Dérivations de Fredrik T. Olsson


 

Dérivations de Fredrik T. Olsson

Dérivations de Fredrik T. Olsson est un polar totalement suédois. L’auteur est originaire de ce pays et il a choisi Stockholm comme le principal lieu de son roman. L’ambiance est glaciale à l’image de son climat. Le black-out des premières pages plongeant la ville dans le noir total n’ajoute en rien de la chaleur aux premiers chapitres. Des morts suspectes vont suivre et le premier effet de surprise est total puisque nous n’aurons pas le droit à des enquêtes en bonne et due forme pour découvrir le ou les coupables. C’est perturbant, c’est étrange et j’ai été très surprise de suivre un thriller sous cet angle.

L’une des personnes décédées, s’appelle Sara. Cette mort déclenche diverses spéculations sur l’origine du black-out. Cette découverte marque le début d’un contre-la-montre pour remonter la piste de plusieurs phénomènes « électriques, « technologiques », à voire le terme qui pourrait être préféré sachant que les explications sont assez floues de prime abord. Un constat est fait, ces « perturbations » ont atteint une fréquence plus régulière ces derniers temps, ce qui en devient inquiétant notamment quand la vie de la population toute entière commence à être mise en danger.

Comme déjà indiqué, l’ambiance est très froide, même glaciale voire déshumanisé. J’ai trouvé que le contexte était technique, très souvent décrit avec un sérieux très pointu. Cela aurait pu aller à l’avantage de cet ouvrage mais cela devient rapidement long sous la plume de M. Olsson notamment vu l’épaisseur du livre. L’intrigue à mon sens se concentre bien trop sur le black-out et les phénomènes liées qui prennent, il est vrai une ampleur considérable et très bien expliqué, mais en oubliant un point essentiel et clé dans une grande majorité d’ouvrage : les relations humaines.

Ces dernières sont quasiment inexistantes, les personnages ont des liens familiaux, amicaux mais au fil de l’intrigue cela n’est pas approfondi. A l’identique, des protagonistes vivent des moments difficiles et cela n’est pas non plus utilisé à bon escient pour permettre aux lecteurs de découvrir le roman sous un angle différent et moins étouffant de par son sujet. L’action est constante pour autant mais j’ai souvent eu l’impression de ne pas avancer.

En conclusion, j’ai lu ce livre car j’étais intéressée par la 4ème de couverture mais j’en ressors en partie déçue car autant l’intrigue est intéressante par son niveau de technicité autant la froideur et le manque de relations humaines m’ont gêné. Effet recherché de par son sujet sur l’importance des technologies et d’Internet ou mauvaise maîtrise de l’auteur, je ne sais pas mais je n’ai pas été conquise.

  • Maison d’édition : Edition Fleuve
  • Nombre de pages : 768 pages
  • 4ème de couverture : Black-out. Stockholm se trouve dans le noir total pendant une nuit entière, plongée dans le chaos.
    Peu après, à différents endroits du globe, des sites stratégiques subissent des attaques électroniques sans qu’aucune revendication soit faite.
    Les autorités sont sur les dents et rapidement le mathématicien et cyber spécialiste William Sandberg apparaît comme le principal suspect.
    Or, William est un homme brisé : depuis la disparition de sa fille, son couple est au bord de l’implosion. Maintenant on l’accuse du pire. Il va pourtant mettre tout en oeuvre pour découvrir l’origine de ces actes terroristes.
    Car peu de temps avant le black-out, il a reçu un e-mail anonyme.
    Et William sait que seule la découverte de l’identité de son expéditeur lui permettra de prouver son innocence.
    Mais son ennemi semble toujours avoir un coup d’avance sur lui…

 

Le Palais des Mirages de Hervé Jubert


Le palais des mirages Hervé Jubert

Le Palais des Mirages m’avait attiré lors d’une vente privée Albin Michel d’une part par son couverture et d’autre part par sa 4ème de couverture mettant en évidence l’Exposition Universelle à Paris en 1900.

