Défi Minérine: mai/juin


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Je vous rappelle les fameuses règles de notre challenge à Mina et moi:

  • Tous les deux mois, chacune choisit une lecture pour l’autre dans sa PAL avec un petit mot d’explication.
  • Chacune a donc deux mois pour lire le livre choisi et le chroniquer.
  • Le défi était prévu pour 6 mois à l’origine mais nous l’avons reconduit et nous nous accordons toujours 1 joker si nous manquons de temps ou dans l’éventualité d’une lecture qui ne nous plairait pas.

Le défi Minérine est reparti pour une nouvelle session, déjà le temps passe vite!! Nous sommes partis dans deux genres diamétralement opposés lors de ce début de printemps même si l’on cherche bien nous pouvons trouver des points communs dans les héros torturés et plutôt victimes de la société de nos deux livres . Mina a découvert Blaze de Robert Bachman alias S. King, roman avec lequel elle a passé un très bon moment avec un beau portrait d’homme avec un grand H comme elle l’a si bien dit. J’ai été ravie de tomber si juste et de constater que nous partagions des points de vue assez similaires sur cette lecture même si je ne sais pas pourquoi à l’époque je ne lui avais pas mis une si bonne note. Quant à moi, j’ai plongé au cœur d’Histoire d’une mère d’Amanda Proswe dont je suis ressortie plus mitigée. L’histoire est hautement « humaine » et touchante même si je suis restée déçue des développements autour des questions sur la dépression post-partum.

Pour cette session, nous sommes tombées d’accord pour refaire une lecture commune. C’est plutôt le choix du livre qui nous a causé quelques hésitations. Mina avait des idées bien arrêtées sur deux ouvrages : le tome 2 des Cités des Anciens de Robin Hobb ou le tome 1 de Dune de Franck Herbert. Pour le coup, j’étais d’avis de la laisser choisir car l’un comme l’autre me convenait. J’ai relu le tome 1 de L’Assassin Royal fin avril, j’ai fini Les Aventuriers de la Mer il y a peu pour continuer avec Les Cités des Anciens. Alors poursuivre cette série me plaisait assez car les Anciens sont des personnages qui me passionnent et cela devient très sympathique de relier les différentes séries entre elles les concernant. Et pour Dune, que dire à part qu’il serait temps de le sortir de sa boite… Cela fait des années que j’ai l’impression d’avoir raté un épisode quand je vois nombre de lecteurs dans mes âges qui l’ont déjà lu à l’adolescence ou au début de leur vie d’adulte ( c’est même simple je le croyais plutôt jeunesse).

Finalement, nous avons tranché tout à l’heure (oui oui on avait oublié de publier nos articles en tout début de mois, c’est bien car l’une comme l’autre on a fait la même chose, on est pas binôme pour rien)

dunetome1part1franckherbert

Sa réaction après décision définitive:

On prend des risques. *

* dixit le chéri de Mina, Dune est une série complexe. Oui, vous constaterez que l’affaire a pris une ampleur considérable mais j’ai eu des arguments qui ont pesé et nous aimons les challenges :D.

Mina a aussi rédigé son article sur cette session, vous pouvez aller le lire par ici (à venir).

Et voilà, souhaitons – nous bon courage et de bonnes lectures!!!

Les dossiers de l’Agence 13 : Le Manoir de l’écureuil, Première partie de Serge Brussolo


lemanoirdel'écureuilpart1sergebrussoloLa première partie du dernier Dossier de l’Agence 13, Le Manoir de l’écureuil de Serge Brussolo a été une lecture choisie avant tout sous le joug de la curiosité. En effet, l’auteur fait tilt dans mon esprit à une de mes lectures, celle de Peggy Sue, que j’ai faite durant mon adolescence mais surtout aux très bons échos d’une amie blogolectrice Mina qui lit régulièrement les ouvrages de Serge Brussolo. J’avais une grande envie de le découvrir avec une lecture plus mature avec cette dernière parution. Objectif 100% atteint car cet ouvrage n’est pas à mettre dans les mains de tout le monde.

L’ambiance est très sombre dans le fin fond du désert, à Salton Sea, où l’héroïne Mickie Katz est missionnée pour la réfection du manoir de Savannah Warlock, romancière défunte ou si on veut se compliquer la vie, plutôt portée disparue. C’est par le biais de l’Agence 13, en urgence que son patron Devereaux la recommande à Benjamin Lovsson, représentant de la maison d’édition de Savannah possédant la tutelle sur les biens et ouvrages de l’écrivain.

