L’erreur de Susi Fox


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L’Erreur de Susi Fox est un roman classé thriller paru en janvier dernier. Etant maman, j’étais assez curieuse de découvrir un ouvrage sur la question d’un échange d’enfant à la naissance, notamment cet instinct qui semble laisser peu de place au doute pour une jeune mère.

Sasha a accouché en urgence d’un bébé prématuré. Elle a été endormie pour subir une césarienne et n’a que des bribes de souvenirs sur ce qui s’est passé avant. Elle demande dès son réveil à rencontrer son enfant mais quand on finit par l’emmener auprès de son bébé, elle ne comprend pas, elle ne ressent rien, elle est persuadée que ce n’est pas son bébé. Est-ce la confusion suite à son opération qui lui laisse penser cela ou son instinct est-il bon et dans ce cas il s’agira de convaincre les médecins de la vérité ?

Ce roman est avant tout psychologique et aborde le long cheminement d’une mère dans l’hypothèse où celle-ci serait persuadée qu’on a échangé son bébé à sa naissance. De manière très chronologique avec des indicateurs de temps précis, des passages dans le présent suite à l’accouchement de Sasha ou dans le passé, du point de vue de Sasha comme de son mari, nous sommes amenés à prendre connaissance des faits. Point par point, nous sommes amenés à avancer avec Sasha, à douter aussi avec le point de vue des médecins, de tiers totalement extérieurs comme d’autres mamans, des amis proches, la famille sur ce qui a pu se passer réellement. Le passé de Sasha est ausculté en parallèle, interrogeant son passé familial, sa vie de couple. C’est clairement une intrusion dans la vie de Sasha que nous vivons pour comprendre.

Ce roman est très lent si bien que les marqueurs de temps sont bienvenus car j’ai souvent eu l’impression que des jours étaient passés alors qu’il n’y avait que quelques heures seulement. C’est assez perturbant surtout quand j’ai eu l’impression que certains faits n’étaient pas crédibles notamment le rétablissement de Sasha ultra rapide suite à sa césarienne. L’autre point assez pénible reste surtout que Sasha n’est pas crue une seconde. Même de manière rationnelle, l’hôpital ne se remet pas en question et n’admet absolument pas qu’il y ait pu avoir une erreur. L’ambiance est donc assez oppressante car on évolue dans un univers où le personnel médical se sent tout puissant avec ces procédures. Le pire reste son mari qui est d’un total manque de soutien et cela m’a fait souvent grincer des dents pour la pauvre Sasha qui subit terriblement cette situation.

L’auteur a créé une héroïne qui tient la route en termes de détails, tout est fait pour la suspecter d’être déséquilibrée en cherchant dans sa vie passée.

Le retournement de situation est assez surprenant et la fin m’a semblé complètement illogique.

Outre le fait, que j’ai pu très vite m’attacher à l’héroïne car tout est fait pour la prendre en pitié dans la situation qu’elle vit, j’ai constaté que l’histoire était souvent dérangeante soit par le parti pris de l’auteur ou bien par les incohérences assez constantes dans l’ouvrage. En tant que maman, j’étais quand même curieuse de savoir si Sasha avait raison ou pas et pour cette raison je l’ai lu rapidement mais si je n’avais pas été dans cette situation je me questionne si j’aurais réussi à le lire en entier.

En conclusion, je pense que L’Erreur de Susi Fox doit avant tout parler à son public avant de se lancer dans cette lecture car sa lenteur et certains partis pris peuvent compliquer la lecture.

  • Maison d’édition : Editions  Fleuve
  • Nombre de pages : 359 pages
  • 4ème de couverture : Le pire est arrivé. Mais personne ne vous croit.
    Sasha a toujours voulu un bébé.
    Sa grossesse se déroule à merveille, jusqu’au jour où elle se retrouve à l’hôpital pour subir une césarienne d’urgence. À son réveil, elle demande à voir son enfant. Alors qu’elle s’attend à vivre un moment magique, Sasha plonge dans un cauchemar bien réel. Le nourrisson qu’on
    lui amène n’est pas le sien.
    La jeune mère n’a aucun doute, même si personne ne la croit. Ni les infirmières qui évitent ses questions, ni son mari qui essaie de la convaincre, ni sa meilleure amie, appelée au secours.
    Pour tous, Sasha souffre d’un stress lié aux circonstances de la naissance. Mais ce serait oublier combien l’instinct d’une mère est profondément ancré en elle, en dépit des apparences.
    Si le bébé devant elle n’est pas le sien, où est passé son enfant ? Et qui a pu faire cette erreur ?
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Mon ombre assassine d’Estelle Tharreau


