Les DIY de Maélie, tome 1 : Des papillons dans le ventre de Marilou Addison


Des papillons dans le ventre Marilou Addison

Les DIY de Maélie, tome 1 : Des papillons dans le ventre de Marilou Addison est un roman jeunesse dont la date de publication est prévue le 12 juin. Je remercie par avance Netgalley ainsi que les éditions Kennes pour leur confiance et cette belle découverte.
J’ai choisi de lire cette nouvelle série car j’étais certaine que cela serait une lecture commune mère-fille passionnante (ma fille ne devrait plus tarder à le démarrer) et c’était aussi le pari d’apprendre tout en lisant à faire des DIY.

Ce livre a tout pour tenter, une couverture girly avec de belles couleurs, un titre accrocheur et ludique autour des DIY, un synospis accrocheur qui promet d’ors et déjà de traiter des sujets autour des adolescents, public à qui s’adresse cet ouvrage. L’auteur et la maison d’édition sont prévenants avant même le début de l’histoire avec une information essentielle, des expressions québécoises parsèment l’histoire, des explications en bas de page seront présentes pour ces mots-là. Soyez rassurés, il n’y en a pas une profusion, je suppose que cela a été réfléchi en ce sens et les quelques expressions utilisées reviennent régulièrement pour faciliter la lecture aux francophones « d’ailleurs ».

Maëlie emménage chez un ami de ses parents adoptifs, Sam. La jeune fille de 13 ans va démarrer une rentrée dans un nouvel établissement scolaire. C’est l’occasion pour Maëlie d’évoquer ses appréhensions comme toute autre jeune fille de son âge suite à ce déménagement. Son nouveau lieu de résidence est aussi une opportunité pour faire le lien avec ses origines familiales, sa mère ayant habité le village où elle emménage. Bizarrement, l’adolescente vit bien ces changements. Pourquoi ? N’y perd-elle pas au change en quittant son quotidien, ses amis, les avantages de la vie urbaine ? Pourquoi la vie en milieu rural, l’isolement possible ne l’inquiète-elle pas ?

Ce premier tome nous permet en tant que lecteur de faire connaissance avec Maëlie, cette jeune fille calme, mal dans sa peau, peu sociable mais passionnée et très douée pour les DIY. C’est un combo gagnant car cet ouvrage est régulièrement illustré pour présenter les créations de notre héroïne tout en abordant des thématiques sur les adolescents : l’amitié, l’amour, la famille, les réseaux sociaux…
L’auteur n’est pas à son premier essai puisqu’après cette lecture j’ai découvert qu’elle avait publié une quantité d’ouvrage s’adressant à un public jeunesse et cela se ressent très bien car elle a les mots justes et cible adroitement des thèmes phares tout en nous faisant ressentir les émotions qu’éprouvent Maëlie, mal dans sa peau, honteuse par ce qu’elle vit.

Les personnages ont des caractères multiples entre Paméla, la pétillante nouvelle amie de Maëlie, un Sam, vieux célibataire sans enfant qui tâtonne pour accueillir la jeune fille mais qui est très prévenant avec elle, Esteban, un camarade de classe mystérieux au caractère particulier et très entreprenant.

Cependant, cette première partie est très courte. Ce choix reste assez surprenant car la rentrée des classes démarre à peine que le livre se finit déjà. L’entrée en matière se fait sur quelques semaines, environ 1 mois ce qui reste très court. Le seul avantage c’est que Des papillons dans le ventre est suffisamment étayé, et qu’une multitude de questions se profilent déjà dont on attend vivement les réponses.

En conclusion, cette série a une écriture mesurée, promet du mystère à revendre. L’héroïne est attachante, passionnante quand elle s’adonne à ses DIY et attendrissante quand elle nous fait part de ses difficultés en amitié… En bref, une lecture qui s’adresse à un public entre 12 et 16 ans.

  • Maison d’édition : Editions Kennes
  • Nombre de pages : 400 pages
  • 4ème de couverture :Bon, salut tout le monde! Super contente de voir que vous avez été plusieurs à réagir à ma demande et à m’envoyer des questions. Étant donné que vous êtes de plus en plus nombreux à me suivre, je crois qu’il était temps que je fasse une foire aux questions, plus connue sous le nom de FAQ!