Après mon achat, j’ai lu des chroniques sur d’autres titres d’Hervé Jubert qui mettait en avant son univers original, une narration pas toujours concise et explicite pouvant perdre son lecteur. J’avais gardé ces remarques en tête et j’ai commencé ma lecture prévenue. Finalement, j’ai bien trouvé un univers très décalé, respectant un cadre historique précis mais où l’auteur se permet d’ajouter des personnages farfelus par leur qualité fantastique en 1900 (fée, nain) mais aussi avec des personnalités singulières entre passionnés des créations électriques et anarchistes fous furieux…. J’ai aimé ce parti pris surtout car chaque page dévoile des événements inattendus et une originalité impossible à retrouver dans un autre ouvrage.

J’ai apprécié les détails précis autour de l’Exposition Universelle. Le travail de recherche m’a paru surhumain pour aboutir à un tel niveau et je me suis surprise à me passionner pour ce cadre. De la même façon, les personnages évoluent dans un siècle avec une ambiance qui parait correcte d’un point de vue historique, la Révolution Industrielle, les mouvements anarchistes avec les attentats, des points clés qui sont à mon sens bien ciblés et suffisant pour se croire au XXème siècle.

Je mets un bémol sur l’intimité décrit entre Clara et sa mère et autres tabous abordés, je ne suis pas certaine que les Parisiens puissent prendre autant de libertés sur ces sujets en 1900, du moins cela m’a interpellé et questionné. Même interrogations sur l’autonomie dont jouit Clara au quotidien, pour une femme et une adolescente, c’est singulier !!!

J’ai aimé les références aux légendes nordiques même si je pense que l’auteur aurait pu se permettre d’aller plus loin encore.

Par contre, je suis restée parfois hermétique à certains passages car je n’ai pas toujours compris le sens que voulait y donner Hervé Jubert. Trop de détails, un rythme trop lent et des bizarreries exacerbés sont régulièrement un cumul qui ne marche pas très bien. Dans la même lignée, je reste sceptique sur la fin incongrue qui clôt très vite le récit, des éléments de l’intrigue n’aboutissent même pas. Par contre, je tire mon chapeau à Hervé Jubert pour être retombé sur ses pattes vers son palais des mirages que nous avons régulièrement perdu de vue.

Et malheureusement, je n’ai pas créé de liens d’attachement bien forts avec les protagonistes. Clara et Lukas ont été très froids et distants bien souvent, totalement représentatifs de leurs personnalités indépendantes.

En conclusion, j’ai vraiment eu l’impression d’évoluer au sein de l’Exposition Universelle de 1900 même si je suis plus mitigée sur l’issue du récit tout comme le travail autour des héros.

Lu dans le cadre du challenge –  énigme « Chacun son époque » : 1870-1940 IIIème République française

challenge Enigme Chacun son époque

  • Maison d’édition : Editions Albin Michel
  • Nombre de pages : 357 pages
  • 4ème de couverture : Clara Charpentier joue la fée danse palais des Mirages, une illusion optique créée par son père, lorsqu’un accident manque de lui coûter la vie. Accident ou sabotage ? Avec les palais de l’Exposition universelle comme toile de fond, Clara, Lukas, des industriels de la guerre et une bande d’illuminés russes vont être entraînés dans un tourbillon d’événements dont l’issue décidera de la couleur du xxe siècle. Sera-t-il blanc comme la paix ou rouge du sang de la guerre ? Bienvenue à Paris en 1900.

AQUA™ de Jean-Marc Ligny


Aqua TM  jean-Marc Ligny

AQUA™ est un livre que j’ai acheté quelques mois après sa parution aux Editions Folio car la 4ème de couverture m’avait vraiment convaincue de le lire. Paradoxalement, AQUA™ est un livre qui malgré mon engouement au moment de son achat m’effrayait assez au point d’attendre une bonne année avant de le sortir de ma PAL. Effrayer est probablement un grand mot, je parlerai plutôt d’appréhensions. En effet la SF est un genre dans lequel je m’adonne encore peu, la technicité alliée à la SF me rebute encore. Avec ce roman, j’avais peur de m’éprouver à cet aspect et d’y trouver des difficultés à la lecture.

