Une poule sur un mur… de Julie Dénès


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Une poule sur un mur…, une ritournelle pour titre, un résumé digne d’un témoignage poignant, il n’en fallait pas plus pour me convaincre de découvrir cet ouvrage.

Première surprise, la narration n’utilise pas le « je » mais le « elle ». Je m’attendais à une autobiographie, je suis très vite devenue curieuse car je voulais comprendre.

Le quotidien d’Ève est brossé, la vie d’une étudiante en droit célibataire vivant toute seule dans son studio qui tombe amoureuse. Une amourette un peu trop facile où plane le danger mais Ève en plein dans la passion d’un amour naissant n’est pas si méfiante. Enfin si un peu, la narration à la 3ème personne permet le partage et les questions sur des comportements plutôt instinctifs qui pourraient devenir dangereux comme monter dans la voiture d’un inconnu.

Ce texte est intriguant car il témoigne d’une descente aux enfers avec des scènes de violences physiques et mentales souvent très crues mais pas seulement. L’aspect psychologique abordé au travers de scènes du quotidien plus anodines est tout aussi terrible. Ainsi sortir de chez elle lui parait inimaginable par exemple, elle aurait tellement peur que son « petit ami » arrive à l’improviste chez elle et ne l’y trouve pas… L’ambiance, les faits sont tellement bien retranscrits que l’on ressent la panique d’Ève pour son bourreau, que tout est limpide et compréhensible même s’il serait si facile de se demander pourquoi elle n’ose pas réagir et dénoncer ce qu’elle vit.

Les phrases sont courtes, les mots sont souvent crus, l’intensité en est ainsi renforcée. Le livre se lit d’une traite mais les réflexions, les images qui me resteront après lecture seront vivaces un moment dans mon esprit.

L’épilogue est de plus bienvenue. Autant, le fil de l’histoire sans cet épilogue aurait pu s’en tenir à une simple liste des faits tragiques qui sont arrivés à l’héroïne. Sans rien de plus, sans réflexion, le lecteur serait resté avec la cruauté des mots et des gestes de cet homme brutal. Je serais restée sur ma faim et je n’aurais jamais eu cet avis si cet épilogue n’avait pas été présent car les explications sont toutes là. Le pourquoi du « elle » et non du « je », le constat et les réflexions sur le vécu de l’auteur…Le texte ne sonne plus creux et le récit a trouvé son sens.

Et je dis bravo à cette auteur d’avoir osé d’écrire son histoire, de la dévoiler à tout le monde, son entourage comme les lecteurs inconnus et surtout pour son combat avec cette nouvelle vie qu’elle a pris en main et crée de toutes pièces.

  • Maison d’édition : Editions Michalon
  • Nombre de pages : 182 pages
  • 4ème de couverture : « Il y a 14 ans, je suis morte. La violence, les humiliations, les maux et les mots m’ont détruite. La honte et la culpabilité m’ont réduite au silence.   À présent, je vous livre mon lourd secret : l’histoire de cette mort méticuleusement orchestrée à huis clos. Je vous décris le cycle de la violence que j’ai subi : la lune de miel ; puis la tension, la violence physique ou psychologique, la culpabilité ; et enfin la lune de miel, à nouveau. Ce mécanisme qui retient la victime, qui lui fait espérer des jours meilleurs, un avenir radieux et heureux. Cette spirale infernale dans laquelle j’ai sombré et que j’ai réussi à briser en partie grâce à cette comptine. »   Engagée dans la défense des droits de l’homme et spécifiquement ceux des femmes, Julie Dénès est juriste. Elle a deux enfants.
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Le manoir de l’écureuil, 2ème partie de Serge Brussolo


Le manoir de l'écureuil, PARTIE2 de Serge Brussolo

La fin de la première partie nous laissait sur notre faim, pantelant, curieux de découvrir la suite de l’histoire. C’est avec une reprise de la narration étonnante que nous reprenons le fil de l’intrigue. Mickie l’héroïne reçoit le journal intime de sa mère. Une belle perspective pour la lecture puisque nous avons l’assurance de découvrir un témoignage vrai (si la source est sure bien évidemment) sur le passé de la mère de l’héroïne et de son étrange relation avec Savannah Warlock.

C’est inattendu, bien trouvé même si j’ai trouvé dommage de perdre de vue Mickie durant une grande partie de cette suite. Pour la découvrir un peu plus, je n’ai pas commencé par le bon tome et je vais devoir reprendre les autres titres parus de l’Agence 13 pour me faire une meilleure idée sur cette jeune femme.

J’ai eu l’impression que l’histoire s’essoufflait puisque nous perdions l’ambiance de terreur avec ce climat « pourri » avec son désert, sa population déjantée et toutes les menaces présentes.

