La disparue de la cabine n° 10 de Ruth Ware


la disparue de la cabine N°10

La disparue de la cabine n° 10 de Ruth Ware est un ouvrage qui m’a aussitôt fait penser à un titre qui aurait pu être écrit par Agatha Christie. Les associations d’idées parfois sont tenaces et pour celle-ci je ne voulais pas trop en démordre. Avec la sortie en film du Crime de l’Orient Express ces dernières semaines, il est facile de vouloir faire certains liens. Et finalement, après la lecture du roman de Ruth Ware, je me dis que j’ai été plutôt bien inspirée car l’aspect psychologique à l’identique des romans de notre célèbre romancière était fortement présent, un jeu en lien avec les statuts sociaux des personnages et un univers très british m’ont fait conclure que Ruth Ware avait du lire de nombreux romans de la Reine du Crime et s’en influencer.

Lo Blacklock est journaliste dans un magazine de voyage. Une opportunité unique se présente dans sa carrière lorsqu’une de ses collègues du journal part en congé maternité plus vite que prévu. En effet, Lo va devoir la remplacer au pied levé lors d’un voyage sur un bateau de luxe qui fait son inauguration. Notre héroïne va devoir évoluer au milieu de riches et puissants businessmen mais aussi avec des confrères travaillant dans des journaux concurrents. Ces prochains jours vont être des moments plaisants même si Lo n’est pas à l’aise dans ce monde et qu’elle doit penser à sa future chronique. Mais tout serait trop beau si cela devait être si simple non ? Une nuit, Laura Blacklock entend des bruits étranges dans la suite d’à-côté et constate des faits qu’elle n’aurait jamais dus voir. Qui était-ce ? Et qui prévenir ?

Très rapidement, l’auteur veut nous convaincre que notre héroïne a une poisse totale, déjà avec le cambriolage de son appartement puis avec cette curieuse disparition dont elle va être témoin. Ce fait étrange va avoir des répercussions étonnantes sur ce bateau. Le huis-clos y est pour beaucoup et est sans conteste une idée très ingénieuse pour développer une intrigue où l’aspect psychologique a toute son importance.

L’ambiance est particulière sur ce bateau de riches où tout est fait pour mettre pleins de paillettes dans les yeux des invités. Le rythme tourne autour des activités proposées par l’équipage, des besoins des invités en très petit comité. Enfin très petit comité, il va sans dire que le nombre de protagoniste était bien suffisant.

Dans ce roman, une petite vingtaine de personnes évolue sur ce bateau et il apparait très difficile de tous se les rappeler. Cela n’aide pas pour que le lecteur participe et réfléchisse au(x) responsable(s) de la disparition surtout quand dans le dernier quart du livre, nous sommes encore en pleine découverte de certains personnages. Ce manque de maîtrise m’a légèrement frustré surtout quand je constate le nombre de passages un peu trop long sur les pensées, états d’âme de notre héroïne. J’aurais préféré découvrir de manière approfondie l’ensemble des personnages et observer des relations plus approfondies entre eux et Lo. La paranoïa de l’héroïne prend souvent le dessus et on finit par se demander si ce récit avait vraiment l’objectif d’aboutir à l’enquête et au dénouement de la disparition ou de s’intéresser à la psychologie d’une femme fragile mise à mal et vivant des moments difficiles.

Néanmoins, certains retournements de situation m’ont fait penser forcément à ce que j’aurai pu lire dans un roman d’A. Christie. La fin reste logique et cohérente. Les articles de journaux parsemant le récit sont les bienvenus et donnent du punch. Parfois, ils prennent de l’avance sur l’intrigue, parfois nous aident pour affirmer certaines réalités.

En conclusion, j’ai apprécié ce bon petit roman dans cet univers élitiste en plein huis-clos où cette disparition nous promet de grands moments de recherches, d’enquêtes… Cependant, je suis restée sceptique sur l’objectif réel de ce roman à savoir : développer la paranoïa d’un personnage ou bien résoudre une disparition ?

