On ne sait jamais ce que le passé nous réserve d’Edouard Moradpour


 

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On ne sait jamais ce que le passé nous réserve d’Edouard Moradpour, débute par les observations d’Antoine, un écrivain, lors de son temps libre ou de ses pannes d’inspiration d’un couple de personnes âgées qui se retrouvent chaque jour, même heure, même endroit. Cela intrigue cet homme, surtout « cet amour qui transpire » de ce couple. Jusqu’au jour où Hortense vient s’asseoir à côté d’Antoine sur un banc public juste à côté du coin des retrouvailles des deux amants. L’écrivain est inquiet et désemparé, il est dans l’attente de revoir ce petit couple qui a égayé des semaines de son quotidien et pourtant, encore une fois, ils ne sont pas là et manquent un énième rendez-vous.

Surprise, cette dame-là juste à côté de lui, cette Hortense, c’est la fameuse dame qui rencontrait son amant. Et elle s’adresse de but en blanc à Antoine avec une demande très spéciale.

S’ensuit les présentations et l’histoire de cette femme, le récit de sa vie pour en venir au fameux drame qui est l’objet de sa demande dont elle somme Antoine d’aller tout raconter à la police une fois qu’elle aura fini son récit.

Cette histoire c’est celle d’une vie qui remonte aux années 40 durant la Seconde Guerre Mondiale puis aux années suivantes entre heures sombres et périodes bénies. L’intrigue est passionnante, fouillée.

Hortense est une belle femme, intelligente qui plus est mais avec une très grande estime d’elle, elle est utile aussi, active, amoureuse, passionnée. Peut-être un peu trop de qualificatifs positifs mais c’est ainsi qu’elle transparait aux yeux du lecteur. Bien sûr, elle a des passages de sa vie moins reluisants mais elle reste toujours une femme fière, qui prend ses responsabilités, assume ses écarts et finalement, l’image de ce personnage reste presque lisse, proche de la perfection. Avec son caddy, ses petites pauses déjeuner en compagnie d’Antoine, nous rentrons dans leur intimité, leur routine…

Le récit avec ingéniosité vient titiller ces impressions un peu trop parfaites. Tout naïf, le lecteur se rend compte qu’il a lu et tout pris pour argent comptant et puis tout naïf encore, il va douter parce qu’Edouard Moradpour a envie de le faire douter. Cet auteur est un joueur, un tourmenteur.

Ainsi pointent quelques questions, comment savoir si cette presque perfection ne pourrait pas cacher une part sombre ? Jusqu’où la sincérité de cette Hortense que l’on ne connait pas peut-elle aller ? Jusqu’où l’auditoire peut-il se perdre, peut-il faire confiance ?

Avec un seul point de vue, finalement, nous sommes en droit de douter, nous lecteurs, petit œil naïf qui suit assidûment les histoires de vie de notre Hortense.

Mais honnêtement, on s’attache tellement qu’il devient difficile de douter. Elle est honnête, elle a une vie bien rangée, pourquoi devrions-nous douter ? Mais, elle veut qu’on la dénonce à la police, dit une petite voix dans notre tête donc au fond, elle a bien dû faire quelque chose de très grave non ?

Oui ce roman met le doute, il devient parfois un enfer d’émotions entremêlées. On doute de la vérité mais est-ce qu’on veut vraiment connaître cette réalité avec grand V surtout si elle n’est pas semblable à ce qui a été raconté par Hortense. Egoïstement, nous voulons peut-être tous que cette histoire finisse bien de sur de belles notes pleins d’espoir, d’amour entre Hortense et son amoureux avec leur histoire si belle, si poignante que l’auteur nous a si bien dépeinte.

Et même Hortense est-ce qu’elle a envie, elle, dans ce huis-clos à ciel ouvert dans lequel s’elle s’est enfermée de tout dire, de dire la vérité ? Au fond, elle veut juste qu’Antoine aille raconter ce pourquoi elle veut le missionner mais est-ce si facile à avouer ?

Pas fleur bleue, la fille mais vraiment pas du tout et pourtant j’ai adoré ce récit nous titillant lecteurs comme protagonistes sur des zones sensibles de nos émotions, de nos histoires de vie, de ce qu’on voudrait cacher, de ce qu’on aime assumer… C’est un récit plein de vie, une histoire d’amour dévorante ayant tourné la tête durant toute une vie notre héroïne mais c’est un peu plus que cela aussi avec tous les questionnements qui en découlent.

Edouard Moradpour a une plume magique, son livre se lit vraiment tout seul. Ses connaissances sont étayées pour nous fournir un contexte historique crédible et réaliste. Et si cette histoire était vraie ? Après ce huis-clos à ciel ouvert, je suis pressée de lire d’autres ouvrages de cet auteur.

Merci aux Editions Fauve pour cette très belle découverte!

