Le dieu dans l’ombre de Megan Lindholm alias Robin Hobb


le dieu dans l'ombre de Megan Lindholm alias Robin Hobb

Le dieu dans l’ombre de Megan Lindholm alias Robin Hobb est ma dernière lecture d’une auteur auquel je suis très attachée. C’est cette écrivain qui m’a fait aimer la fantasy comme jamais avec l’Assassin Royal et depuis je m’essaies de lire tout ce qu’elle a pu écrire.

Evelyn, enfant. Evelyn adulte. Une enfant étrennant sa liberté dans la forêt en Alaska, vive, insouciante et si différente de ses frères et sœurs, de ses camarades de classe… Une jeune adulte, mère d’un petit garçon de 5 ans, mariée, découvrant la vie loin de ses contrées natales au cœur de la famille de son époux, des habitudes familiales à découvrir, toute une adaptation à faire.

Une narration entrecoupée entre le passé et le présent en début de ce roman, pour nous immerger au cœur de l’histoire de cette héroïne, pour nous imprégner de son quotidien mais surtout de cette personne atypique entre son enfance et son passage à l’âge adulte. C’est questionnant ! Comment Evelyn a pu évoluer ainsi, elle semble si différente, privée de sa liberté d’antan, de son lien avec la nature si intense… Que s’est-il passé ?

Le dieu dans l’ombre est un roman intime où le lecteur sombre dans la vie d’Evelyn. De son enfance au moment présent où elle est âgée d’environ 25 ans. Les premiers chapitres nous laissent interrogateurs sur l’objectif de ce jeu de temporalité. Au bout de plusieurs chapitres, Megan Lindholm abandonne l’Evelyn jeune pour se consacrer à la vie de cette femme en tant que belle-fille des Potter, épouse et mère. Ce changement dans la narration est probablement l’étape la moins fluide de la narration, le passage où le rythme et le suspens sont clairement au point mort. Un bémol pour ma part qui peut décourager certains lecteurs mais osez poursuivre car la suite vaut largement le détour. La vie d’Evelyn et sa famille va se retrouver bouleverser et comme toujours Robin Hobb sait dessiner avec réalisme les conséquences, les émotions et sentiments qui parsèment les moments de vie les plus durs. Avec une bonne dose de fantastique, le récit prend un tour irréel digne d’un rêve, pleins de moments forts et poignants.

Le dieu dans l’ombre pour ma part a fait remonter de nombreux souvenirs sur ma découverte de l’Assassin Royal quand j’en tournais les pages avides, le cœur serré par les aventures de Fitz car j’ai retrouvé le même rendu en termes d’émotion, une magie invisible que sait créer cette auteur avec de simples mots. Et pour aller plus loin dans la comparaison avec cette série, Evelyn, est à mon sens un pendant à Fitz avec sa vie compliquée, son originalité, sa proximité avec la nature, sa personnalité, sa façon de s’apitoyer sur son sort par instant ou alors de ne pas réagir et de refuser ce qu’on lui impose… Enfin bref vous l’aurez compris, l’auteur n’a encore pas son pareil pour créer un nouveau personnage crédible et brossée en détails.

Concernant les thématiques, ce roman est une ode à la nature, avec des descriptions à couper le souffle, des détails sur le nom des plantes, des insectes, des animaux et aussi une ode à la maternité magnifique qui m’a énormément parlé en étant moi même maman. C’est un récit qui est parsemé de bienveillance aussi ce qui fait un bien fou quand on s’échappe de l’influence des Potter et des clichés qu’ils représentaient avec tout leurs mauvais côtés.

En conclusion, ce roman peu connu est à découvrir. Il remet en évidence toute la richesse d’un récit écrit par Megan Lindholm alias Robin Hobb avec des thèmes phares que l’on retrouve fréquemment dans ses ouvrages comme l’importance de la nature avec une héroïne originale où le poids des mots a une importance cruciale pour nous faire ressentir des émotions fortes.