  • Maison d’édition : Editions Fleuve Noir
  • Nombre de pages : 432 pages
  • 4ème de couverture : Être témoin d’un meurtre ? Angoissant. Que personne ne vous croie ? Terrifiant.
    Une semaine à bord d’un yacht luxueux, à sillonner les eaux de Grand Nord avec seulement une poignée de passagers. Pour Laura Blacklock, journaliste pour un magazine de voyage, difficile de rêver d’une meilleure occasion de s’éloigner au plus vite de la capitale anglaise. D’ailleurs, le départ tient toutes ses promesses : le ciel est clair, la mer est calme et les invités très sélects de l’Aurora rivalisent de jovialité. Le champagne coule à flot, les conversations ne manquent pas de piquant et la cabine est un véritable paradis sur l’eau.
    Mais dès le premier soir, le vent tourne. Laura, réveillée en pleine nuit, voit la passagère de la cabine adjacente être passée par-dessus bord.
    Le problème ? Aucun voyageur, aucun membre de l’équipage ne manque à l’appel. L’Aurora poursuit sa route comme si de rien n’était.
    Le drame ? Laura sait qu’elle ne s’est pas trompée. Ce qui fait d’elle l’unique témoin d’un meurtre, dont l’auteur se trouve toujours à bord…
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La disparue de Noël de Rachel Abbott


 

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Avant de laisser la place à ma première chronique de l’année 2018, je tenais à vous souhaiter une très belle année remplie de bonheur, de lectures passionnées, de moments uniques, de projets aboutis et de toutes les choses qui pourraient vous combler.

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La Disparue de Noël de Rachel Abbott est un ouvrage qui m’a longuement tenté et pour lequel j’ai profité de l’occasion d’un Book Club pour le découvrir. J’avais déjà lu quelques chroniques positives, le titre de ce livre tout comme son contexte autour de cette période de Noël ainsi que la 4ème de couverture abordant une histoire de famille m’avaient fortement influencé dans mon envie de le lire.

Le prologue est saisissant. Dès les premières pages, le lecteur est embarqué dans de sombres évènements à savoir une mort lors d’un accident de voiture, celle de Caroline et la disparition d’une enfant, Tasha. Le mystère va planer autour de cette nuit et mon intérêt personnellement a déjà été tout orienté sur l’envie d’en connaître plus, d’avoir des précisions et surtout de lever le voile sur ces faits troublants. Le suspense commence dès les premières pages et laisse envisager une suite au minimum au même niveau.

Le premier chapitre qui va suivre le prologue nous plonge quelques années plus tard, au cœur du foyer de David, le père de Tasha, notre petite disparue, sa nouvelle compagne Emma et leur bébé. Nous ne sommes pas au bout de nos émotions car déjà Rachel Abbott, ingénieuse, repart de plus belle avec un nouvel évènement inattendu : la réapparition de Tasha. Par quel hasard, cette enfant devenue une jeune adolescence a-t-elle retrouvé le chemin de sa maison ? Comment les retrouvailles vont-elles se passer ?

Après le choc viennent les questions. La suite va continuer dans le même sens avec du suspense à foison, de nombreux évènements encore choquants. Le drame n’est pas fini et il va nous révéler en profondeur plus d’un personnage. Ainsi Emma, belle-mère qui m’apparaissait plutôt comme une femme antipathique au début du livre devient une mère et femme aimante, attentive, une battante. David quant à lui, je l’imaginais comme un père meurtri mais finalement, il est froid, distant si bien que son comportement m’a interpellé régulièrement. Et Tasha, notre petite Tasha m’a fait passer par toute une palette de sentiments, d’émotions de la colère à la pitié…En ajoutant un petit bébé attachant.

 L’auteur a su développer tout un florilège de personnages avec minutie et réalisme. C’est une grande force tout comme son imagination débordante pour créer une foule de péripéties renforçant le suspense et l’atmosphère angoissante de cette histoire. De plus, cette action centrale cache plusieurs histoires enchâssées et cela a été un réel plaisir de démêler le fil de cette intrigue.

Un seul bémol, j’attendais beaucoup de cette période aux alentours de Noël. Mis à part, l’ambiance glaçante, je suis légèrement déçue que l’auteur n’a pas plus utilisé le climat, le quotidien des familles préparant cette fête familiale etc. L’action reste essentiellement centrée autour de la maison familiale, ce foyer assez isolé qui permet beaucoup de choses mais j’attendais quelques ingrédients supplémentaires pour me sentir un peu plus ancrée dans ce mois de décembre…

Et forcément la fin m’a laissée pantoise un peu. J’espère une suite pour retrouver la jeune fille qui ne s’est pas encore totalement révélée et certains personnages qui m’ont beaucoup plu comme Jack.

