Sauf de Hervé Commère


 

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Sauf d’Hervé Commère est le second ouvrage que j’ai l’occasion de lire écrit par cet auteur. J’avais fait sa découverte avec Ce qu’il nous faut, c’est un mort qui m’avait laissé un avis mitigé sans me retirer l’envie de découvrir l’auteur avec un autre titre. J’ai osé le pari et alors je vous avoue que j’ai été bien plus convaincue cette fois-ci.

Sauf, pour moi c’est une pépite qui n’a rien à voir avec son roman précédent puisque cette fois-ci l’action domine énormément. Il pleut des surprises mais c’est un roman qui est aussi avant tout un thriller psychologique. Hervé Commère maîtrise son sujet, sa plume, nous fait devenir parano, personnages comme lecteurs.

Mat, le héros est un orphelin recueilli par son oncle et sa tante durant sa petite enfance. Il est devenu brocanteur et c’est au cœur de son lieu de travail qu’il va renouer avec son passé avec un vieil album photo. Des photos de son enfance… pourtant tout avait brûlé ? Ses parents comme les fantômes de son passé ? Et si finalement, ce passé oublié avait encore des choses à dire ?

L’enquête va démarrer sur les chapeaux de roue pour retrouver qui a pu déposer cet album mais forcément tout n’est pas si simple, des péripéties à gogo vont parsemer le chemin de Mat et l’emmener vers des pistes plus ou moins bonnes.

Les recherches des indices nous rendraient parfois complètement fous, parfois à la rencontre de la mort. On ne sait jamais à quoi s’attendre avec le chapitre qui suit. Le désespoir parfois est à son comble tant l’impossible ne peut être possible et pourtant. Ce livre tient en haleine, parle de la vie, de l’identité d’un homme, de sa famille avec des mots justes, des sentiments, des émotions poignantes.

Mat c’est un homme, un vrai avec ses casseroles, ses passions, ses réussites. Il a parfois fait les pires choses dans sa vie et il fait et vit probablement les pires dans les pages que nous avons entre ces mains mais il est touchant avec ce passé, cette identité cassée. Une plume franche, incisive. Hervé Commère écrit comme s’il était Mat.

Une imagination incroyable, fertile mais cohérente du début à la fin. Glaçant et percutant !!! Les personnages développés sont aussi d’un réalisme fou.

Seul bémol, je crois qu’on a perdu la police et le début d’enquête, quelques facilités à ce sujet me semblent exister mais c’est un détail…

Que dire, Hervé Commère vous nous écrirez encore un thriller psychologique la prochaine fois ?

  • Maison d’édition : Editions Fleuve Noir
  • Nombre de pages : 267 pages
  • 4ème de couverture : Combien de temps reste-t-on prisonnier de son enfance ?
    L’année de ses six ans, à l’été 1976, Mat a perdu ses parents dans l’incendie de leur manoir en Bretagne. Rien n’a survécu aux flammes, pas le moindre objet.
    Mat est aujourd’hui propriétaire d’un dépôt-vente. Comme à chaque retour de congés, il passe en revue les dernières acquisitions. La veille, ses employés ont récupéré un album photos à couverture de velours. Sur chaque page de cet album, des photos de lui enfant. Sauf que cet album ne devrait plus exister. Il ne peut pas exister. Et pourtant…
    Mat a toujours aimé se raconter des histoires, mais à quarante ans passés, il semblerait que la sienne lui ait échappé. De Montreuil à la pointe du Finistère, cherchant à comprendre quel message la vie veut lui adresser, il traquera les vérités, ses vérités, celles que recèle un album de famille resurgi brutalement des décombres.
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De la terre dans la bouche de Estelle Tharreau


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Un titre intriguant, une 4ème de couverture tout autant. Le contexte de la Seconde Guerre Mondiale m’a surtout poussé à dire « oui » à la proposition de Joël des Editions Taurnada pour découvrir De la Terre dans la bouche d’Estelle Tharreau.