  • Maison d’édition : Editions ActuSF
  • Nombre de pages : 539 pages
  • 4ème de couverture : Evelyn a 25 ans. Un séjour imprévu dans sa belle-famille avec son mari et son fils de cinq ans tourne au cauchemar absolu. Une créature surgie de son enfance l’entraîne alors dans un voyage hallucinant, sensuel et totalement imprévisible, vers les forêts primaires de l’Alaska. Compagnon fantasmatique ou incarnation de Pan, le grand faune lui-même… Qui est le Dieu dans l’ombre?
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La Vérité de la Déesse de Lia Vilorë


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La Vérité de la Déesse de Lia Vilorë est le dernier né de l’auteur. Lia Vilorë au préalable a déjà écrit deux séries, celles de Vampires, parue aux Editions du Petit Caveau – dont j’avais lu le premier opus il y a quelques années-, La Louve de Brocéliande édité dans un premier temps chez Lune Écarlate et qui recherche une nouvelle maison d’édition depuis. La Vérité de la Déesse est dans le même univers que La Louve de Brocéliande mais soyez rassurés, il est possible de les lire indépendamment. Au passage, je remercie Lia pour sa confiance en me faisant découvrir son dernier livre dont la date de parution est programmée au 20 juillet. Vous pourrez le trouver au format numérique chez votre libraire numérique habituel ou sur la page Iggybook de Lia.

Nathan, détective privé, un maladroit qui s’assume, fait la rencontre inopinée d’une jeune fille, Lily lors de son footing un matin. Le jeune homme réussit à s’écorcher le crâne contre un arbre qui avait aussi eu la grande délicatesse d’être présent ce jour-là. La demoiselle se porte à son secours pour lui offrir un mouchoir pour nettoyer sa plaie et lui propose de venir boire un chocolat dans l’auberge familiale. Suite à cet incident, une veuve au travers d’une entrevue, embauche Nathan en tant que détective pour retrouver la piste d’un orgue de Barbarie disparu.

Des événements qui vont vite faire resurgir les souvenirs brumeux, des cauchemars étranges pour notre héros mais aussi un fait divers vieux de 10 ans, l’affaire Hamelin, des parallèles étranges avec la famille de la jeune fille aux yeux mauves rencontrée par hasard…Par hasard ? Est-ce que cela est vraiment un concours de circonstance? Et pourquoi lui semble-t-il connaître Lily Kendall depuis toujours ?

Lia Vilorë nous emporte dans ce qui semble être une enquête dans un premier temps. Mais vous le comprendrez vite avec cette auteur les apparences deviennent vite trompeuses. Et quand surgit une bonne dose de fantastique, il suffit de s’attendre à d’autres surprises du même genre pour plonger les yeux fermés dans un univers fouillé, où les aventures apparaissent dans un rythme de plus en plus effréné. La Vérité de la Déesse est une proposition littéraire déconcertante oscillant entre le policier, le fantastique, jouant avec la mythologie, s’envolant vers des contrées dystopiques. C’est inattendu et cela m’a laissé sans voix quand au fil des pages, j’ai découvert l’écheveau de cette intrigue où tout s’emboîtait au fil des révélations.

La construction de l’histoire est à l’image de l’intrigue très calculée ainsi chaque partie démarre par son prologue, par différents chapitres puis se clôt par un épilogue. Cela en facilite grandement la lecture notamment pour faire des interruptions.

Concernant les personnages, ils sont nombreux, peut être un peu trop par instant pour s’y retrouver notamment quand ils apparaissent sous plusieurs noms. Eux aussi, ont été crées sous la plume malicieuse de leur auteur puisque dans un premier temps, ils apparaissent plutôt sous des formes manichéennes. Les gentils sont presque des anges et les méchants sont impossibles à vivre, incontrôlables… Ainsi Lily est la jeune fille orpheline, innocente, Nathan, le gentil privé qui veut résoudre les problèmes des autres, le voleur de l’orgue de Barbarie est un méchant sans pitié, prêt à faire souffrir et tuer pour arriver à ses fins. Mais de fil en aiguille, les protagonistes apparaissant de manière récurrente dans ce livre sont décrits sous des aspects plus mitigés, plus gris… Les gentils ne sont peut être pas toujours les plus agréables au monde et il faut parfois faire certains concessions qui ne peuvent contenter tout le monde. Et à l’inverse, les méchants peuvent aussi tourner leur veste et leurs intentions paraître plus bonnes que prévues. Toujours se méfier des apparences une fois de plus.

Cependant, la construction de Nathan m’a paru assez surprenante avec une évolution légèrement rapide. Les compétences qu’il acquièrent dans ce livre se développent précipitamment. L’intrigue s’est accélérée aussi, ceci expliquant peut être cela mais pour ma part, j’ai fait un léger blocage là-dessus.

