De la terre dans la bouche de Estelle Tharreau


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Un titre intriguant, une 4ème de couverture tout autant. Le contexte de la Seconde Guerre Mondiale m’a surtout poussé à dire « oui » à la proposition de Joël des Editions Taurnada pour découvrir De la Terre dans la bouche d’Estelle Tharreau.

Elsa est une jeune femme qui vient de perdre un membre de sa famille, sa grand-mère, presqu’une mère puisqu’elle l’a quasiment élevé. Avec ce décès, Elsa découvre un pan de sa vie, de son histoire qu’elle n’aurait jamais pu imaginer. Tout commence avec le legs d’une maison, habitation dont elle n’avait même pas connaissance, dont elle ne sait même pas où elle se trouve mis à part dans un petit patelin au fin fond du nord de la France et qui se nomme Mont Eloi. Pourquoi ses propres parentes ne lui ont jamais révélé l’existence de cette maison ? Leurs propres vies dans ce petit village ?

Les questions fusent vite et la curiosité de l’héroïne côtoie vite celle du lecteur. L’intérêt autour de cette histoire familiale prime sur tout dans la vie de la jeune femme dès qu’elle découvre des questions qui trouvent parfois des réponses compliquées à donner. Cette intrigue a un lien très fort avec notre Histoire, une période non moins terrible, celle de l’Occupation. Et il s’avère que pour avoir des témoignages sur sa propre histoire, Elsa ne s’attaque pas au plus facile puisque tout va vers cette époque rude qu’on préfère oublier et cacher au fond de sa mémoire dans ce petit village meurtri.

Elsa est une jeune femme tenace, intelligente, parfois un peu trop insouciante et maladroite dans ce passé qu’elle remue sans penser aux conséquences que cela pourrait générer. Cette intrusion dans la vie de ses habitants n’est pas toujours simple, souvent gênante. L’intrigue paraît alourdie par cette ambiance mais aussi par le nombre de protagonistes. Un méli-mélo de noms pour des personnages déjà âgés où l’on a parfois un peu de peine à s’y retrouver avec les prénoms anciens multiples, des descriptions peu fournies.

La plume est fluide mais pas toujours facilitée par un manque de précisions visuels entre autres. Pourtant le contexte est riche en détails, il est bien étayé, abordant des sujets encore tabous, sujets dont je n’avais pas encore trouvé trace dans les livres autour de la Seconde Guerre Mondiale. Cette intrusion dans le passé avec un récit historique bien documenté a été le grand plus de ce livre surtout pour tous les thèmes autour de la vie des femmes durant l’Occupation.

En conclusion, j’ai fait une bonne lecture surtout pour tous les aspects qui ont enrichis ma culture autour de l’Occupation, je suis parfois restée un peu plus mitigée autour des facilités prises dans l’intrigue et du manque de travail autour des personnages plutôt nombreux.

  • Maison d’édition : Editions Taurnada
  • Nombre de pages : 250 pages
  • 4ème de couverture : Les vieux de Mont-Éloi savent pourquoi ils s’aiment ou se détestent, même si les autres l’ignorent. La seule histoire à laquelle il faut croire est celle qu’ils ont écrite au musée de la Chênaie.
    Elsa refusera cette vérité lorsque sa grand-mère lui léguera une maison perdue dans la forêt, à deux pas d’un village martyr.
    Guerre. Occupation. Épuration.
    Quarante années ne seront jamais suffisantes pour oublier et chasser les fantômes du passé !

 

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La disparue de la cabine n° 10 de Ruth Ware


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La disparue de la cabine n° 10 de Ruth Ware est un ouvrage qui m’a aussitôt fait penser à un titre qui aurait pu être écrit par Agatha Christie. Les associations d’idées parfois sont tenaces et pour celle-ci je ne voulais pas trop en démordre. Avec la sortie en film du Crime de l’Orient Express ces dernières semaines, il est facile de vouloir faire certains liens. Et finalement, après la lecture du roman de Ruth Ware, je me dis que j’ai été plutôt bien inspirée car l’aspect psychologique à l’identique des romans de notre célèbre romancière était fortement présent, un jeu en lien avec les statuts sociaux des personnages et un univers très british m’ont fait conclure que Ruth Ware avait du lire de nombreux romans de la Reine du Crime et s’en influencer.

