre romancière disparue dix ans auparavant dans des conditions demeurées obscures.
    Suite à plusieurs événements (voir Le manoir de l’écureuil, 1re partie), Mickie entre en possession d’un journal intime tenu autrefois par sa mère morte des années plus tôt dans l’incendie de sa maison. La lecture de ce journal va plonger Mickie dans la perplexité et l’incompréhension. Sa vie serait-elle fondée sur des mensonges ?

Les dossiers de l’Agence 13 : Le Manoir de l’écureuil, Première partie de Serge Brussolo


lemanoirdel'écureuilpart1sergebrussoloLa première partie du dernier Dossier de l’Agence 13, Le Manoir de l’écureuil de Serge Brussolo a été une lecture choisie avant tout sous le joug de la curiosité. En effet, l’auteur fait tilt dans mon esprit à une de mes lectures, celle de Peggy Sue, que j’ai faite durant mon adolescence mais surtout aux très bons échos d’une amie blogolectrice Mina qui lit régulièrement les ouvrages de Serge Brussolo. J’avais une grande envie de le découvrir avec une lecture plus mature avec cette dernière parution. Objectif 100% atteint car cet ouvrage n’est pas à mettre dans les mains de tout le monde.

L’ambiance est très sombre dans le fin fond du désert, à Salton Sea, où l’héroïne Mickie Katz est missionnée pour la réfection du manoir de Savannah Warlock, romancière défunte ou si on veut se compliquer la vie, plutôt portée disparue. C’est par le biais de l’Agence 13, en urgence que son patron Devereaux la recommande à Benjamin Lovsson, représentant de la maison d’édition de Savannah possédant la tutelle sur les biens et ouvrages de l’écrivain.

L’histoire est assez singulière au travers de son ambiance « pourrie », entre le climat désertique, le coin pollué et isolé, le très faible taux d’individus tous marginaux y vivant, Mickie n’a pas choisi un coin très prestigieux pour cette nouvelle mission. Le début n’est qu’un faible avant-goût de la suite qui sera associé à des évènements étranges, violents, mystérieux rendant ce lieu déjà flippant encore moins accueillant. La paranoïa et la folie paraissent prendre le dessus tout en développant une panoplie de questions autour de la vie de Savannah Warlock, ses œuvres mais aussi autour de sa prétendue mort.

Ce n’est pas anodin et cela permet d’insuffler du suspens, des faits troublants mais questionnant car Brussolo se permet de rendre ce récit encore plus vivant en choisissant de créer une coïncidence troublante soit un lien professionnel ancien entre sa propre mère et la romancière.

Je reste légèrement déçue cependant que les objectifs de l’Agence 13 ne soient pas plus développés ni les anciennes missions de l’héroïne car je n’ai pas lu les tomes précédents et quand la première de couverture fait référence à un dossier N°4, il est facile de s’attendre à des liens plus conséquents avec le passé des protagonistes.

Personnellement, le cynisme et la singularité du récit m’ont parfois peu emporté et pourtant j’admire le dosage de l’ambiance avec ce personnage disparu qui ont une intensité inquiétante plutôt intéressante. La fin de la première partie est suffisamment attrayante pour attendre désespérément la suite qui paraitra en juin.

Méli-mélo d’avis #2


Je crée ce rendez-vous afin de partager mes dernières lectures avec des avis plus courts car je n’ai pas toujours le temps de m’attarder à faire des chroniques pour chacune de mes lectures. Ainsi par ces billets sous cet intitulé, voici mes dernières lectures et impressions.

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