Concernant les thématiques développées, elles sont très riches notamment autour des questions de pouvoir, d’identité, de famille, des classiques vous me direz mais suffisamment revisitées pour être très pertinentes. Quelques semaines plus tard, je suis encore en train de digérer ce livre qui ne m’a pas laissé insensible, c’est pour vous dire.

En conclusion, vous trouverez avec La Vérité de la Déesse, un roman inclassable à la narration calculée avec plus d’un faux semblant qui devraient titiller votre curiosité jusqu’à la dernière page.

  • Maison d’édition : Auto-édition
  • Nombre de pages : 473 pages
  • 4ème  de couverture :Il y a dix ans, une vague de disparitions d’enfants secouait la ville galloise de Cardiff. On la nomme l’Affaire Hamelin. Nathan Pryce, détective privé maladroit accro aux sucette, est doué d’un sixième sens pour détecter le mensonge. Or, tous les ans, il se réveille d’un cauchemar à la date anniversaire de l’Affaire Hamelin et devine y avoir joué un rôle lorsqu’il était encore étudiant, mais lequel ? Quand il croise la route d’une jeune fille dont les yeux violets lui rappellent ceux de son cauchemar, le temps est venu pour lui de déterrer la vérité.

Les Galeries hurlantes de Jean-Marc Dhainaut


Les Galeries hurlantes de Jean-Marc Dhainaut

Les Galeries Hurlantes de Jean-Marc Dhainaut est la dernière aventure paranormale d’Alan Lambin. La promesse de retrouver encore un contexte fort plein de nostalgie durant les années 80 et de grands moments de frissons entre fantômes, esprits et quotidien torturé des victimes.

Dans cette nouvelle histoire, nous partons dans une nouvelle contrée, celle du Nord de la France, dans un ancien village minier où une famille, celle de Karine, son papa et sa grand-mère vivent des phénomènes étonnants au sein de leur maison. Alan plein d’hésitation, se résigne avec l’insistance de Mina à s’y rendre. Cependant, c’est cette fois en solo et avec une complémentarité moindre qu’avec sa compagne que notre spécialiste en paranormal va devoir découvrir et appréhender seul de nouvelles aventures. Notre héros se questionne d’ors et déjà, est ce bien des faits surnaturels que vivent cette famille au quotidien ou bien les conséquences de leur histoire familiale ? Va-t-il réussir à voir le paranormal sans les capacités de médium de Mina ?

Jean-Marc Dhainaut réussit avec cette nouvelle aventure à se renouveler encore une fois. Au travers d’un changement de lieu, de nouveaux personnages rencontrant des ennuis et développant de nouvelles problématiques mais pas seulement. L’auteur tente le pari de bousculer notre duo de spécialiste de manière inattendue et déclenche des réactions intéressantes montrant l’évolution encore de ses protagonistes récurrents. Une fois de plus, le lecteur découvre un récit original, bien ficelé, réfléchi minutieusement aussi bien dans son contexte que par l’évolution des personnages. L’ancienne cité minière apparaît de manière forte dans l’histoire personnelle de Karine et sa famille, un point qui rend d’autant plus réaliste l’intrigue. Le temps d’un roman nous réussissons encore une fois à nous attacher à ses nouvelles victimes.

Les faits paranormaux sont encore revisités, inimaginables et les frissons sont encore garantis. La fin bouscule d’autant plus le lecteur avec les réflexions et conséquences autours des phénomènes paranormaux. La surprise étant qu’il faut sortir de l’enquête autour de la famille de Karine pour réussir à l’aborder, c’est une première assez surprenante dans le cheminement des intrigues habituelles.

En conclusion, ce sont des nouvelles aventures encore touchantes, réalistes pleines de frissons et surtout de nostalgie que nous découvrons au travers des Galeries Hurlantes de Jean-Marc Dhainaut.

 

  • Maison d’édition : Editions Taurnada
  • Nombre de pages : 224 pages
  • 4ème de couverture : Karine, dix ans, joue avec un ami imaginaire. Tout ce qu’elle sait, c’est son âge et qu’il n’aime pas Alan Lambin, le spécialiste en paranormal que son père, désemparé et dépassé par une succession de phénomènes étranges, a appelé à l’aide. Et si l’origine de tout cela se trouvait dans les anciennes galeries minières existant toujours sous ce village du Nord ? Le seul moyen d’accéder à ce dédale oublié de tous serait les sous-sols d’un hôpital abandonné et hanté par le souvenir de tous ceux qui y laissèrent leur vie, un matin d’hiver, treize ans plus tôt.