Lo Blacklock est journaliste dans un magazine de voyage. Une opportunité unique se présente dans sa carrière lorsqu’une de ses collègues du journal part en congé maternité plus vite que prévu. En effet, Lo va devoir la remplacer au pied levé lors d’un voyage sur un bateau de luxe qui fait son inauguration. Notre héroïne va devoir évoluer au milieu de riches et puissants businessmen mais aussi avec des confrères travaillant dans des journaux concurrents. Ces prochains jours vont être des moments plaisants même si Lo n’est pas à l’aise dans ce monde et qu’elle doit penser à sa future chronique. Mais tout serait trop beau si cela devait être si simple non ? Une nuit, Laura Blacklock entend des bruits étranges dans la suite d’à-côté et constate des faits qu’elle n’aurait jamais dus voir. Qui était-ce ? Et qui prévenir ?

Très rapidement, l’auteur veut nous convaincre que notre héroïne a une poisse totale, déjà avec le cambriolage de son appartement puis avec cette curieuse disparition dont elle va être témoin. Ce fait étrange va avoir des répercussions étonnantes sur ce bateau. Le huis-clos y est pour beaucoup et est sans conteste une idée très ingénieuse pour développer une intrigue où l’aspect psychologique a toute son importance.

L’ambiance est particulière sur ce bateau de riches où tout est fait pour mettre pleins de paillettes dans les yeux des invités. Le rythme tourne autour des activités proposées par l’équipage, des besoins des invités en très petit comité. Enfin très petit comité, il va sans dire que le nombre de protagoniste était bien suffisant.

Dans ce roman, une petite vingtaine de personnes évolue sur ce bateau et il apparait très difficile de tous se les rappeler. Cela n’aide pas pour que le lecteur participe et réfléchisse au(x) responsable(s) de la disparition surtout quand dans le dernier quart du livre, nous sommes encore en pleine découverte de certains personnages. Ce manque de maîtrise m’a légèrement frustré surtout quand je constate le nombre de passages un peu trop long sur les pensées, états d’âme de notre héroïne. J’aurais préféré découvrir de manière approfondie l’ensemble des personnages et observer des relations plus approfondies entre eux et Lo. La paranoïa de l’héroïne prend souvent le dessus et on finit par se demander si ce récit avait vraiment l’objectif d’aboutir à l’enquête et au dénouement de la disparition ou de s’intéresser à la psychologie d’une femme fragile mise à mal et vivant des moments difficiles.

Néanmoins, certains retournements de situation m’ont fait penser forcément à ce que j’aurai pu lire dans un roman d’A. Christie. La fin reste logique et cohérente. Les articles de journaux parsemant le récit sont les bienvenus et donnent du punch. Parfois, ils prennent de l’avance sur l’intrigue, parfois nous aident pour affirmer certaines réalités.

En conclusion, j’ai apprécié ce bon petit roman dans cet univers élitiste en plein huis-clos où cette disparition nous promet de grands moments de recherches, d’enquêtes… Cependant, je suis restée sceptique sur l’objectif réel de ce roman à savoir : développer la paranoïa d’un personnage ou bien résoudre une disparition ?

  • Maison d’édition : Editions Fleuve Noir
  • Nombre de pages : 432 pages
  • 4ème de couverture : Être témoin d’un meurtre ? Angoissant. Que personne ne vous croie ? Terrifiant.
    Une semaine à bord d’un yacht luxueux, à sillonner les eaux de Grand Nord avec seulement une poignée de passagers. Pour Laura Blacklock, journaliste pour un magazine de voyage, difficile de rêver d’une meilleure occasion de s’éloigner au plus vite de la capitale anglaise. D’ailleurs, le départ tient toutes ses promesses : le ciel est clair, la mer est calme et les invités très sélects de l’Aurora rivalisent de jovialité. Le champagne coule à flot, les conversations ne manquent pas de piquant et la cabine est un véritable paradis sur l’eau.
    Mais dès le premier soir, le vent tourne. Laura, réveillée en pleine nuit, voit la passagère de la cabine adjacente être passée par-dessus bord.
    Le problème ? Aucun voyageur, aucun membre de l’équipage ne manque à l’appel. L’Aurora poursuit sa route comme si de rien n’était.
    Le drame ? Laura sait qu’elle ne s’est pas trompée. Ce qui fait d’elle l’unique témoin d’un meurtre, dont l’auteur se trouve toujours à bord…

Yzé, tome 2 : Le projet ultima de Florent Marotta


YZE projet Ultima

Le Projet Ultima second tome de la saga Yzé écrit par Florent Marotta faisait partie des lectures que j’attendais avec impatience. Le premier tome avait été une lecture dépaysante, dévorée de bout en bout, avec un univers intéressant où la magie est ingénieusement appréhendée avec des personnages magiques inventés de toute pièce.