L’histoire est assez singulière au travers de son ambiance « pourrie », entre le climat désertique, le coin pollué et isolé, le très faible taux d’individus tous marginaux y vivant, Mickie n’a pas choisi un coin très prestigieux pour cette nouvelle mission. Le début n’est qu’un faible avant-goût de la suite qui sera associé à des évènements étranges, violents, mystérieux rendant ce lieu déjà flippant encore moins accueillant. La paranoïa et la folie paraissent prendre le dessus tout en développant une panoplie de questions autour de la vie de Savannah Warlock, ses œuvres mais aussi autour de sa prétendue mort.

Ce n’est pas anodin et cela permet d’insuffler du suspens, des faits troublants mais questionnant car Brussolo se permet de rendre ce récit encore plus vivant en choisissant de créer une coïncidence troublante soit un lien professionnel ancien entre sa propre mère et la romancière.

Je reste légèrement déçue cependant que les objectifs de l’Agence 13 ne soient pas plus développés ni les anciennes missions de l’héroïne car je n’ai pas lu les tomes précédents et quand la première de couverture fait référence à un dossier N°4, il est facile de s’attendre à des liens plus conséquents avec le passé des protagonistes.

Personnellement, le cynisme et la singularité du récit m’ont parfois peu emporté et pourtant j’admire le dosage de l’ambiance avec ce personnage disparu qui ont une intensité inquiétante plutôt intéressante. La fin de la première partie est suffisamment attrayante pour attendre désespérément la suite qui paraitra en juin.

Le Cycle d’Ardalia, tome 2 : Eau Turquoise d’Alan Spade


Eau Turquoise tome 2 Cycle d'Ardalia

Eau Turquoise le deuxième tome du Cycle d’Ardalia d’Alan Spade raconte la suite des aventures de Pelmen et ses compagnons de route suite à leur découverte dans le premier livre des menaces présentes le long de la Grande Déchirure. L’auteur ne tergiverse par beaucoup et nous reprenons exactement là où nous avions laissé nos héros c’est-à-dire en chemin vers les contrées en danger qui doivent être alertées.

Encore une fois, Alan Spade instille avec parcimonie suffisamment d’actions, de suspens pour que les pages se tournent très facilement. Le groupe de messagers va vivre une séparation nous permettant de suivre leurs périples sur plusieurs tableaux. Ainsi les problèmes qui surviennent sont forcément plus variés, les contrées et les populations rencontrées sont forcément plus nombreuses.

J’ai énormément apprécié découvrir de plus près ce peuple de l’Eau, les Malians. Leurs coutumes, leurs relations entre eux, leur quotidien se clarifient. J’ai vraiment dévoré ces passages et il est agréable de voir des mystères se lever avec ce peuple étrange. J’ai eu parfois plus de peine à suivre les pérégrinations de Pelmen et de Xuven cependant. J’ai eu l’impression de moins apprendre dans la majorité du livre à leurs côtés. Pelmen évolue vite et avec facilité ce qui m’a parfois déconcertée (point qui faisait partie de mes appréhensions avant même de commencer la série). La fin les concernant dans Eau Turquoise laisse heureusement entrevoir de belles perspectives pour la suite et nous laisse curieux d’un bouleversement important qui devrait avoir des conséquences sur le contexte des Enfants d’Aoles au moins.

Je suis assez déçue que des descriptions ou des explications sur les mots nés de l’imaginaire de l’auteur ne soient toujours pas présents ; j’abordais déjà ce point dans ma chronique sur le premier tome et j’en reste au même constat.

En conclusion, les aventures des héros du Cycle d’Ardalia avancent à leur rythme, le lot d’embûches parsemant leur route instille de nombreuses émotions pour des protagonistes pour lesquels un minimum d’attachement s’est déjà développé. Cet ouvrage porte bien son nom car nous sommes véritablement dans la découverte plus aboutie du peuple de l’Eau Turquoise, les Malians, un vrai plaisir à la lecture pour cette population curieuse, raffinée, évoluée… J’espère que le prochain tome continuera en ce sens et que les défauts relevés sur les deux premiers livres s’atténueront.