D’un autre côté, avec ce témoignage de première main, nous avons l’ensemble des réponses à nos questions et nous découvrons tout un personnage au travers d’Anna Katz, l’illustratrice personnelle de Savannah Warlock. Mickie quant à elle découvre une grande partie de son histoire familiale, ce qui n’est pas négligeable dans l’évolution d’un personnage.

Après la lecture du journal intime, le rythme devient plus intense avec un dénouement rapide et survoltée. Par un tour de passe-passe, Serge Brussolo aborde une fin toute aussi curieuse que l’ensemble du récit mais qui fonctionne.

En conclusion, Le Manoir de l’écureuil dans cette seconde partie m’a surtout déçue par la perte de son ambiance originelle même si le contenu restait relativement intéressant. Je conseille ce récit pour se changer les idées et pour découvrir une plume singulière.

  • Maison d’édition : Edition 12-21
  • Nombre de pages : 91 pages
  • 4ème de couverture : A Salton Sea, Mickie Katz, décoratrice d’intérieur au sein de l’Agence 13, est en plein travail : elle s’occupe du manoir de Savannah Warlock, célèbre romancière disparue dix ans auparavant dans des conditions demeurées obscures.
    Suite à plusieurs événements (voir Le manoir de l’écureuil, 1re partie), Mickie entre en possession d’un journal intime tenu autrefois par sa mère morte des années plus tôt dans l’incendie de sa maison. La lecture de ce journal va plonger Mickie dans la perplexité et l’incompréhension. Sa vie serait-elle fondée sur des mensonges ?

La maison bleu horizon de Jean-Marc Dhainaut


La maison bleu horizon de Jean-Marc Dhainaut

Tout d’abord, je remercie les éditions Taurnada pour leur confiance renouvelée en me proposant un nouvel ouvrage à chroniquer avec La Maison bleu horizon de Jean-Marc Dhainaut.

La Maison bleu horizon m’a fait sortir des sentiers battus puisque je lis très rarement des ouvrages sur des faits paranormaux. J’étais légèrement sceptique sur ce côté fantastique rattachée aux esprits, aux fantômes, j’étais curieuse de découvrir le parti pris de l’auteur.
Alan Lambin est un chasseur de phénomènes paranormaux, dans le récit, il est interpellé par une famille bourgeoise vivant dans la Somme suite à des faits étranges qui laissent penser que leur maison est hantée. Alan Lambin s’attend à découvrir des causes rationnelles aux témoignages de panique des Anneraux. Ce monsieur est équipé d’appareils étranges afin de décrypter les sons, les images tout en étant vigilant à l’aspect psychologique de la peur de ses clients.

Pourtant c’est la surprise, Alan découvre des choses déconcertantes dans cette maison. Nous entrons dans l’intimité d’une famille durant le Nouvel An tout en s’introduisant par pur hasard dans une histoire vraie en plein cœur de la Première Guerre Mondiale.
L’ambiance est frissonnante à souhait, impossible pour moi de lire ce roman tard le soir, j’étais trop effrayée par les événements paranormaux décrits. L’auteur a dosé savamment les mots et décrit admirablement les émotions des protagonistes pour que nous soyons aussi peu rassurés qu’eux. L’enchâssement d’un autre récit mais historique cette fois-ci est ingénieux et passionnant. Tous les protagonistes dans le passé et le présent sont intéressants, suffisamment travaillés pour prendre du plaisir à les accompagner et éprouver un minimum d’empathie les concernant.

Par contre, j’ai constaté quelques facilités légèrement décevantes notamment pour l’explication de certains faits sans que l’intrigue elle-même n’aide à leurs compréhensions (horloge) et les coïncidences sur certains décès sont légèrement gênantes car un peu trop fréquentes.

Le dénouement est simple mais a su conserver une logique pour les grandes lignes de l’histoire.

En conclusion, j’ai globalement apprécié ce roman car l’auteur a savamment dosé le paranormal en créant un héros attaché à la psychologie et à la recherche de causes rationnelles avant de se laisser submergé par le surnaturel. La liaison à notre passé historique sur la Grande Guerre a été une idée ingénieuse abordant des sujets importants mais encore cachés de nos jours. A conseiller à tous les lecteurs aimant se faire frissonner durant leur lecture.

  • Maison d’édition : Editions Taurnada
  • Nombre de pages : 260 pages
  • 4ème de couverture : Janvier 1985. Tout commence par un message laissé sur le répondeur d’Alan Lambin, enquêteur spécialiste en phénomènes de hantises. Une maison, dans un village de la Somme, semble hantée par un esprit qui effraie la famille qui y vit. En quittant sa chère Bretagne, Alan ignore encore l’enquête bouleversante qui l’attend et les cauchemars qui vont le projeter au cœur des tranchées de 1915. Bloqué par une tempête de neige, sous le regard perçant d’un étrange corbeau, Alan réussira-t-il à libérer cette maison de ce qui la tourmente ?