Elsa est une jeune femme qui vient de perdre un membre de sa famille, sa grand-mère, presqu’une mère puisqu’elle l’a quasiment élevé. Avec ce décès, Elsa découvre un pan de sa vie, de son histoire qu’elle n’aurait jamais pu imaginer. Tout commence avec le legs d’une maison, habitation dont elle n’avait même pas connaissance, dont elle ne sait même pas où elle se trouve mis à part dans un petit patelin au fin fond du nord de la France et qui se nomme Mont Eloi. Pourquoi ses propres parentes ne lui ont jamais révélé l’existence de cette maison ? Leurs propres vies dans ce petit village ?

Les questions fusent vite et la curiosité de l’héroïne côtoie vite celle du lecteur. L’intérêt autour de cette histoire familiale prime sur tout dans la vie de la jeune femme dès qu’elle découvre des questions qui trouvent parfois des réponses compliquées à donner. Cette intrigue a un lien très fort avec notre Histoire, une période non moins terrible, celle de l’Occupation. Et il s’avère que pour avoir des témoignages sur sa propre histoire, Elsa ne s’attaque pas au plus facile puisque tout va vers cette époque rude qu’on préfère oublier et cacher au fond de sa mémoire dans ce petit village meurtri.

Elsa est une jeune femme tenace, intelligente, parfois un peu trop insouciante et maladroite dans ce passé qu’elle remue sans penser aux conséquences que cela pourrait générer. Cette intrusion dans la vie de ses habitants n’est pas toujours simple, souvent gênante. L’intrigue paraît alourdie par cette ambiance mais aussi par le nombre de protagonistes. Un méli-mélo de noms pour des personnages déjà âgés où l’on a parfois un peu de peine à s’y retrouver avec les prénoms anciens multiples, des descriptions peu fournies.

La plume est fluide mais pas toujours facilitée par un manque de précisions visuels entre autres. Pourtant le contexte est riche en détails, il est bien étayé, abordant des sujets encore tabous, sujets dont je n’avais pas encore trouvé trace dans les livres autour de la Seconde Guerre Mondiale. Cette intrusion dans le passé avec un récit historique bien documenté a été le grand plus de ce livre surtout pour tous les thèmes autour de la vie des femmes durant l’Occupation.

En conclusion, j’ai fait une bonne lecture surtout pour tous les aspects qui ont enrichis ma culture autour de l’Occupation, je suis parfois restée un peu plus mitigée autour des facilités prises dans l’intrigue et du manque de travail autour des personnages plutôt nombreux.

  • Maison d’édition : Editions Taurnada
  • Nombre de pages : 250 pages
  • 4ème de couverture : Les vieux de Mont-Éloi savent pourquoi ils s’aiment ou se détestent, même si les autres l’ignorent. La seule histoire à laquelle il faut croire est celle qu’ils ont écrite au musée de la Chênaie.
    Elsa refusera cette vérité lorsque sa grand-mère lui léguera une maison perdue dans la forêt, à deux pas d’un village martyr.
    Guerre. Occupation. Épuration.
    Quarante années ne seront jamais suffisantes pour oublier et chasser les fantômes du passé !

 

La disparue de la cabine n° 10 de Ruth Ware


la disparue de la cabine N°10

La disparue de la cabine n° 10 de Ruth Ware est un ouvrage qui m’a aussitôt fait penser à un titre qui aurait pu être écrit par Agatha Christie. Les associations d’idées parfois sont tenaces et pour celle-ci je ne voulais pas trop en démordre. Avec la sortie en film du Crime de l’Orient Express ces dernières semaines, il est facile de vouloir faire certains liens. Et finalement, après la lecture du roman de Ruth Ware, je me dis que j’ai été plutôt bien inspirée car l’aspect psychologique à l’identique des romans de notre célèbre romancière était fortement présent, un jeu en lien avec les statuts sociaux des personnages et un univers très british m’ont fait conclure que Ruth Ware avait du lire de nombreux romans de la Reine du Crime et s’en influencer.