Les Tables du Destin d’Aude Félix


Les Tables du Destin de Aude Félix

 

Les tables du destin d’Aude Félix est le premier roman de cette auteur. Le synopsis accrocheur a eu raison de mon envie de le lire et je me suis embarquée assez vite dans cette jolie brique de 703 pages. Merci à l’auteur pour sa confiance !

Mia, jeune antiquaire, a repris la boutique de son oncle, Sam à son décès. Elle mène une vie relativement tranquille, prend un réel plaisir à vivre de sa passion. Le point noir cependant, sa famille avec qui les rapports sont tumultueux depuis toujours et encore plus depuis la mort de son frère jumeau. Dans son village, sa maladresse légendaire et son franc-parler lui donnent l’occasion de faire la rencontre de Matteo. Un mystérieux jeune homme qui va bousculer sa vie routinière, se retrouver sur son chemin bon gré malgré. Et puis, en parallèle, la jeune femme découvre une étrange tablette à son domicile, apparue du jour au lendemain. Que se passe-t-il ces temps-ci, pourquoi tous ces changements, ces mystères alors que Mia partait vers des horizons plus sereins ?

Aude Félix est une auteur qui aime écrire, enrichir une histoire d’une foule de détails afin de poser le décor et de prendre le temps de découvrir le contexte de l’intrigue. C’est au travers d’une écriture fluide que le lecteur plonge au sein de la vie de Mia avec ses passions, sa famille, ses amis, ses mystères et ses amours…Mia est une héroïne dotée d’une forte personnalité, d’une franchise rude et une langue acérée. Cela promet de bons moments avec le sourire aux lèvres devant les scènes de la demoiselle. Un bon point car elle se fait d’autant plus appréciée ainsi.

Cependant, les mystères autour de l’introduction de Mattéo et de la tablette peinent à trouver un semblant d’action et de révélation ce qui a un moment nuit au rythme du récit. Trop de détails pas toujours utiles même bien écrits peuvent quand même aboutir à nous questionner sur l’aboutissement d’une intrigue. C’est le cas ici et c’est vraiment dommage parce que c’est un livre qui tient la route, qui aborde des sujets intéressants autour des relations d’une fratrie et de la gémellité, des discordances familiales. Un thème phare parfaitement illustré dans ce récit et qui change des habituels schémas autour des personnages dans les romans fantastiques.

Par contre, Aude Félix n’a pas tapé dans l’originalité dans tous ses choix et va surgir bien rapidement un triangle amoureux. Encore un et comme je ne suis pas fan, cela n’a pas été un point positif à mon goût mais pour le coup c’est purement subjectif. Par contre, le reproche à faire c’est que l’amour n’a pas forcément apporté grand-chose à l’histoire du moins pour celui qui concerne notre héroïne.

Le récit est riche en personnages, ils sont suffisamment détaillés pour y découvrir un très beau travail de recherches et dans l’écriture. Les apparitions et les rencontres s’entremêlent au destin et font écho aux réminiscences d’un passé obscur et énigmatique. Une écriture qui se révèle bien calculée.

En conclusion, Les Tables du destin d’Aude Félix est un roman très bien écrit disposant d’une écriture calculée, cependant une multitude de détails alourdissent et ralentissent le rythme du récit. Pour ceux qui adorent les romans fantastiques avec des prophéties, des triangles amoureux, foncez, il est fait pour vous !

  • Maison d’édition : Auto-édité
  • Nombre de pages : 703 pages
  • 4ème de couverture : Maladroite et un peu fofolle, Mia Fayet possède un sacré crochet du droit dont elle aime abuser. C’est dans le sud de la France qu’elle a repris la boutique d’antiquités de son oncle. Sa vie se résume à un petit cercle d’amis, une mère insupportable et un ex fiancé potentiellement cancérigène. Jusqu’au jour où elle découvre dans l’un de ses tiroirs, une tablette en or gravé d’un langage aussi vieux que l’humanité. Une tablette au pouvoir étrange qui réveille ses intuitions depuis longtemps assoupies et des souvenirs oubliés. Sans compter sa rencontre fortuite avec Matteo Scalabrino, un italien au passé sombre qui suscite en elle une vague impression de déjà-vu et une bonne dose d’exaspération. Coïncidence ou simple hasard, le moment est venu de partir en quête de la vérité et découvrir bien plus que ce qu’elle cherche.