Dune, tome 1, partie 1 de Frank Herbert


dune, tome 1 partie 1 frank herbert

Honte à moi, je ne publie ma chronique que maintenant. Notre LC s’est faite dans les temps malheureusement, je me suis persuadée que nous étions sur une session juin/ juillet. Toutes mes excuses ma binomette pour ce contretemps.

Dune est une saga que nous avons décidé de sortir d’un accord commun avec Mina, ma binôme du défi Minérine. Pour cette session, après la réussite de notre 1ère LC sur le tome 1 des Cités des Anciens de Robin Hobb, nous avons décidé toutes les deux de relancer le pari.
Avant de faire notre choix, Mina et moi avons tâtonné un peu avant de nous décider pour nos lectures de cette session. Quelques hésitations car cette série nous a été décrite comme complexe mais vite balayées à mon goût.

Dune est une saga qui mise avant tout sur Paul, le personnage principal. Il occupe déjà le centre de l’intrigue dès les premiers chapitres. Ce jeune garçon doit aller sur Dune avec ses parents, planète que son père le Duc Leto vient de recevoir en fief. Mais avant leur départ, il rencontre une Révérende Mère des Bene Gesserit, ordre dont a fait partie sa mère par le passé. Cette congrégation est surprenante et orchestre tout un programme pour la procréation des enfants. On s’interroge vite sur la naissance de Paul et on comprend vite qu’il est une « surprise » puisque Jessica sa mère avait reçu l’ordre d’engendrer une fille. La Révérende Mère veut ainsi rencontrer Paul et lui édicte les grandes lignes d’une prophétie autour de la naissance du Kwisatz Haderach, un homme capable de voir ce qu’elles ne peuvent voir. Ses propos sont presque une mise en garde et éveille les soupçons sur une importance future.

Très vite de nombreux termes étranges apparaissent. Tous sont loin d’être explicites, le contexte ou l’intrigue ne nous aident pas forcément à trouver des explications claires immédiatement.
Cette lecture requiert patience et attention. Le cadre change vite avec l’arrivée sur Dune, une planète recouverte de sable où l’eau est une denrée rare et où la célèbre « épice » est récupérée. La découverte de la population locale, de leur mode de vie et de leur coutume, les nombreux peuples cités pas forcément alliés, certains sous la domination des autres impliquent une mémorisation intensive. Il faut démêler tout un écheveau pour assimiler le contexte politique et économique.

Les complots et les stratégies sont aussi constantes, les protagonistes sont sans cesse sur le qui-vive. La vigilance est de mise pour eux mais aussi pour nous en tant que lecteurs afin de suivre le cheminement du récit.

J’ai apprécié de trouver une lecture où je dois me concentrer un minimum par contre un cadre aussi changeant n’aide pas pour cibler son attention sur un ou plusieurs protagonistes. A l’issue de ce premier tome, j’ai l’impression de ne connaître personne réellement et de mon avis, ce n’est pas un aspect essentiel pour Frank Herbert qui n’a pas tant insisté durant ce premier opus.

Je me suis trouvée une passion pour les dialogues. A mon sens, ce sont les passages les plus intéressants sur le choix des mots prononcés notamment et à qui ils sont adressés. Petit bonus pour les lecteurs, nous avons des passages en italique qui nous signalent les pensées des personnages. Cela n’est pas négligeable pour comprendre les intentions, les sous-entendus exprimés au travers des dialogues.

Dune est une série très vivante où le facteur humain est souvent balayé au profit des complots, des prises de pouvoir dans un contexte politique mouvant. La religion semble prendre aussi une position importante et finalement nous découvrons un contexte travaillé avec minutie.
Au final, je ne dirais pas que cette lecture est complexe mais qu’elle est pleine de subtilités dans un environnement riche où il reste encore beaucoup à découvrir.

  • Maison d’édition : Editions Pocket
  • Nombre de pages : 348 pages
  • 4ème de couverture : Sur Dune, la planète des sables, germe l’épice qui donne longévité et prescience. A cause de l’épice, tout l’empire galactique du Padishah Shaddam IV tourne autour de Dune, âprement convoitée par les nobles maisons du Landsraad et la Guilde des Navigateurs.
    Leto Atreides, Duc et Cousin de l’Empereur, a reçu Dune en fief. Pour peu de temps. En 10191, il meurt assassiné. Mais son fils Paul, avec sa mère, trouve asile dans les repaires du peuple Fremen, indompté, invaincu, la lie de Dune pour certains, le sel de la terre pour d’autres. Paul grandit dans le désert et forge l’arme de sa vengeance.
    Mais ne va-t-il pas dépasser son but, lancer les légions Fremen en une effroyable croisade ? Il a, dit-on, le pouvoir de connaître l’avenir. Aura-t-il celui de l’éviter ?
  • Y-a-t-il une suite? : Oui tout un cycle existe sur Dune, mais les éditions françaises ne suivent pas forcément les éditions en VO notamment pour le tome 1 qui est découpé en 2 parties en France.