La maison bleu horizon de Jean-Marc Dhainaut


La maison bleu horizon de Jean-Marc Dhainaut

Tout d’abord, je remercie les éditions Taurnada pour leur confiance renouvelée en me proposant un nouvel ouvrage à chroniquer avec La Maison bleu horizon de Jean-Marc Dhainaut.

La Maison bleu horizon m’a fait sortir des sentiers battus puisque je lis très rarement des ouvrages sur des faits paranormaux. J’étais légèrement sceptique sur ce côté fantastique rattachée aux esprits, aux fantômes, j’étais curieuse de découvrir le parti pris de l’auteur.
Alan Lambin est un chasseur de phénomènes paranormaux, dans le récit, il est interpellé par une famille bourgeoise vivant dans la Somme suite à des faits étranges qui laissent penser que leur maison est hantée. Alan Lambin s’attend à découvrir des causes rationnelles aux témoignages de panique des Anneraux. Ce monsieur est équipé d’appareils étranges afin de décrypter les sons, les images tout en étant vigilant à l’aspect psychologique de la peur de ses clients.

Pourtant c’est la surprise, Alan découvre des choses déconcertantes dans cette maison. Nous entrons dans l’intimité d’une famille durant le Nouvel An tout en s’introduisant par pur hasard dans une histoire vraie en plein cœur de la Première Guerre Mondiale.
L’ambiance est frissonnante à souhait, impossible pour moi de lire ce roman tard le soir, j’étais trop effrayée par les événements paranormaux décrits. L’auteur a dosé savamment les mots et décrit admirablement les émotions des protagonistes pour que nous soyons aussi peu rassurés qu’eux. L’enchâssement d’un autre récit mais historique cette fois-ci est ingénieux et passionnant. Tous les protagonistes dans le passé et le présent sont intéressants, suffisamment travaillés pour prendre du plaisir à les accompagner et éprouver un minimum d’empathie les concernant.

Par contre, j’ai constaté quelques facilités légèrement décevantes notamment pour l’explication de certains faits sans que l’intrigue elle-même n’aide à leurs compréhensions (horloge) et les coïncidences sur certains décès sont légèrement gênantes car un peu trop fréquentes.

Le dénouement est simple mais a su conserver une logique pour les grandes lignes de l’histoire.

En conclusion, j’ai globalement apprécié ce roman car l’auteur a savamment dosé le paranormal en créant un héros attaché à la psychologie et à la recherche de causes rationnelles avant de se laisser submergé par le surnaturel. La liaison à notre passé historique sur la Grande Guerre a été une idée ingénieuse abordant des sujets importants mais encore cachés de nos jours. A conseiller à tous les lecteurs aimant se faire frissonner durant leur lecture.

  • Maison d’édition : Editions Taurnada
  • Nombre de pages : 260 pages
  • 4ème de couverture : Janvier 1985. Tout commence par un message laissé sur le répondeur d’Alan Lambin, enquêteur spécialiste en phénomènes de hantises. Une maison, dans un village de la Somme, semble hantée par un esprit qui effraie la famille qui y vit. En quittant sa chère Bretagne, Alan ignore encore l’enquête bouleversante qui l’attend et les cauchemars qui vont le projeter au cœur des tranchées de 1915. Bloqué par une tempête de neige, sous le regard perçant d’un étrange corbeau, Alan réussira-t-il à libérer cette maison de ce qui la tourmente ?

La ville des tempêtes de Jean Contrucci


La Ville des tempêtes

La Ville des Tempêtes de Jean Contrucci est un livre que j’ai choisi de lire lors de la dernière Masse Critique pour plusieurs raisons. D’une part, la quatrième de couverture laisse apparaître une intrigue centrée autour de l’Histoire de la ville Marseille, pan d’Histoire qui m’est totalement inconnue. Ce court résumé m’a donné suffisamment envie d’attiser ma curiosité et d’enrichir ma culture historique. D’autre part, Jean Contrucci n’est pas un auteur dont le nom m’est inconnu. J’ai même à ma grande honte un de ses ouvrages dans ma PAL depuis quelques années, il était temps ainsi de le découvrir avec son dernier né.

J’avais gardé le souvenir d’un avis de lecteur au sujet de Jean Contrucci comme un auteur à la plume complexe. J’appréhendais un peu une lecture peu fluide et alourdie par une plume avec des belles phrases mais longues avec un langage soutenu… Mais, j’étais partante pour relever le challenge et me faire ma propre idée.

Tout d’abord, j’ai eu une belle surprise avec les premières pages de cet ouvrage. Tout est fait pour faciliter la lecture avec un « avertissement » succinct qui explique la teneur du livre avec un cours résumé qui fait écho au synopsis en rappelant la période historique qui sera le théâtre de l’intrigue mais aussi fait un rappel sur le parti pris de Jean Contrucci avec la création d’une fiction durant la Renaissance. Une page est aussi consacrée à des explications sur les monnaies, une liste des personnages est établie distinguant les protagonistes nés dans l’imaginaire de l’auteur et ceux ayant véritablement existés, le tout complétés par des plans de la ville de Marseille. Autant dire que tout commence très bien afin de simplifier la lecture du curieux qui aurait cet ouvrage entre ces mains. Personnellement, j’adore quand ces « outils » tout bêtes mais fortement pratiques sont présents dans un livre car cela est un indice sur l’aide apportée et le soin porté par l’auteur pour la compréhension de son lecteur.