 

  • Maison d’édition : éditions Fauves
  • Nombre de pages : 290 pages
  • 4ème de couverture : En suivant un dialogue teinté de secrets et de faux-semblants entre Antoine, écrivain en mal d’inspiration et Hortense, octogénaire mystérieuse et ambigüe, le lecteur traverse les années de la Résistance et de la collaboration.
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La Balance de l’amour de Marie-Christine Noyer


La balance de l'amour de Marie-Christine Noyer

La Balance de l’amour de Marie-Christine Noyer a ébloui mes yeux avec sa magnifique couverture de fleurs bleues. Le synopsis m’a un peu moins emballée sur l’instant avec cette histoire d’amour déjà citée mais la tentation a été si forte que conquise à 90 % par le visuel de l’ouvrage, j’ai décidé de sauter le pas et de marquer mon intérêt auprès des éditions Persée pour ce livre. Je les remercie en retour pour cette très belle découverte.

Marina, mère de famille, mariée très jeune est mise à mal dans cet ouvrage. Son couple est à bout de souffle, son mari choisit de partir et de la laisser elle et leur fils. C’est un gouffre pour Marina, elle peine à remonter la pente, à se reconstruire, à se retrouver en tant que femme. La destinée place dans la vie de la jeune femme, un homme à qui elle va commencer à s’attacher. Ce nouvel amour n’est-il pas trop beau? N’arrive-t-il pas trop rapidement? Quel avenir pour lui ?

Marie-Christine Noyer décrit ce processus de « reconstruction » suite à une rupture conjugale avec finesse et réalisme. L’auteur va tirer les ficelles avec justesse. Chaque nouvel évènement apparaît succinctement. L’auteur ne s’éternise pas sur l’action mais bien sur les conséquences de certaines situations de la vie au travers d’émotions, de sentiments…

Les réflexions à ce sujet sont abouties, les relations humaines pertinentes pour apporter de la matière à ce récit.

Il y a bien de l’amour mais c’est surtout une porte d’entrée pour parler d’un incontournable dans nos vies humaines. Pour les lecteurs qui comme quoi évitent régulièrement les romances, cet ouvrage ne comporte aucun passage dégoulinant, rien de trop cru ni d’inutile, vous pouvez vous rassurer et foncer.

Ce livre se lit très vite, a des personnages authentiques et comme le dit si bien la 4ème de couverture, l’auteur a un don pour transformer le banal en une véritable histoire de vie. L’ennui n’est pas possible, ce récit sonne juste et vrai. Les choix de l’héroïne pourront plaire ou déplaire mais concernant mon appréciation personnelle, j’ai réussi à passer outre et à m’attacher aux mots, aux émotions que ce récit a pu déclencher en moi. Sur l’instant, j’ai pu rester figée et perplexe sur certaines situations mais avec le recul on peut entrevoir l’ensemble sous un autre angle. Ce récit est plus profond qu’on ne pourrait le supposer avec ces 142 pages.

Pour ma part La Balance de l’amour a été une vraie pépite capable de me réconcilier avec un genre de roman qui n’a que rarement ma préférence. Merci.

  • Maison d’édition : Editions Persée
  • 4ème de couverture : Un couple marié trop jeune et un mari qui s’en va courir après son adolescence perdue. Une jeune mère dont le quotidien bascule dans la solitude. Un nouvel amour trop beau pour être vrai. Marina retrouvera-t-elle le bonheur qu’elle mérite ?
    Cet ouvrage s’adresse aux dames de toutes sortes et de tous âges qui ont en commun une fleur bleue à la place du coeur. Puissent-elles se reconnaître dans ce portrait de femme et visiter en chemin notre beau pays d’Oc.
    Marina nous laisse apercevoir ses forces et ses faiblesses de femme, de mère et d’épouse.
    L’auteur nous invite à partager les doutes et la rancoeur de ces personnages aussi complets que complexes, avec lesquels on pardonne pour le regretter parfois. Marie- Christine Noyer possède un don certain pour transformer le banal en une véritable histoire de vie.
  • Nombre de pages : 142 pages

Méli-mélo d’avis #2


Je crée ce rendez-vous afin de partager mes dernières lectures avec des avis plus courts car je n’ai pas toujours le temps de m’attarder à faire des chroniques pour chacune de mes lectures. Ainsi par ces billets sous cet intitulé, voici mes dernières lectures et impressions.

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Les Stagiaires de Samantha Bailly


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  • Maison d’édition: Editions Milady
  • Nombre de pages: 350 pages (existe aussi en version EPUB)
  • 4ème de couverture: Ophélie, Arthur, Hugues et Alix viennent tous d’horizons différents. Leur seul point commun : ils rêvent de travailler chez Pyxis, entreprise spécialisée dans l’édition de mangas et de jeux vidéo, pilier dans le secteur de l’industrie créative.Une réalité s’impose rapidement : beaucoup de candidats, peu d’élus. Désormais, le stage est devenu une étape obligatoire pour ces jeunes qui sont à la croisée des chemins dans leurs vies professionnelles et affectives.
    Provinciale tout juste débarquée, Ophélie a laissé derrière elle petit ami et logement, et doit faire face aux difficultés de la vie parisienne.
    Étudiant en école de commerce, Arthur est tiraillé entre les grands projets qu’on a pour lui et son envie de mettre la finance entre parenthèses. À leurs côtés, Alix, passionnée de mangas, ne jure que par ses sagas favorites, et Hugues, graphiste, teste ses limites dans les soirées électro…
    Dans une atmosphère conviviale, travail et vie privée s’entremêlent.
    Pourtant, une question demeure en fond sonore : qui restera ?Quand la « génération Y » entre en collision avec le monde du travail : un récit marquant dans lequel beaucoup de jeunes adultes se reconnaîtront.