    En fait, il y a une raison bien particulière pour laquelle j’ai eu envie de faire cette FAQ. C’est que… je dois vous avouer quelque chose. Premièrement, ce n’est pas la première chaîne You Tube que je démarre. Mais j’ai dû fermer l’autre parce que j’ai subi beaucoup d’intimidation, à mon ancienne école.

    Je sais que je ne suis pas la seule à en vivre, et c’est pour éviter que ça vous arrive que j’en parle aujourd’hui. Je crois que l’important, c’est de jamais baisser les bras. Et de pas avoir honte.

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Continent, livre 2 : Guerre civile de Franck Wagrez


Continent livre 2

Guerre Civile est le second tome de la saga Continent écrite par Franck Wagrez dont j’avais eu l’occasion de lire le premier opus, Un Complot en début de premier année. A l’issue de cette découverte, j’avais marqué mon intérêt pour lire la suite et Franck Wagrez m’a très gentiment proposé de poursuivre dans cette série. Je le remercie encore une fois pour sa confiance.

Guerre Civile est un titre adapté pour ce deuxième livre puisqu’il va se démarquer par son orientation plus prononcée autour d’attaques belliqueuses. Baudouin veut récupérer son duché, Arhmarel, le roi décide le rappel du ban, appelle son ost à Aélénia pour marcher sur le Valfortin où s’est retranché Béatrix suite à la menace d’un embastillement. En parallèle, nous suivrons aussi les pérégrinations d’Isabella d’Halgedad dans la diplomatie mais aussi les machinations d’Alphon et Guillaume…

Après le calme, la tempête, tel est le constat qu’on peut se faire et l’auteur clôt d’emblée ainsi avec son premier tome introducteur. La direction prise permet une nouvelle illustration des complots du royaume mais renouvelle avec ingéniosité la narration, l’action…
Le ton de l’auteur est toujours atypique, franc, rude. Les batailles sont ainsi racontées sur un ton « pince sans rire » avec des attaques en plein hiver entraînant des ascensions en pleine montagne, des conséquences sans équivoques comme les maladies, la famine. Wagrez s’en donne à cœur joie et noircit atrocement le tableau avec des exagérations dont on finit par s’amuser. Guerre Civile nous fait osciller ainsi entre des stratégies grotesques que l’auteur moque au travers des entêtements d’un roi mais aussi des questions sur les jeux de pouvoir totalement pertinentes, nous orientant sur des sujets plus sérieux autour de la question du sacrifice, de l’image, du paraître.

Ce livre est aussi nourri de passages remettant en question les protagonistes imaginés par son auteur. Ainsi, le Roi est le sujet de propos autour de sa politique contestée, des interrogations des subalternes concernant ses choix ou encore la conduite du Fou du Roi, ses piques sont critiquées… Cette série prouve ainsi qu’elle ne se fige pas sur la seule évolution de ses protagonistes par l’action et dans le seul objectif de les rendre plus beau, plus fort. Elle propose ainsi des parties sur des questions sociétales, philosophiques, religieuses.

L’écriture est toujours aussi bien maîtrisée avec un récit prenant, bien calculé. Mais cependant, il reste une première limite pour cette deuxième partie. J’attendais beaucoup de découvrir un territoire celui de Continent, et avec une saga au nom éponyme, cela semblait incontournable d’entrevoir des passages réguliers le concernant. Raté, l’intrigue y renvoie régulièrement mais de manière indirecte, les personnages y font référence de temps en temps mais de manière induite et j’aurais préféré retrouver quelques intermèdes sur Continent comme dans le premier tome.
Ma seconde limite revient sur la complexité de l’intrigue qui pourrait rebuter plus d’un notamment autour de la difficulté de repérer les prétentions et les pouvoirs de chacun surtout sur les aspects religieux où le système semble plutôt complexe et peu explicité.

En conclusion, j’ai encore passé un très bon moment dans cette série, il y a du mystère à revendre, le plaisir de lire une série très étayée et complexe. A l’issue de Guerre Civile, je suis curieuse de savoir comment l’auteur va réussir à se tenir à 4 livres tellement il me semble qu’il y a encore à dire.