  • Maison d’édition : Editions Emmanuel Guillot
  • Nombre de pages : 391 pages
  • 4ème de couverture : Le long de la Grande Déchirure et au coeur du volcan Ixal, Valsshyk l’Immolé s’agite. Les créatures corrompues par ses miasmes purulents se font chaque jour plus nombreuses. Entre les murs ardents de Sinista luisent les glaives, haches et lances d’ambreroche d’une armée de réprouvés. Le jour s’approche où le nexus retenant encore le Dieu sombre s’effondrera. Alors, les nylevs surgiront des abysses… Messagers du destin, Pelmen, Xuven, Teleg, Elisan-Finella et Lominan s’empressent. Hélas ! Bientôt éclatent des dissensions et les chemins se séparent. Qui, des enfants d’Aoles ou de Malia, parviendra à avertir le monde du péril ? Au moment d’affronter les serviteurs du Feu sacré, le souffle d’Aoles et le pouvoir de l’Eau turquoise suffiront-ils ?
  • Y-a-t-il une suite? :  C’est une trilogie et un prélude existe aussi abordant la genèse des civilisations d’Ardalia.

Histoire d’une mère d’Amanda Prowse


Histoire d'une mère Amanda Prowse

Histoire d’une mère d’Amanda Prowse est un témoignage bouleversant sur les difficultés de la maternité notamment dans la création du lien mère-enfant.

Les premiers chapitres de ce livre ont été assez décevant à mon sens car l’auteur n’entre pas tout de suite dans le vif du sujet. Le lecteur doit patienter avec la lecture des débuts de l’histoire d’amour de Jessica et Matthew, la découverte de la personnalité de l’héroïne, de leurs relations avec leur famille, leurs amis. Cette partie du récit n’est pas rendue très dynamique mais dévoile quelques éléments qui seront des pistes pour donner de la teneur au drame que va vivre ce couple dans leur découverte de leur parentalité.

Pour autant, l’auteur s’est essayé à donner un peu de rythme et de vivacité avec des alternances passé-présent. Les débuts sont assez ternes pour ce choix de narration car le sujet est vraiment trop décalé par rapport aux prémices de la vie de couple de Jess et Matt qui ne sont pas encore parents.

L’histoire prend vraiment du sens à la naissance de leur bébé et là c’est magique, un suspens bouleversant se met en place. Jessica pour laquelle, j’avais plutôt une vision de fille immature, antipathique, d’une exigence démesurée devient une jeune maman que le lecteur a juste envie d’aider, de rassurer… Mes entrailles de maman se sont à plusieurs reprises tortiller à cause des jours sombres que vivent Jessica et son mari. Il est impossible de rester impassible et l’auteur utilise des mots très justes pour aborder les thèmes de la dépression post-partum, les difficultés des premiers pas en tant que parents…

Je reprocherais cependant la présence de certains clichés qui nuisent au récit et n’apportent finalement rien de nouveau par rapport à ce que les médias, la société nous renvoient sur ces sujets ces dernières années. Ainsi l’amorce avec ce début de partie sur la personnalité de Jess, plutôt explosive et sujette à des crises dès que quelque chose ne tourne pas rond dans son quotidien ou encore certaines fragilités héritées d’histoires familiales étayent la thèse selon laquelle elle serait plus susceptible qu’une autre d’être victime de la dépression post-partum. J’ai trouvé ce genre de facilité assez désagréable et les réflexions sur les difficultés mère-enfant assez limitées.

En conclusion, c’est une lecture fluide qui sait prendre aux tripes. L’auteur a un don pour rendre vivant des difficultés vécues par des personnages fictifs mais cependant pour aller au-delà et parler du sujet sur un ton plus sérieux avec des explications plus rationnelles et sérieuses sur les causes et origines de la dépression post-partum, le lecteur n’y trouvera peut-être pas son compte. Je remercie Mina malgré tout pour son cadeau, pour le choix de ce livre pour le défi Minérine sur cette session mars/avril, c’était un choix très personnalisé presque parfait (si l’auteur n’avait pas pris certains partis pris)

  • Maison d’édition : Editions Milady
  • Nombre de pages : 439 pages
  • 4ème de couverture : Jess n’a que 23 ans quand elle épouse Matt. Un an plus tard, elle est enceinte et folle de joie. Son entourage se réjouit à l’approche de l’heureux événement. Mais quand arrive le jour tant attendu, Jess n’éprouve rien pour sa fille. Pas même de l’affection. Seule face à cette terrible découverte, elle redoute de commettre un geste irréparable.