AQUA™ est un roman futuriste, la planète Terre a grandement changé en cette année 2030. Les changements climatiques sont décuplés, les lieux où la vie humaine est possible deviennent minimes, les technologies se sont encore développés. Jean-Marc Ligny s’attaque à nous décrire un monde de son invention même si ses origines ont vu le jour dans les derniers évènements que connaissent la Terre aujourd’hui (paru en 2006, son imagination pour les évènements entre cette date et aujourd’hui est déjà très troublante). Cet univers fera forcément froid dans le dos aux lecteurs à plus d’une reprise car il est facile de s’imaginer que cela pourrait être notre planète demain. En jouant avec ce climat de terreur, où les difficultés pour vivre au quotidien sont nombreuses, il est assez facile de s’attacher aux quelques protagonistes que nous allons suivre même si leurs actes ne sont pas tous forcément bons enfants.

Ainsi Laurie et Rudy deviennent le petit couple de héros parfait qui vient au secours du Burkina Faso, victime d’une sécheresse sans précédent. Leurs actes prennent une ampleur conséquente au fil des pages jusqu’à prendre une tournure mondiale. Fuller, dirigeant d’un empire du business conséquent, aux espoirs et ambitions démesurés, est plus insipide et moins attachant. Il peut dégouter avec ces rêves de puissance quand en parallèle on découvre une partie de la population en train de mourir de faim ou de soif si ce n’est d’assassinats « gratuits » et d’attentats. Pourtant son rythme de vie, son quotidien m’a parfois inspiré de la pitié. Fatimata est une femme pleine d’espoir, l’héroïne féminine forte du livre qui dirige tout un pays en train de mourir, un modèle en partie même si elle sait encore apprendre des autres.

L’auteur nous décrit un roman très complet et pointu où nous ne survolons pas qu’en surface les Etats-Unis, le Burkina, la France et autres coins de l’Europe. Nous entrons dans le quotidien des puissants, des pauvres, du fou de la secte du coin… de cette époque avec tous les problèmes vécus, du niveau de survie au niveau des relations économiques des entreprises dominant le monde. Le roman est tellement fouillé que durant toute ma lecture, j’ai eu l’impression d’avoir avancé d’une vingtaine d’années. La technicité d’un roman SF m’effrayait. Elle est présente effectivement vu le nombre de nouveaux appareils et concepts nouveaux sortis en partie de l’imagination de Ligny mais reste abordable. L’auteur met en scène à plus d’une reprise ces points de détails de manière ludique et ingénieuse. Non le plus dur reste le niveau de crédibilité, j’aurais presque envie de dire de réalisme mais ce n’est que le futur et cela n’existe pas mais cela pourrait le devenir. L’auteur ne nous épargne pas une seconde avec ce monde terrible où l’espoir existe à peine ou est si souvent balayé par l’évènement qui suit. C’est une vraie claque qui saura faire cogiter plus d’un lecteur même après la dernière page refermée.

Il faut s’accrocher mais je vous le conseille sans tarder. Maintenant, je réfléchis à mon prochain achat qui sera probablement un ouvrage de Jean-Marc Ligny.