Ma lecture du premier tome n’est plus si récente et j’appréhendais un peu de ne plus avoir la totalité des faits, des noms des protagonistes en tête. Cette inquiétude a été vite balayée quand j’ai commencé à lire des passages où Florent Marotta rappelait ingénieusement des évènements passés. Une simplicité enfantine de reprendre un train en marche et de repartir tranquillement en compagnie d’Yzé, d’Izobel, Isaac… Enfin tranquillement, pas vraiment. Les ennuis sont sérieux. Ashahell est au fait de sa puissance, il est encore vexé d’avoir échoué de si peu dans la tentative de faire revenir son aimée. Il y a de quoi craindre le pire surtout quand on sait que nos jeunes amis sont les responsables de cet échec.

L’histoire est racontée tambour battant. L’action est presque constante parfois même un peu trop. Nos jeunes héros n’ont même plus le temps de s’entraîner réellement et tentent bien souvent le tout pour le tout lors des combats avec leurs adversaires. Le village est de plus en plus divisé et le futur devient incertain de toute part. La simplicité n’est pas de mise même si je regrette encore une fois que l’évolution et l’acquisition des pouvoirs de chaque héros reste souvent trop facile.

L’intrigue se complexifie malgré tout avec les visées d’Ashahell et l’action n’est pas figée dans un seul et même endroit, on a la chance de quitter plus régulièrement la cité de Lugdunum ou le petit village caché dans lequel la jeune bande réside pour aller ailleurs en France même si les lieux ne sont pas toujours trop identifiables par rapport à notre pays actuel. Les tentatives pour étayer le contexte, l’histoire de ce monde sont présentes même si cela reste encore très ténu. J’aurais souhaité en découvrir encore largement plus mais 270 pages ne permettent pas non plus des largesses immenses sur ce sujet.

Quant aux personnages, je fais le même constat que dans le précédent tome Izobel et Isaac soient des adolescents très ternes même si Izobel arrive à nous montrer des efforts et une aide encore plus conséquente dans cet opus. Isaac mis à part une personnalité assez retranchée et incisive dans ses propos ne se livre pas énormément non plus. A l’identique, le personnage d’Ange nous sera apparu de manière bien fugitive et malheureusement de nombreuses choses, la concernant, sont restées tabous. C’est bien dommage. Yzé reste toujours la jeune fille déterminée découverte dans le premier tome tout en osant nous ouvrir un peu certains états d’âme plus sentimentaux. Fall à ma grande surprise bien que blessé physiquement reste beaucoup plus en retrait.

En conclusion, j’ai lu avec plaisir cet ouvrage. La plume de Florent Marotta reste toujours aussi fluide, l’intrigue se complexifie légèrement ce qui est plaisant. Les défauts que j’avais pu relevés dans le tome précédent sont encore en partie présents même s’il y a eu des améliorations faites pour certains d’entre eux. J’ai eu quelques déceptions personnelles autour de l’évolution de certains personnages mais qui ne nuisent en rien à l’intrigue et ma curiosité est toujours éveillée pour connaître la suite des aventures de nos héros.

  • Maison d’édition : Editions Taurnada
  • Nombre de page : 270 pages
  • 4ème de couverture : Yzé a détruit le palimpseste et les tensions entre Wicce sont à leur comble. Mais cette petite victoire sur Ashahell a un goût amer, celui de la perte d’êtres chers.
    Le mystère s’épaissit autour de la jeune femme. Qui est-elle vraiment ? Pourquoi tous ces mensonges ?
    Les ennemis des Wicce s’agitent. Que prépare la Fraternité de la Lumière dont les membres multiplient les actions pour s’emparer d’une mystérieuse substance ?
    Et pendant ce temps, Ashahell fourbit ses armes pour se venger d’Yzé et enfin mettre la main sur elle.
  • Y a -t-il une suite?  : Oui une suite est prévue.

La disparue de Noël de Rachel Abbott


 

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Avant de laisser la place à ma première chronique de l’année 2018, je tenais à vous souhaiter une très belle année remplie de bonheur, de lectures passionnées, de moments uniques, de projets aboutis et de toutes les choses qui pourraient vous combler.