En attendant, je sais que je vais aller m’intéresser à Une famille trop parfaite écrit par Rachel Abbott car j’ai été charmée par cette plume fluide mêlant le suspense et des personnages accomplis à merveille.

  • Maison d’édition : Editions Belfond
  • Nombre de pages : 460 pages
  • 4ème de couverture : En Angleterre, de nos jours. Emma le sait, il est des passés qui ne s’oublient pas. Mariée à David, directeur de banque traumatisé par la mort de sa première épouse et l’inexplicable disparition de sa fille Natasha la veille de Noël, six ans plus tôt, la jeune femme a appris à vivre avec les drames. Mais l’arrivée d’Ollie, leur fils de dix-huit mois, semble avoir redonné le sourire à David et renforcé leur couple. La promesse de jours meilleurs semble enfin possible… Mais le monde d’Emma se fissure lorsqu’une jeune fille apparaît un jour dans sa cuisine. Natasha. Alors que David est en joie, Emma, elle, s’interroge : où était-elle toutes ces années ? Comment l’intégrer dans leur vie de famille idéale ? Et pourquoi ce sentiment que l’adolescente pourrait représenter une menace pour elle et pour son bébé ? Que cache la disparue de Noël ?

Dérivations de Fredrik T. Olsson


 

Dérivations de Fredrik T. Olsson

Dérivations de Fredrik T. Olsson est un polar totalement suédois. L’auteur est originaire de ce pays et il a choisi Stockholm comme le principal lieu de son roman. L’ambiance est glaciale à l’image de son climat. Le black-out des premières pages plongeant la ville dans le noir total n’ajoute en rien de la chaleur aux premiers chapitres. Des morts suspectes vont suivre et le premier effet de surprise est total puisque nous n’aurons pas le droit à des enquêtes en bonne et due forme pour découvrir le ou les coupables. C’est perturbant, c’est étrange et j’ai été très surprise de suivre un thriller sous cet angle.

L’une des personnes décédées, s’appelle Sara. Cette mort déclenche diverses spéculations sur l’origine du black-out. Cette découverte marque le début d’un contre-la-montre pour remonter la piste de plusieurs phénomènes « électriques, « technologiques », à voire le terme qui pourrait être préféré sachant que les explications sont assez floues de prime abord. Un constat est fait, ces « perturbations » ont atteint une fréquence plus régulière ces derniers temps, ce qui en devient inquiétant notamment quand la vie de la population toute entière commence à être mise en danger.

Comme déjà indiqué, l’ambiance est très froide, même glaciale voire déshumanisé. J’ai trouvé que le contexte était technique, très souvent décrit avec un sérieux très pointu. Cela aurait pu aller à l’avantage de cet ouvrage mais cela devient rapidement long sous la plume de M. Olsson notamment vu l’épaisseur du livre. L’intrigue à mon sens se concentre bien trop sur le black-out et les phénomènes liées qui prennent, il est vrai une ampleur considérable et très bien expliqué, mais en oubliant un point essentiel et clé dans une grande majorité d’ouvrage : les relations humaines.

Ces dernières sont quasiment inexistantes, les personnages ont des liens familiaux, amicaux mais au fil de l’intrigue cela n’est pas approfondi. A l’identique, des protagonistes vivent des moments difficiles et cela n’est pas non plus utilisé à bon escient pour permettre aux lecteurs de découvrir le roman sous un angle différent et moins étouffant de par son sujet. L’action est constante pour autant mais j’ai souvent eu l’impression de ne pas avancer.

En conclusion, j’ai lu ce livre car j’étais intéressée par la 4ème de couverture mais j’en ressors en partie déçue car autant l’intrigue est intéressante par son niveau de technicité autant la froideur et le manque de relations humaines m’ont gêné. Effet recherché de par son sujet sur l’importance des technologies et d’Internet ou mauvaise maîtrise de l’auteur, je ne sais pas mais je n’ai pas été conquise.