Lo Blacklock est journaliste dans un magazine de voyage. Une opportunité unique se présente dans sa carrière lorsqu’une de ses collègues du journal part en congé maternité plus vite que prévu. En effet, Lo va devoir la remplacer au pied levé lors d’un voyage sur un bateau de luxe qui fait son inauguration. Notre héroïne va devoir évoluer au milieu de riches et puissants businessmen mais aussi avec des confrères travaillant dans des journaux concurrents. Ces prochains jours vont être des moments plaisants même si Lo n’est pas à l’aise dans ce monde et qu’elle doit penser à sa future chronique. Mais tout serait trop beau si cela devait être si simple non ? Une nuit, Laura Blacklock entend des bruits étranges dans la suite d’à-côté et constate des faits qu’elle n’aurait jamais dus voir. Qui était-ce ? Et qui prévenir ?

Très rapidement, l’auteur veut nous convaincre que notre héroïne a une poisse totale, déjà avec le cambriolage de son appartement puis avec cette curieuse disparition dont elle va être témoin. Ce fait étrange va avoir des répercussions étonnantes sur ce bateau. Le huis-clos y est pour beaucoup et est sans conteste une idée très ingénieuse pour développer une intrigue où l’aspect psychologique a toute son importance.

L’ambiance est particulière sur ce bateau de riches où tout est fait pour mettre pleins de paillettes dans les yeux des invités. Le rythme tourne autour des activités proposées par l’équipage, des besoins des invités en très petit comité. Enfin très petit comité, il va sans dire que le nombre de protagoniste était bien suffisant.

Dans ce roman, une petite vingtaine de personnes évolue sur ce bateau et il apparait très difficile de tous se les rappeler. Cela n’aide pas pour que le lecteur participe et réfléchisse au(x) responsable(s) de la disparition surtout quand dans le dernier quart du livre, nous sommes encore en pleine découverte de certains personnages. Ce manque de maîtrise m’a légèrement frustré surtout quand je constate le nombre de passages un peu trop long sur les pensées, états d’âme de notre héroïne. J’aurais préféré découvrir de manière approfondie l’ensemble des personnages et observer des relations plus approfondies entre eux et Lo. La paranoïa de l’héroïne prend souvent le dessus et on finit par se demander si ce récit avait vraiment l’objectif d’aboutir à l’enquête et au dénouement de la disparition ou de s’intéresser à la psychologie d’une femme fragile mise à mal et vivant des moments difficiles.

Néanmoins, certains retournements de situation m’ont fait penser forcément à ce que j’aurai pu lire dans un roman d’A. Christie. La fin reste logique et cohérente. Les articles de journaux parsemant le récit sont les bienvenus et donnent du punch. Parfois, ils prennent de l’avance sur l’intrigue, parfois nous aident pour affirmer certaines réalités.

En conclusion, j’ai apprécié ce bon petit roman dans cet univers élitiste en plein huis-clos où cette disparition nous promet de grands moments de recherches, d’enquêtes… Cependant, je suis restée sceptique sur l’objectif réel de ce roman à savoir : développer la paranoïa d’un personnage ou bien résoudre une disparition ?

  • Maison d’édition : Editions Fleuve Noir
  • Nombre de pages : 432 pages
  • 4ème de couverture : Être témoin d’un meurtre ? Angoissant. Que personne ne vous croie ? Terrifiant.
    Une semaine à bord d’un yacht luxueux, à sillonner les eaux de Grand Nord avec seulement une poignée de passagers. Pour Laura Blacklock, journaliste pour un magazine de voyage, difficile de rêver d’une meilleure occasion de s’éloigner au plus vite de la capitale anglaise. D’ailleurs, le départ tient toutes ses promesses : le ciel est clair, la mer est calme et les invités très sélects de l’Aurora rivalisent de jovialité. Le champagne coule à flot, les conversations ne manquent pas de piquant et la cabine est un véritable paradis sur l’eau.
    Mais dès le premier soir, le vent tourne. Laura, réveillée en pleine nuit, voit la passagère de la cabine adjacente être passée par-dessus bord.
    Le problème ? Aucun voyageur, aucun membre de l’équipage ne manque à l’appel. L’Aurora poursuit sa route comme si de rien n’était.
    Le drame ? Laura sait qu’elle ne s’est pas trompée. Ce qui fait d’elle l’unique témoin d’un meurtre, dont l’auteur se trouve toujours à bord…

Yzé, tome 2 : Le projet ultima de Florent Marotta


YZE projet Ultima

Le Projet Ultima second tome de la saga Yzé écrit par Florent Marotta faisait partie des lectures que j’attendais avec impatience. Le premier tome avait été une lecture dépaysante, dévorée de bout en bout, avec un univers intéressant où la magie est ingénieusement appréhendée avec des personnages magiques inventés de toute pièce.