  • Maison d’édition : Auto-édité
  • Nombre de pages : 374 (version PDF)
  • 4ème de couverture : Le complot ourdi par Guillaume, avec la complicité d’Alphon a fonctionné. Alors que l »armée royale avance dans le Valfortin pour aider Baudouin à récupérer son duché, Isabella  d’Halgedad fait la connaissance de l’Amazone et l’Harmoniste progresse dans son enquête. Mais rien ne va se passer comme prévu. le jeunes chevaliers d’Helgor vont être confrontés à l’horreur de la guerre, Isabella va découvrir les charmes cachés de la diplomatie et l’Harmoniste bouleversera l’institution qu’il est venu défendre. De leur coté, Guillaume et Alphon poursuivent leur patient travail de sape et en récolteront les premiers fruits.

Les Neiges de l’éternel de Claire Krust


Les neiges de l'éternel de Claire Krust

 

Les neiges de l’éternel est un ouvrage écrit par Claire Krust. Un roman dans le genre de la fantasy qui se démarque déjà par son lieu. Une véritable tentation pour une passionnée de ce genre, une occasion pour lire mon premier roman fantasy dans un Japon médiéval.

Les neiges de l’éternel est un livre qui met en avant 5 destins donc 5 histoires ou parties. La première partie conte l’histoire de la riche famille du Daimyô qui est en train de vivre un drame familial. Le fils aîné, Akira est gravement malade, l’espoir de le voir survivre s’amenuise au fil des jours. Sa sœur, Yuki très proche de lui, fait le choix presque insensé pour une jeune fille de s’échapper du nid familial pour trouver un remède auprès d’un guérisseur de renom. Les parties qui suivront s’accorderont autour de cette intrigue originelle puisqu’elles nous permettront de suivre d’autres protagonistes qui ont croisé ou eu un lien avec ce frère ou cette sœur.

Avec ce roman, le schéma choisi par l’auteur pour construire son récit est totalement pertinent et appréciable. Il permet d’assurer une multitude de détails pour cette histoire qui gagne en profondeur au fil des pages, un attachement suffisant à chaque protagoniste mais surtout à la sœur d’Akira.
La relation fraternelle est très bien mise en perspective, pas un instant la lassitude l’emporte autour de ce point de départ et des retentissements ou des à-côtés en lien. J’aurais tellement adoré que « cet instant d’éternité » dure encore un peu (ou beaucoup). A la lecture de la dernière partie j’ai enfin appréhendé cet ouvrage comme un recueil de nouvelles et non comme le roman que j’attendais.

Finalement, au travers de ce point de vue et surtout avec le recul (je ne le cache pas cette lecture m’a retournée et beaucoup questionnée), je me suis accommodée plus facilement de cette lecture car les recueils de nouvelles ou novelas me rebutent bien souvent mais ici avec l’agencement pensé par Claire Krust j’y ai trouvé plus que mon compte. Comme quoi, il suffit de faire de belle découverte comme celle-ci pour se consoler un peu avec un format qui tournait à l’abandon depuis quelques années dans le choix de mes lectures. Il reste que j’en aurai demandé encore un peu plus car la puissance du personnage d’Akira est telle qu’elle laisserait place encore à des pages et des pages. C’est la limite dans l’écriture d’un auteur, le savoir « quand s’arrêter ? » qui se pose et où les avis et les réponses à la question vont être totalement subjectifs.

Pour les aspects plus globaux, l’univers nippon est agréable à découvrir au travers d’un lexique adapté, d’un contexte qui semble se tenir et sous entend un certain nombre de recherches pour la crédibilité. La plume est simple et fluide, l’auteur sait aborder des thèmes intéressants notamment autour de la mort et du deuil en développant différents points de vue (famille, etc), de l’identité familiale, de la puissance et de ses limites, de l’amour. C’est un roman très riche, qui se révèle au fil des chapitres avec des sujets de plus en plus sérieux et développés.

En conclusion, j’ai fait une très bonne découverte avec de belles surprises notamment grâce à la construction des Neiges de l’éternel mais aussi au travers des sujets abordés de manière très pertinente.

 

  • Maison d’édition : Editions ActuSF
  • Nombre de pages : 359 pages
  • 4ème de couverture : Dans un Japon féodal fantasmé, cinq personnages racontent à leur manière la déchéance d’une famille noble. Cinq récits brutaux qui voient éclore le désespoir d’une jeune fille, la folie d’un fantôme centenaire, les rêves d’une jolie courtisane, l’intrépidité d’un garçon inconscient et le désir de liberté d’un guérisseur.Le tout sous l’égide de l’hiver qui s’en revient encore.