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Mon ombre assassine est un thriller signé Estelle Tharreau. Une écrivain que j’avais déjà découvert avec De la Terre dans la Bouche paru l’année dernière, un thriller lui aussi mais qui était plus orienté sur un contexte historique prégnant au cœur de la Seconde Guerre Mondiale. Dans Mon ombre assassine, dès la lecture de la 4ème de couverture, vous saurez lecteur que vous êtes d’ores et déjà dans une lecture bien plus noire. C’est cet aspect qui m’a tentée et surtout ce côté « témoignage » d’une tueuse en série. Merci aux Editions Taurnada une fois de plus pour leur confiance.

Mon ombre assassine démarre de manière très franche avec quelques articles et études sur le sujet des tueurs en série en orientant directement sur ces femmes qui peuvent aussi devenir des serial killer. Nadège est l’une d’entre elle, c’est un fait totalement assumé et déclaré dès le synopsis. Nous la découvrons enfant jusqu’au moment de son jugement lorsqu’adulte, elle finit par être arrêtée et suspectée dans la mort d’un père de famille. Mais comment a-t-elle pu en arriver là ? Et qu’a-t-elle commis pour finalement être suspectée ? Son entourage s’est dit-il douté de quelque chose ?

Une foule de questions va vous assaillir concernant Nadège, cette jeune femme, cette institutrice appréciée de son entourage familial, de ses élèves et de leurs parents, que nous découvrons dès sa petite enfance est-elle ce monstre qui est décrit dans la 4ème de couverture ? C’est une plongée dans sa vie, son quotidien aussi bien à la maison qu’à l’école, ses relations avec ses proches. C’est un contact constant sous la forme d’un témoignage qui va permettre au lecteur de comprendre qui est Nadège.

Cet ouvrage est glaçant, perturbant. D’une part, l’auteur choisit d’aborder un sujet un peu occulté dans la vie courante : les tueuses en série. Eh oui, les femmes aussi sont concernées et finalement peut être plus que nous pourrions le penser. Ainsi, nous apprenons vite qu’elles ont un mode opératoire différent des hommes et qu’elles ne ciblent pas leur victime de la même façon. Estelle Tharreau a en ce sens fait un nombre de recherches que nous ressentons chaque minute dont elle n’hésite pas à nous faire part notamment avec les quelques articles qui parsèment son livre afin de vulgariser certains faits à notre attention. C’est probablement aussi pour nous glacer le sang quant au fil de l’intrigue nous allons visualiser qu’avec les quelques informations en notre possession, nous sommes en capacité de nous douter de certaines choses. Dans un second temps, le contexte, la personnalité, la psychologie de Nadège et même de son entourage englobent un récit si réaliste que cela devient angoissant. Et si finalement Estelle Tharreau avait recueilli un témoignage réel ou bien et si cet auteur était Nadège ? Il serait bien facile d’y croire. Cet écrivain a réussi à se plonger suffisamment dans la peau de son personnage et à étayer ses connaissances au travers de ces recherches pour nous écrire une intrigue qui pourrait paraître vraie.

Les retours au passé soit entre l’enfance jusqu’à la période où Nadège est une jeune adulte et le présent soit le moment où elle est inculpée à l’aube de la trentaine insufflent du suspens, de la terreur aussi car nous lecteurs nous sommes les seules personnes au courant de ses confidences et de sa réelle personnalité. Jusqu’au bout, nous aimerions pouvoir glisser des indices pour aider les enquêteurs mais malheureusement nous sommes juste des spectateurs bien trop passifs pour aider Nadège et cette impression sera récurrente car dès sa petite enfance au cœur de la cellule familiale, toi lecteur, je suis sûre que comme moi tu aurais voulu aider Nadège.

En conclusion, si vous recherchez un thriller bien noir, glaçant et réaliste sur une intrigue orientée sur les tueurs en série version féminine, foncez !

 

  • Maison d’édition : Editions Taurnada
  • Nombre de pages : 227 pages
  • 4ème de couverture : En attendant son jugement, du fond de sa cellule, Nadège Solignac, une institutrice aimée et estimée, livre sa confession.
    Celle d’une enfant ignorée, seule avec ses peurs.
    Celle d’une femme manipulatrice et cynique.
    Celle d’une tueuse en série froide et méthodique.
    Un être polymorphe.
    Un visage que vous croisez chaque jour sans le voir.
    Une ombre. Une ombre assassine.