Le 1er chapitre commence par décrire l’arrivée d’un bateau « inconnu » dans le port de Marseille. Nous sommes dans le présent soit en 1595 dans cet ouvrage. L’action démarre directement avec le pourquoi du comment dans cette méfiance de la part de la ville de Marseille. Nous sommes vite embarqués dans l’explication du contexte particulier de cette ville qui a su faire du bruit dans l’Histoire. Ainsi nous découvrons les personnages historiques des deux Consuls : Charles de Casaulx et Loys d’Aix et leur position par rapport au Roi de France, Henri IV de Navarre mais aussi nous remontons le passé pour faire la connaissance du héros de cette fiction Thibault de Cervières et son histoire personnel.

Très sincèrement, je suis entrée sans difficulté dans le récit car tout a été fait pour expliquer les évènements. La plume de Jean Contrucci ne m’a pas complexifié la lecture, je l’ai trouvé de plus adapté au contexte du récit. Cependant j’ai moins aimé le parti pris de réaliser des chapitres dédiés seulement à la vérité historique pour alterner avec des chapitres liés à la fiction. En tout début de lecture, cette manière de conter ne me dérangeait pas car j’étais dans la découverte mais à la longue j’ai trouvé que cela amenait un rythme bancal. Les chapitres totalement liés à l’Histoire ont fini par alourdir ma lecture avec des passages de plus en plus insipides. Et à contrario dès que je retrouvais la compagnie de Thibault, Simon… le suspens repartait, l’envie de lire la suite me reprenait.

Concernant les protagonistes, j’ai apprécié découvrir les origines de la majorité d’entre eux, je suis plus déçue de ne pas avoir été plus dans les pensées, les émotions des principaux … La fin est aussi vite close concernant nos héros de fiction.

En conclusion, j’ai été ravie de découvrir l’Histoire de Marseille aussi bien expliquée avec cette fiction autour de l’histoire familiale de Thibault qui donnait de la simplicité à ce pan historique plutôt complexe autour des protagonistes multiples et des ambitions de chacun. Cependant, je suis déçue que malgré les outils mis en place pour aider à la compréhension que le manque de rythme avec des chapitres totalement déconnectés de la fiction alourdisse le tout et impose une lassitude assez régulière suivant les chapitres. Je reste curieuse malgré tout de découvrir Jean Contrucci dans l’ouvrage déjà présent dans ma bibliothèque dans un genre différent avec un roman policier : L’inconnu du Grand Hôtel.

Pour finir, je remercie le site Babelio et HC Editions pour cette lecture.

  • Maison d’édition: HC Editions
  • Nombre de pages: 476 pages
  • 4ème de couverture: Novembre 1595. Longtemps captif des pirates barbaresques, le chevalier Thibault de Cervières, de retour dans sa ville natale, ne la reconnaît plus. Un vent de folie souffle sur le grand port assiégé où des foules fanatisées font du pavé un champ de bataille quotidien. Qui reconnaîtra ce revenant dont personne n’attendait le retour.
    En enquêtant sur son passé familial, Thibault découvre les ravages de la tempête qui s’est abattue sur Marseille. Deux hommes, Charles de Casaulx et Loys d’Aix se sont dressés contre Henri IV, le « roi hérétique », et ont pris la ville en otage, prêts à tout pour servir leur ambition. L’Europe a les yeux fixés sur la cité rebelle. À qui ces fous de Dieu livreront-ils le grand port convoité ? À Philippe II d’Espagne ? Au duc de Savoie ? Au grand-duc de Toscane ? Marseille deviendra-t-elle une République à l’égal de Venise ou de Gênes ? La réponse est au bout du poignard qui se lève à l’aube du 17 février 1596.
    Mêlant habilement l’aventure romanesque d’un héros en quête d’identité à un épisode étonnant de l’histoire de Marseille, Jean Contrucci renoue avec les grands principes du roman historique : se servir de l’histoire de France pour laisser l’imagination du lecteur chevaucher en compagnie de ses héros. Une évocation haute en couleurs, sur laquelle planent les grandes ombres de Shakespeare et d’Alexandre Dumas.

Méli-mélo d’avis #2


Je crée ce rendez-vous afin de partager mes dernières lectures avec des avis plus courts car je n’ai pas toujours le temps de m’attarder à faire des chroniques pour chacune de mes lectures. Ainsi par ces billets sous cet intitulé, voici mes dernières lectures et impressions.

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Nos premiers jours de Jane Smiley


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  • Maison d’édition: Editions Rivages
  • Nombre de pages: 592 pages
  • 4ème de couverture: Walter Langdon rêve d’avoir sa ferme et d’obtenir son indépendance, loin du regard paternel. Avec sa femme Rosanna, il décide d’acheter une exploitation agricole dans l’Iowa. Sur cette terre, sa famille connaît les grands bouleversements historiques de la première moitié du XXe siècle, de 1920, à l’aube de la dépression, jusqu’en 1953.
  • Y a-t-il une suite?: Oui c’est une trilogie, seul le premier tome est déjà paru aux Editions Rivages.