Un autre avis : La Tête dans les livres

  • Maison d’édition : Editions Folio
  • Nombre de pages : 955 pages
  • 4ème de couverture: En 2030, l’enjeu vital autour duquel se battent les peuples et les nations n’est plus le pétrole mais l’eau potable. Sécheresse et réchauffement climatique obligent. Aussi, quand un petit pays d’Afrique assoiffé découvre, grâce à une image satellite piratée, une nappe phréatique dans son sous-sol, c’est la survie assurée ! Assurée ? Pas évident : un grand consortium américain, à qui appartient le satellite, revendique la possession de cette nappe et ne recule devant rien pour l’obtenir. Chargés de convoyer du matériel de forage, Laurie et Rudy s’engagent dans une aventure dont ils sont loin de mesurer les conséquences. Dans cette lutte acharnée, sur fond d’harmattan et de tornades, tous les moyens sont bons, politiques et militaires, mais aussi la sorcellerie… surtout quand vient s’en mêler la Divine Légion, une secte apocalyptique qui voit dans le fils cloné du P.-D.G américain l’incarnation d’un nouveau Messie… ou bien de l’Antéchrist ?

Défi Minérine: mai/juin


Logo défi Minérine

Je vous rappelle les fameuses règles de notre challenge à Mina et moi:

  • Tous les deux mois, chacune choisit une lecture pour l’autre dans sa PAL avec un petit mot d’explication.
  • Chacune a donc deux mois pour lire le livre choisi et le chroniquer.
  • Le défi était prévu pour 6 mois à l’origine mais nous l’avons reconduit et nous nous accordons toujours 1 joker si nous manquons de temps ou dans l’éventualité d’une lecture qui ne nous plairait pas.

Le défi Minérine est reparti pour une nouvelle session, déjà le temps passe vite!! Nous sommes partis dans deux genres diamétralement opposés lors de ce début de printemps même si l’on cherche bien nous pouvons trouver des points communs dans les héros torturés et plutôt victimes de la société de nos deux livres . Mina a découvert Blaze de Robert Bachman alias S. King, roman avec lequel elle a passé un très bon moment avec un beau portrait d’homme avec un grand H comme elle l’a si bien dit. J’ai été ravie de tomber si juste et de constater que nous partagions des points de vue assez similaires sur cette lecture même si je ne sais pas pourquoi à l’époque je ne lui avais pas mis une si bonne note. Quant à moi, j’ai plongé au cœur d’Histoire d’une mère d’Amanda Proswe dont je suis ressortie plus mitigée. L’histoire est hautement « humaine » et touchante même si je suis restée déçue des développements autour des questions sur la dépression post-partum.

Pour cette session, nous sommes tombées d’accord pour refaire une lecture commune. C’est plutôt le choix du livre qui nous a causé quelques hésitations. Mina avait des idées bien arrêtées sur deux ouvrages : le tome 2 des Cités des Anciens de Robin Hobb ou le tome 1 de Dune de Franck Herbert. Pour le coup, j’étais d’avis de la laisser choisir car l’un comme l’autre me convenait. J’ai relu le tome 1 de L’Assassin Royal fin avril, j’ai fini Les Aventuriers de la Mer il y a peu pour continuer avec Les Cités des Anciens. Alors poursuivre cette série me plaisait assez car les Anciens sont des personnages qui me passionnent et cela devient très sympathique de relier les différentes séries entre elles les concernant. Et pour Dune, que dire à part qu’il serait temps de le sortir de sa boite… Cela fait des années que j’ai l’impression d’avoir raté un épisode quand je vois nombre de lecteurs dans mes âges qui l’ont déjà lu à l’adolescence ou au début de leur vie d’adulte ( c’est même simple je le croyais plutôt jeunesse).

Finalement, nous avons tranché tout à l’heure (oui oui on avait oublié de publier nos articles en tout début de mois, c’est bien car l’une comme l’autre on a fait la même chose, on est pas binôme pour rien)

dunetome1part1franckherbert

Sa réaction après décision définitive:

On prend des risques. *

* dixit le chéri de Mina, Dune est une série complexe. Oui, vous constaterez que l’affaire a pris une ampleur considérable mais j’ai eu des arguments qui ont pesé et nous aimons les challenges :D.

Mina a aussi rédigé son article sur cette session, vous pouvez aller le lire par ici (à venir).

Et voilà, souhaitons – nous bon courage et de bonnes lectures!!!