Juges et Coupables de Guillaume Herambourg


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Juges et Coupables de Guillaume Herambourg, ma première lecture de l’année classée sous l’étiquette des thrillers mais qui pourrait tout aussi bien se ranger dans les inclassables car sa construction est vraiment unique même si l’ambiance sombre et les morts qui parsèment l’ouvrage ne peuvent pas non plus nous faire hésiter à le caser dans la première catégorie citée. Guillaume Herambourg m’a proposé son ouvrage en le présentant comme « hors norme ». Je ne vous cacherais pas que cela m’a intriguée, la lecture du résumé et de l’extrait sur Calaméo m’ont encore plus confortée à découvrir une jolie plume.

Une chasse poursuite dans un sous-sol abandonné, dans le noir, trois hommes armés qui ne peuvent s’échapper tant qu’il n’y aura pas un gagnant. Le ton est donné : pas de répit, pas de pitié. Que réserve la suite après un tel début ?

Des faits tout aussi effrayants mais pas seulement. Juges et Coupables, est avant tout un livre où la réflexion répond à l’action. J’ai fini par comparer ce livre à un puzzle où l’auteur parsème de nombreux morceaux et en faisant le pari que le lecteur arrive à les remettre dans le bon ordre. Ainsi, il y a l’intrigue autour de Luce, le héros tourmenté presque constamment en plein action dans une ambiance très noire, les passages du journal intime de Lucia, l’héroïne mystérieuse que nous ne connaissons que par ce biais-là au travers des nombreuses réflexions sur la vie, sur le comportement humain mais aussi avec des poèmes magnifiques (j’en suis tombée sous le charme et je rappelle que la poésie et moi ne sommes pas très amies). Des passages plus marginaux sur des personnes dans l’entourage de Luce et enfin, s’imbriquent aussi des passages un peu sous forme d’articles outils pour préciser certains sujets. Une construction originale parfois un peu alambiquée aussi. Forcément, le risque c’est de perdre le fil rouge de l’intrigue et de ne pas arriver à tout relier ensemble. La fin m’a quelque peu stupéfaite par l’aboutissement, la motivation de Luce du début à la fin, certains non-dits aussi qui ont choisi de ne pas être révélés notamment sur ce qui est arrivé à Lucia exactement dans les faits car toutes les pièces m’ont paru par instant embrouillé. Mais c’est un livre où le suspens nous tient en haleine car vous voulez à tout prix comprendre qui est cette Lucia et qui est « vraiment » Luce.

C’est un livre intense vous l’aurez compris où vous serez constamment dans la réflexion et dans les réflexions en compagnie d’une plume très agréable qui mérite qu’on s’y attarde. Un ouvrage assez noir qui peut se voir apprécier quelques pauses car l’auteur écrit des faits très noirs, bruts parfois dérangeants car les réflexions énoncent aussi des réalités que nous voulons nier. Personnellement, j’en ai fait une de plusieurs jours mais qui m’a peut-être un peu desservie pour comprendre l’intrigue dans sa globalité.

En conclusion, un thriller psychologique mais pas seulement à découvrir pour sa construction et ses réflexions. Une plume à surveiller à mon avis car ce jeune auteur pourrait surprendre.

  • Maison d’édition : auto-édité
  • Nombre de pages : 268 pages
  • 4ème de couverture : Juges et Coupables, un thriller psychologique pas comme les autres… Un roman social, initiatique, philosophique et métaphysique qui interrogera vos sens les plus profonds. Une écriture originale pour une intrigue puissante et percutante comme coupée au rasoir. Elle commence dans les profondeurs et les ténèbres abyssales où règnent l’incertitude, l’enfermement et l’obscurité la plus totale vers une lente montée au ciel et à la lumière. L’itinéraire littéraire de l’âme perdue d’un jeune délinquant nommé Luce au cœur d’une folie furieuse et meurtrière en suivant de noirs désirs… Autour de cet être humain en chemin vers sa destinée, et de son monde, deux nuances : D’un côté, le journal intime de Lucia, lecture inspirante d’une expérience intérieure telle la lune dans la nuit noire. Ses pensées sauvages, sa poésie, son « savoir aimer », ses méditations sur la vie. Une volonté de pleine conscience, de sagesse, d’être libre. Force mentale bienveillante et humaniste. Mais, qui est Lucia ? Et de l’autre, derrière la lumière, comme une ombre, une force brute, les paroles amères d’une sombre résurgence trouble et manipulatrice, celles de Jack. Qui est Jack ? Une histoire contemporaine, romanesque et humaniste. Un livre écrit à cœur ouvert… Jugé coupable.