 

Mon avis:

Nos Premiers Jours est avant tout une saga familiale dont nous savons par la 4ème de couverture que ce roman est le premier tome d’une trilogie intitulée Un Siècle Américain. Je l’ai choisi lors de la Masse Critique organisée par Babelio dans un objectif totalement ludique, celui de découvrir et d’approfondir mes connaissances de cette période de l’Histoire Américaine que je connais très mal. A l’école, j’ai eu surtout des cours assez généralistes sur le contexte politique et économique mais en entrant dans les très grandes lignes de l’Histoire. Jamais, je n’ai eu un cours abordant les mœurs, le quotidien de la population rurale et urbaine américaine entre 1920 et 1940…Ce livre était donc l’occasion d’en savoir un peu plus tout en joignant l’utile à l’agréable avec l’aspect romancé de l’intrigue.

Ce premier tome se démarque dès les premières pages. Déjà, par ses chapitres qui représentent chacun une année. Le premier démarre avec l’année 1920, l’année de naissance de Franck, le fils aîné des Langdon dont nous allons suivre l’histoire familiale. Ces premiers chapitres sont dépaysants avec une alternance de points de vue déjà marquée entre Rosanna et son premier enfant. L’auteur assume totalement ses choix et nous prouve très vite que chaque personnage doit représenter un statut, un sexe, une classe d’âge. Elle pousse le pari à nous emmener dans les pensées et les impressions d’un bébé, par la suite dans l’esprit de certaines femmes de la famille qui cherchent à s’émanciper ou alors qui font face à des deuils, à des dépressions… Rien est tabou avec Jane Smiley, elle nous crée des personnages qui nous permettent d’aborder des étapes de la vie, des situations familiales en toute franchise.

L’intrigue est très simple au premier abord, elle raconte la vie des paysans rythmée par les saisons, les travaux de la ferme, les naissances et les décès, les étapes de la vie (école, collège, lycée, université, mariage…). Pour autant, nous ne restons pas figés sur les activités locales de cette famille, le contexte économique et politique n’est pas oublié par l’auteur, ainsi nous est fait part des crises que traversent ces populations, les guerres (1ère et Seconde guerre Mondiale), les mouvements politiques qui se font et défont…

J’ai apprécié ce roman car il est vivant avec cette narration qui permet de donner la parole à plus d’un personnage. Cela permet d’enrichir le récit avec une diversité sociale, familiale, politique… Ainsi, nous avons le témoignage de la mère de famille du début des années 20 mais aussi celui de la femme au foyer 20 ans plus tard. Chaque statut et position va pouvoir être comparée et illustrée par les années qui passent. Cette vie familiale à la campagne aurait pu se révéler d’un ennui et finalement l’auteur nous démontre qu’en donnant un aspect multigénérationnel à son récit, elle gagne en suspens, en richesses et complexités qui apportent de la matière à de nombreuses réflexions.

Cependant, au fil des pages, j’ai constaté que le récit se resserrait autour de Franck Langdon quitte à mettre de côté la diversité des points de vue acquise auparavant. Une prise de risque qui se voulait certainement dans l’objectif d’un rapprochement du lecteur autour de ce quasi-héros mais ce fut un échec à mon sens. L’intrigue se centre autour de Franck et pourtant, ce protagoniste reste le plus secret d’entre tous dans la famille Langdon. SPOILER Autant, il est le personnage le plus ouvert sur le Monde avec son entrée à l’Université mais aussi son engagement en tant que soldat, autant il est le plus solitaire. Il est celui qui nous offre des expériences relationnelles très limitées et j’aurais aimé retrouver avec ce personnage une illustration de ces tabous évoqués avec d’autres personnages secondaires.

Pour autant, j’ai aimé l’évolution d’un personnage, celui de Joe, le frère de Franck. D’enfant fragile, peu estimé par son entourage, il devient le fils respecté qui suit le chemin tout tracé de son père en devenant à son tour fermier. Il réussit un parcours admirable, illustrant la modernité agricole… Des évolutions sont réussies et tout autant réalistes avec Rosanna même si le résultat n’est pas très positif. De mère de famille et fille de fermier appréciée, respirant la joie de vivre et communicative, elle devient une femme malheureuse, usée par les épreuves, épuisée, angoissée. Son parcours est très dur, j’ai eu mal au cœur en lisant ce destin pour cette femme qui ne le méritait pas. FIN SPOILER

En conclusion, ce premier tome transmet un travail remarquable autour d’une saga familiale riche où l’aspect multigénérationnel est bien maîtrisé. Je reste plus sceptique sur le rôle et l’évolution de certains personnages même si dans l’ensemble, ils sont représentés avec réalisme. Je conseille ce livre à tous les curieux de cette époque historique sur des aspects sociologiques. Je remercie le site Babelio et les Editions Rivages pour m’avoir permis de faire cette lecture.

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