Ma lecture du premier tome n’est plus si récente et j’appréhendais un peu de ne plus avoir la totalité des faits, des noms des protagonistes en tête. Cette inquiétude a été vite balayée quand j’ai commencé à lire des passages où Florent Marotta rappelait ingénieusement des évènements passés. Une simplicité enfantine de reprendre un train en marche et de repartir tranquillement en compagnie d’Yzé, d’Izobel, Isaac… Enfin tranquillement, pas vraiment. Les ennuis sont sérieux. Ashahell est au fait de sa puissance, il est encore vexé d’avoir échoué de si peu dans la tentative de faire revenir son aimée. Il y a de quoi craindre le pire surtout quand on sait que nos jeunes amis sont les responsables de cet échec.

L’histoire est racontée tambour battant. L’action est presque constante parfois même un peu trop. Nos jeunes héros n’ont même plus le temps de s’entraîner réellement et tentent bien souvent le tout pour le tout lors des combats avec leurs adversaires. Le village est de plus en plus divisé et le futur devient incertain de toute part. La simplicité n’est pas de mise même si je regrette encore une fois que l’évolution et l’acquisition des pouvoirs de chaque héros reste souvent trop facile.

L’intrigue se complexifie malgré tout avec les visées d’Ashahell et l’action n’est pas figée dans un seul et même endroit, on a la chance de quitter plus régulièrement la cité de Lugdunum ou le petit village caché dans lequel la jeune bande réside pour aller ailleurs en France même si les lieux ne sont pas toujours trop identifiables par rapport à notre pays actuel. Les tentatives pour étayer le contexte, l’histoire de ce monde sont présentes même si cela reste encore très ténu. J’aurais souhaité en découvrir encore largement plus mais 270 pages ne permettent pas non plus des largesses immenses sur ce sujet.

Quant aux personnages, je fais le même constat que dans le précédent tome Izobel et Isaac soient des adolescents très ternes même si Izobel arrive à nous montrer des efforts et une aide encore plus conséquente dans cet opus. Isaac mis à part une personnalité assez retranchée et incisive dans ses propos ne se livre pas énormément non plus. A l’identique, le personnage d’Ange nous sera apparu de manière bien fugitive et malheureusement de nombreuses choses, la concernant, sont restées tabous. C’est bien dommage. Yzé reste toujours la jeune fille déterminée découverte dans le premier tome tout en osant nous ouvrir un peu certains états d’âme plus sentimentaux. Fall à ma grande surprise bien que blessé physiquement reste beaucoup plus en retrait.

En conclusion, j’ai lu avec plaisir cet ouvrage. La plume de Florent Marotta reste toujours aussi fluide, l’intrigue se complexifie légèrement ce qui est plaisant. Les défauts que j’avais pu relevés dans le tome précédent sont encore en partie présents même s’il y a eu des améliorations faites pour certains d’entre eux. J’ai eu quelques déceptions personnelles autour de l’évolution de certains personnages mais qui ne nuisent en rien à l’intrigue et ma curiosité est toujours éveillée pour connaître la suite des aventures de nos héros.

  • Maison d’édition : Editions Taurnada
  • Nombre de page : 270 pages
  • 4ème de couverture : Yzé a détruit le palimpseste et les tensions entre Wicce sont à leur comble. Mais cette petite victoire sur Ashahell a un goût amer, celui de la perte d’êtres chers.
    Le mystère s’épaissit autour de la jeune femme. Qui est-elle vraiment ? Pourquoi tous ces mensonges ?
    Les ennemis des Wicce s’agitent. Que prépare la Fraternité de la Lumière dont les membres multiplient les actions pour s’emparer d’une mystérieuse substance ?
    Et pendant ce temps, Ashahell fourbit ses armes pour se venger d’Yzé et enfin mettre la main sur elle.
  • Y a -t-il une suite?  : Oui une suite est prévue.