 

Mon avis: 

Les Stagiaires a été lu dans le cadre d’une lecture commune avec Valérie du blog Un livre telle qu’il me passionne.Je l’ai lu en EPUB, gagné lors de l’opération #OP1000K Bragelonne en 2014 et je n’étais pas très motivée pour le débuter. Ma binomette m’est venue en aide pour le sortir de ma PAL et nous avons passé de très bons moments à échanger sur nos impressions.

En début de lecture, j’avais des appréhensions mais aussi de nombreuses attentes. J’avais peur de lire une histoire de vie sans rien de transcendant. J’espérais si cela se confirmait que les sujets abordés soient traités en profondeur avec une évolution possible des personnages. Le prologue très prometteur m’avait un peu rassuré avec deux entretiens d’embauche très différents qui permettaient d’appréhender les deux personnalités des protagonistes.

Avec Valérie, nous avons eu une préférence toutes les deux pour Ophélie, une stagiaire dans le service communication chez Pyxis, une entreprise spécialisée dans l’édition de mangas et de jeux vidéo. Elle aime le travail bien fait, elle est sérieuse et simple. Et personnellement, cela a été aussi plus facile pour moi de la comprendre et l’apprécier car on vient d’un milieu social proche. Arthur, le second personnage principal du livre travaillant au sein du service gestion. Il est apparu de suite plus arrogant, intouchable, il vient d’un milieu social aisé et cela se ressent dès les premiers chapitres.

L’auteur a cherché la facilité en opposant ces personnages sur des caractéristiques très simples dans un premier temps. En se connaissant un peu mieux, Ophélie et Arthur ont pu aussi nous prouver que leurs personnalités tout comme leurs manières de pensée étaient bien dissociées.

Malheureusement, j’ai trouvé l’ensemble très cliché dans l’évolution du récit, des personnages. Beaucoup de rebondissements étaient vu d’avance comme la romance. Valérie confirmera mais je ne voulais absolument pas que notre jeune héroïne tombe dans les bras de ce stagiaire macho car je me doutais d’avance que rien ne pourrait fonctionner entre eux. Ils venaient de monde trop différent à mon sens pour que la mayonnaise prenne sur la durée. Et puis, en termes de maturité et de responsabilités prises, il y a tout un monde entre ces deux héros. Ma binôme par contre a laissé sa chance à Arthur, elle le pensait plein de bonne volonté, prêt à changer car il était en train de se chercher et qu’Ophélie serait capable de le faire changer.

C’était très sympathique de ne pas du tout avoir les mêmes attentes à ce sujet et de pouvoir en discuter longuement entre nous.

Concernant les relations entre stagiaires, j’ai trouvé l’ensemble réaliste avec les problématiques que l’on rencontre ou que l’on entend partout : les postes de stagiaire qui occultent un vrai poste à créer, les abus des supérieures et les heures supplémentaires… Valérie a apprécié la camaraderie, l’unité et l’esprit de groupe tout en constatant comme moi que Samantha illustrait très bien la réalité d’un stagiaire. J’ai apprécié que l’auteur donne un peu de profondeur à chacun des stagiaires tout comme à leurs relations entre eux et avec leurs supérieurs. Ce groupe de stagiaires leur permet de créer un univers à part du boulot, c’est une soupape pour souffler, se changer les idées et celles du lecteur aussi.

Les Stagiaires a quand même été une lecture avec quelques bonnes surprises et surtout de très belles chutes, même si toutes n’ont pas été exploitées.

En conclusion, j’ai été contente de partager cette lecture que nous avons bien animé avec Val en termes d’échanges. Je suis mitigée à l’issue de cette lecture. J’ai eu beaucoup d’attentes trop précises et ce livre n’y a pas forcément répondu. Malgré son contexte plus que réaliste, beaucoup de clichés parsèment ce récit, cela m’a déçue en partie. Heureusement, Samantha Bailly a très bien travaillé son récit surtout ses personnages et elle nous a créé quelques belles surprises. Pour un genre qui est loin d’être à mon goût en général, je pense que j’aurais pu vivre pire quand même comme expérience littéraire. Je conseille à tous les lecteurs qui ont pu être stagiaire au moins une fois dans leur vie, les sujets abordés vous parleront.

L’avis de Valérie: c’est par ici.