Mauvais genre d’Isabelle Villain


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Mauvais Genre d’Isabelle Villain est le dernier thriller que j’ai eu l’occasion de découvrir récemment. C’est aussi ma première lecture d’un roman d’Isabelle Villain qui n’est pas à son premier coup d’essai puisqu’elle a déjà écrit Peine Capitale, ouvrage pour lequel, elle avait obtenu le prix Maurice Bouvier en 2015 ou encore Âmes battues qui avait aussi été primé en 2016 à l’occasion du Festival Jeter l’encre. Avec cette entrée en matière, dont je n’avais pas forcément connaissance avant le début de ma lecture, vous savez où vous mettez les pieds, vous ne tenez pas n’importe quel thriller entre vos mains. Pour être honnête, Mauvais Genre est un des rares thriller que j’ai réussi à dévorer en quelques heures – moins d’une journée si on compte les quelques interruptions que j’ai dû octroyées non sans mal – un record durant ces derniers mois !

Hugo, jeune collégien, est le témoin d’une scène de violence entre ses deux parents. Point de départ d’une intrigue assez sombre, angoissant mais aussi étrange. Le chapitre suivant se déroule une vingtaine d’années plus tard, le lecteur fera la connaissance de Rebecca de Lost, commandante au sein de la Police et de son équipe puis rencontre avec un autre personnage nommé Angélique, jeune femme kinésithérapeute rencontrant quelques difficultés au sein de son couple.

Vous l’avez compris, nous sommes dans un ouvrage où le lecteur se fait balader d’une scène à une autre et forcément la question habituelle : mais quel est le lien ?

La suite pour la compréhension de l’intrigue est amenée finement. Pas à pas, avec un maximum de suspens et de fluidité, Isabelle Villain dévoile chaque détail, chaque subtilité, chaque facette de ses protagonistes. L’ambiance s’assombrit au fil des pages, devient oppressante pour les protagonistes comme pour le lecteur qui peut s’attacher très vite à chacun. La psychologie tout comme la violence sont modulées ensemble dans le récit ce qui renforce la crédibilité et la réalité des réactions, des choix, des découvertes.

Les personnages sont travaillés avec soin. Ainsi le lecteur découvre Rebecca de Lost, une femme forte mais avec ses faiblesses côté cœur, veuve dans une situation amoureuse compliquée, à l’aube de la cinquantaine mais aussi Angélique, une jeune femme active, ayant très bien réussie professionnellement mais pour elle aussi, les histoires d’amour sont chaotiques, Tom, un autre flic, proche de Rebecca mais avec une situation familiale qu’il tait beaucoup mais qui n’est pas reluisante. Le livre est court mais Isabelle Villain prend le temps de créer ses personnages.

Je ressors malgré tout légèrement désappointée de ne pas avoir toujours eu mon compte de détails sur certains aspects du récit, notamment concernant la fin qui est vite amorcée et où je n’ai pas eu l’impression avec la rapidité de l’action de prendre toute la mesure des aspects plus psychologiques et des quelques grains de précisions auxquels nous avaient habitués Isabelle Villain durant de nombreuses pages.

En conclusion, j’ai découvert un page-turner oppressant avec Mauvais Genre, réaliste sur des thématiques comme la question de genre très bien amenée et utilisée pour enrichir l’enquête. Un thriller que je conseille si vous recherchez la compagnie de personnages que vous apprenez à connaître tout au long d’une intrigue. Et puis surtout, une auteur à suivre si vous êtes amateur de thriller.

  • Maison d’édition : Editions Taurnada
  • Nombre de pages : 247 pages
  • 4ème de couverture : Hugo Nicollini est un garçon différent des autres gamins de son âge. Un père brutal. Une maman protectrice. Un soir, il est témoin d’une dispute entre ses parents. Une de plus. Une de trop. Cette fois-ci, sa mère succombera sous la violence des coups.
    Vingt-trois ans plus tard, l’équipe du commandant Rebecca de Lost enquête sur la mort d’une jeune femme, sauvagement poignardée dans son appartement. Pas d’effraction. Pas de vol. Pas de traces de défense. L’entourage de la victime est passé au crible, et l’histoire du petit Hugo va refaire surface bien malgré lui.