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La Disparue de Noël de Rachel Abbott est un ouvrage qui m’a longuement tenté et pour lequel j’ai profité de l’occasion d’un Book Club pour le découvrir. J’avais déjà lu quelques chroniques positives, le titre de ce livre tout comme son contexte autour de cette période de Noël ainsi que la 4ème de couverture abordant une histoire de famille m’avaient fortement influencé dans mon envie de le lire.

Le prologue est saisissant. Dès les premières pages, le lecteur est embarqué dans de sombres évènements à savoir une mort lors d’un accident de voiture, celle de Caroline et la disparition d’une enfant, Tasha. Le mystère va planer autour de cette nuit et mon intérêt personnellement a déjà été tout orienté sur l’envie d’en connaître plus, d’avoir des précisions et surtout de lever le voile sur ces faits troublants. Le suspense commence dès les premières pages et laisse envisager une suite au minimum au même niveau.

Le premier chapitre qui va suivre le prologue nous plonge quelques années plus tard, au cœur du foyer de David, le père de Tasha, notre petite disparue, sa nouvelle compagne Emma et leur bébé. Nous ne sommes pas au bout de nos émotions car déjà Rachel Abbott, ingénieuse, repart de plus belle avec un nouvel évènement inattendu : la réapparition de Tasha. Par quel hasard, cette enfant devenue une jeune adolescence a-t-elle retrouvé le chemin de sa maison ? Comment les retrouvailles vont-elles se passer ?

Après le choc viennent les questions. La suite va continuer dans le même sens avec du suspense à foison, de nombreux évènements encore choquants. Le drame n’est pas fini et il va nous révéler en profondeur plus d’un personnage. Ainsi Emma, belle-mère qui m’apparaissait plutôt comme une femme antipathique au début du livre devient une mère et femme aimante, attentive, une battante. David quant à lui, je l’imaginais comme un père meurtri mais finalement, il est froid, distant si bien que son comportement m’a interpellé régulièrement. Et Tasha, notre petite Tasha m’a fait passer par toute une palette de sentiments, d’émotions de la colère à la pitié…En ajoutant un petit bébé attachant.

 L’auteur a su développer tout un florilège de personnages avec minutie et réalisme. C’est une grande force tout comme son imagination débordante pour créer une foule de péripéties renforçant le suspense et l’atmosphère angoissante de cette histoire. De plus, cette action centrale cache plusieurs histoires enchâssées et cela a été un réel plaisir de démêler le fil de cette intrigue.

Un seul bémol, j’attendais beaucoup de cette période aux alentours de Noël. Mis à part, l’ambiance glaçante, je suis légèrement déçue que l’auteur n’a pas plus utilisé le climat, le quotidien des familles préparant cette fête familiale etc. L’action reste essentiellement centrée autour de la maison familiale, ce foyer assez isolé qui permet beaucoup de choses mais j’attendais quelques ingrédients supplémentaires pour me sentir un peu plus ancrée dans ce mois de décembre…

Et forcément la fin m’a laissée pantoise un peu. J’espère une suite pour retrouver la jeune fille qui ne s’est pas encore totalement révélée et certains personnages qui m’ont beaucoup plu comme Jack.

En attendant, je sais que je vais aller m’intéresser à Une famille trop parfaite écrit par Rachel Abbott car j’ai été charmée par cette plume fluide mêlant le suspense et des personnages accomplis à merveille.

  • Maison d’édition : Editions Belfond
  • Nombre de pages : 460 pages
  • 4ème de couverture : En Angleterre, de nos jours. Emma le sait, il est des passés qui ne s’oublient pas. Mariée à David, directeur de banque traumatisé par la mort de sa première épouse et l’inexplicable disparition de sa fille Natasha la veille de Noël, six ans plus tôt, la jeune femme a appris à vivre avec les drames. Mais l’arrivée d’Ollie, leur fils de dix-huit mois, semble avoir redonné le sourire à David et renforcé leur couple. La promesse de jours meilleurs semble enfin possible… Mais le monde d’Emma se fissure lorsqu’une jeune fille apparaît un jour dans sa cuisine. Natasha. Alors que David est en joie, Emma, elle, s’interroge : où était-elle toutes ces années ? Comment l’intégrer dans leur vie de famille idéale ? Et pourquoi ce sentiment que l’adolescente pourrait représenter une menace pour elle et pour son bébé ? Que cache la disparue de Noël ?