     

L’Inconnue de l’équation de Xavier Massé


L'inconnue de l'équation Xavier Massé

 

L’inconnue de l’équation de Xavier Massé est un thriller sous un schéma plus qu’inhabituel. Le synospsis en donne déjà les grandes lignes au travers de ces interrogatoires apportant les points de vue de deux protagonistes différents suite à un drame dont elles ont été toutes deux témoins ou parties prenantes. Pour cette fois-ci, c’est bien cette construction qui m’a encouragé à découvrir ce dernier roman signé Xavier Massé.

L’inconnue de l’équation commence par la scène du drame. Complètement incompréhensible d’un point de vue extérieur sans remonter à l’histoire qui a amené Juliette et François à se faire face armés dans leur maison où surgit inopinément une policière et l’enfant du couple. Quelle nuit, quelles horreurs !!! Et quelle ingénieuse idée de l’auteur d’avoir choisi de partir des interrogatoires pour comprendre le drame au travers de deux points de vue, celui de la mère de François et celui de la policière qui a été présente sur les lieux cette nuit-là.

Cette construction permet ainsi de remonter dans le temps pour comprendre les causes de cette dispute fatale entre Juliette et François. Les deux témoignages se complètement savamment ce qui offrent des perspectives pertinentes pour garder des ouvertures afin de mieux appréhender les comportements, les personnalités, les faits de chacun des deux époux et de leur entourage. Entre roman policier et roman psychologique, le constat est sans appel, l’intrigue est dense, détaillée.

L’équipe d’enquêteur qui se charge de démêler l’imbroglio de cette fameuse nuit apparaît rusée, bien organisée. Elle mène les deux interrogatoires en même temps afin de conserver au mieux les témoignages les plus vrais possibles sans élément extérieur qui pourrait perturber les propos des témoins. C’est très ingénieux surtout quand il reste une incertitude et si ces morts étaient le fruit d’un meurtre et si un criminel était dans une des salles d’interrogatoire ? Effectivement entre les multiples tirs de cette nuit, il reste plus d’une question ouverte et le temps est compté.

C’est un roman ainsi plein de suspens avec ces deux entretiens qui se font échos, avec ces vies qui se déroulent sous nos yeux au travers des propos de Mireille et  de l’inspecteur Binger.

Personnellement, j’apprécie quand le lecteur peut prendre part activement à l’enquête en récupérant le maximum d’informations. Ce roman n’y échappe pas et cela a été un plaisir de suivre assidûment chaque fait. Sauf que l’auteur a parsemé des pièges dont cette « inconnue » dans l’équation que le titre proclame ouvertement. Et forcément, piégée ! La fin de l’histoire est donc en lien avec cette « inconnue » ce qui renverse la vapeur et en fait un final impossible à imaginer. Personnellement, c’est le petit bémol ou mon côté mauvaise joueuse qui m’a fait grincer des dents sur cet aspect, je n’ai pas joué jusqu’au bout. C’est d’une frustration et cela l’est plus encore quand on se dit que le titre nous prévenait avant même d’avoir lu les premières pages.

Malgré tout, ce qui reste dommage c’est que la police ne saura pas tout et ne pourra pas rendre justice aux victimes de cette nuit-là. Le biais pour tout nous dévoiler reste bancal puisque finalement cette fois-ci on sait tout car l’auteur partage avec nous, lecteurs mais au-delà plus d’interrogatoires ou d’autres témoignages ou d’enquêtes policières pour nous amener à tout comprendre.

En conclusion, j’ai découvert Xavier Massé, un auteur joueur et surtout très rusé, qui a le souci du détail avec L’inconnue de l’équation, une imagination très intéressante notamment dans la construction d’un roman policier. Le seul bémol reste cependant la fin qui suivant les appréciations des lecteurs pourra probablement décevoir.

  • Maison d’édition : Editions Taurnada
  • Nombre de pages : 238 pages
  • 4ème de couverture : Quatre heures. La police n’a que quatre heures pour démêler ce qui ne semblait être au départ qu’un simple drame familial : un couple, Juliette et François, retrouvé carbonisé, leur fils, Julien, gisant au sol.
    Deux salles d’interrogatoires, deux témoins de la tragédie : la mère de François et une flic déjà présente sur les lieux. Deux versions, deux visions différentes.
    Accident, meurtre, ou vengeance ?
    Une toile d’araignée va se tisser peu à peu et d’une simple énigme va surgir une équation… aux multiples inconnues.