  • Maison d’édition : Edition Fleuve
  • Nombre de pages : 768 pages
  • 4ème de couverture : Black-out. Stockholm se trouve dans le noir total pendant une nuit entière, plongée dans le chaos.
    Peu après, à différents endroits du globe, des sites stratégiques subissent des attaques électroniques sans qu’aucune revendication soit faite.
    Les autorités sont sur les dents et rapidement le mathématicien et cyber spécialiste William Sandberg apparaît comme le principal suspect.
    Or, William est un homme brisé : depuis la disparition de sa fille, son couple est au bord de l’implosion. Maintenant on l’accuse du pire. Il va pourtant mettre tout en oeuvre pour découvrir l’origine de ces actes terroristes.
    Car peu de temps avant le black-out, il a reçu un e-mail anonyme.
    Et William sait que seule la découverte de l’identité de son expéditeur lui permettra de prouver son innocence.
    Mais son ennemi semble toujours avoir un coup d’avance sur lui…

 

Inséparables d’Elie Darco


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Inséparables d’Élie Darco est un ouvrage paru aujourd’hui, 7 avril 2017 aux Editions Magnard(Edit : parution repoussée au 14 avril). J’ai eu la chance de découvrir ce livre avant même sa sortie grâce à son auteur. Je la remercie pour sa confiance. J’ai découvert il y a quelques années sa plume au travers d’une nouvelle présente dans une anthologie publiée par les Editions du Riez, Les Dames Baroques. J’avais eu un coup de cœur pour cette nouvelle, intitulée « Les Crocs de la Basilicate ». Par hasard, Élie Darco a découvert mon avis et s’est proposé de me faire lire son dernier ouvrage Inséparables. Ce livre fait partie d’un registre tout autre, il s’adresse à un public jeunesse mais j’étais prête à tenter le pari et redécouvrir sa plume dans un autre contexte.

Cet ouvrage est encore assez court même s’il est bien plus approfondi et plus long qu’une nouvelle. Ainsi l’auteur ne va pas par quatre chemins et entre dans le vif du sujet. Nous découvrons une fratrie d’adolescents : un frère et une sœur, Alec et Béryl. Nous entrons d’office dans leur intimité et nous les suivons dans leurs 400 coups. Leur monde par la même occasion intrigue car même si plus d’une scène nous rappelle un quotidien contemporain, plusieurs pistes nous mènent à penser que les temps sont plus difficiles avec un déclin du monde possible ou probable. Le terrain familial est aussi original, c’est une première pour moi de lire les péripéties des rejetons de deux militaires. Ce terreau génétique a une influence sur leur besoin d’actions, de sports extrêmes, leur recherche de sensation…De fait, la narration aura un rythme intense, saccadé avec de nombreuses scènes d’action, du suspens et du mystère à en revendre.

Le nombre de personnages est assez limité ce qui s’apprécie dans un récit aussi court avec deux héros. Élie Darco a bien compris que le temps était compté et que devait primer le travail autour de ces deux héros. A mon sens, justement, cette fratrie est un personnage à part entière. Leurs liens frères-sœurs sont palpables, surréalistes tant ils sont forts. L’auteur décrit leur relation d’une justesse et d’une intensité, c’est impressionnant !

J’ai apprécié les aspects qui restent cachés jusqu’à la fin tout en sonnant juste et crédible à 100%. Le travail est d’une minutie, de calcul parfait pour aboutir à ce résultat que j’en reste sans voix. Par instant, j’ai eu envie de m’incriminer sur certaines choses mais le résultat final a tué dans l’œuf mes remarques notamment sur les amourettes présentes dans le récit qui étaient à mon sens d’une simplicité enfantine et rageante pour cela.

La longueur du récit est un frein à mon sens au plaisir de cette lecture. J’ai eu l’impression que l’auteur s’est freiné ou l’a été dans les descriptions sur ce monde différent avec ces couvre-feux, ses limitations sur les énergies, le détail de certaines actions notamment le travail d’Alec à la déchetterie et les découvertes, rencontres faites dans ce lieu. Des éléments sont parfois passés sous silence, l’auteur les assume mais en tant que lectrice j’aurais aimé les lire de manière approfondie pour avoir quelques pistes à gratter aussi.

En conclusion, je me suis fait balader de bout en bout, de surprises en surprises avec une action détonante dans un monde et un milieu original. Élie Darco est une technicienne de l’écriture, chaque élément introduit est précieusement calculé pour aboutir à un résultat totalement surprenant.

  • Maison d’édition : Editions Magnard
  • Nombre de pages : 220 pages
  • 4ème de couverture : Ballotés au gré des affectations successives de leurs parents militaires, Alec et sa sœur Beryl sont un peu livrés à eux-mêmes. Complices et inséparables, ils aiment repousser leurs limites et tenter des expériences dangereuses, quitte à enfreindre les règles. Mais quand la famille échoue dans une petite ville perdue au milieu de la forêt, loin de toute animation, l’ennui les gagne….