Les Neiges de l’éternel de Claire Krust


Les neiges de l'éternel de Claire Krust

 

Les neiges de l’éternel est un ouvrage écrit par Claire Krust. Un roman dans le genre de la fantasy qui se démarque déjà par son lieu. Une véritable tentation pour une passionnée de ce genre, une occasion pour lire mon premier roman fantasy dans un Japon médiéval.

Les neiges de l’éternel est un livre qui met en avant 5 destins donc 5 histoires ou parties. La première partie conte l’histoire de la riche famille du Daimyô qui est en train de vivre un drame familial. Le fils aîné, Akira est gravement malade, l’espoir de le voir survivre s’amenuise au fil des jours. Sa sœur, Yuki très proche de lui, fait le choix presque insensé pour une jeune fille de s’échapper du nid familial pour trouver un remède auprès d’un guérisseur de renom. Les parties qui suivront s’accorderont autour de cette intrigue originelle puisqu’elles nous permettront de suivre d’autres protagonistes qui ont croisé ou eu un lien avec ce frère ou cette sœur.

Avec ce roman, le schéma choisi par l’auteur pour construire son récit est totalement pertinent et appréciable. Il permet d’assurer une multitude de détails pour cette histoire qui gagne en profondeur au fil des pages, un attachement suffisant à chaque protagoniste mais surtout à la sœur d’Akira.
La relation fraternelle est très bien mise en perspective, pas un instant la lassitude l’emporte autour de ce point de départ et des retentissements ou des à-côtés en lien. J’aurais tellement adoré que « cet instant d’éternité » dure encore un peu (ou beaucoup). A la lecture de la dernière partie j’ai enfin appréhendé cet ouvrage comme un recueil de nouvelles et non comme le roman que j’attendais.

Finalement, au travers de ce point de vue et surtout avec le recul (je ne le cache pas cette lecture m’a retournée et beaucoup questionnée), je me suis accommodée plus facilement de cette lecture car les recueils de nouvelles ou novelas me rebutent bien souvent mais ici avec l’agencement pensé par Claire Krust j’y ai trouvé plus que mon compte. Comme quoi, il suffit de faire de belle découverte comme celle-ci pour se consoler un peu avec un format qui tournait à l’abandon depuis quelques années dans le choix de mes lectures. Il reste que j’en aurai demandé encore un peu plus car la puissance du personnage d’Akira est telle qu’elle laisserait place encore à des pages et des pages. C’est la limite dans l’écriture d’un auteur, le savoir « quand s’arrêter ? » qui se pose et où les avis et les réponses à la question vont être totalement subjectifs.

Pour les aspects plus globaux, l’univers nippon est agréable à découvrir au travers d’un lexique adapté, d’un contexte qui semble se tenir et sous entend un certain nombre de recherches pour la crédibilité. La plume est simple et fluide, l’auteur sait aborder des thèmes intéressants notamment autour de la mort et du deuil en développant différents points de vue (famille, etc), de l’identité familiale, de la puissance et de ses limites, de l’amour. C’est un roman très riche, qui se révèle au fil des chapitres avec des sujets de plus en plus sérieux et développés.

En conclusion, j’ai fait une très bonne découverte avec de belles surprises notamment grâce à la construction des Neiges de l’éternel mais aussi au travers des sujets abordés de manière très pertinente.

 

  • Maison d’édition : Editions ActuSF
  • Nombre de pages : 359 pages
  • 4ème de couverture : Dans un Japon féodal fantasmé, cinq personnages racontent à leur manière la déchéance d’une famille noble. Cinq récits brutaux qui voient éclore le désespoir d’une jeune fille, la folie d’un fantôme centenaire, les rêves d’une jolie courtisane, l’intrépidité d’un garçon inconscient et le désir de liberté d’un guérisseur.Le tout sous l’égide de l’hiver qui s’en revient encore.

     

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L’Inconnue de l’équation de Xavier Massé


L'inconnue de l'équation Xavier Massé

 

L’inconnue de l’équation de Xavier Massé est un thriller sous un schéma plus qu’inhabituel. Le synospsis en donne déjà les grandes lignes au travers de ces interrogatoires apportant les points de vue de deux protagonistes différents suite à un drame dont elles ont été toutes deux témoins ou parties prenantes. Pour cette fois-ci, c’est bien cette construction qui m’a encouragé à découvrir ce dernier roman signé Xavier Massé.

L’inconnue de l’équation commence par la scène du drame. Complètement incompréhensible d’un point de vue extérieur sans remonter à l’histoire qui a amené Juliette et François à se faire face armés dans leur maison où surgit inopinément une policière et l’enfant du couple. Quelle nuit, quelles horreurs !!! Et quelle ingénieuse idée de l’auteur d’avoir choisi de partir des interrogatoires pour comprendre le drame au travers de deux points de vue, celui de la mère de François et celui de la policière qui a été présente sur les lieux cette nuit-là.

Cette construction permet ainsi de remonter dans le temps pour comprendre les causes de cette dispute fatale entre Juliette et François. Les deux témoignages se complètement savamment ce qui offrent des perspectives pertinentes pour garder des ouvertures afin de mieux appréhender les comportements, les personnalités, les faits de chacun des deux époux et de leur entourage. Entre roman policier et roman psychologique, le constat est sans appel, l’intrigue est dense, détaillée.

L’équipe d’enquêteur qui se charge de démêler l’imbroglio de cette fameuse nuit apparaît rusée, bien organisée. Elle mène les deux interrogatoires en même temps afin de conserver au mieux les témoignages les plus vrais possibles sans élément extérieur qui pourrait perturber les propos des témoins. C’est très ingénieux surtout quand il reste une incertitude et si ces morts étaient le fruit d’un meurtre et si un criminel était dans une des salles d’interrogatoire ? Effectivement entre les multiples tirs de cette nuit, il reste plus d’une question ouverte et le temps est compté.

C’est un roman ainsi plein de suspens avec ces deux entretiens qui se font échos, avec ces vies qui se déroulent sous nos yeux au travers des propos de Mireille et  de l’inspecteur Binger.

Personnellement, j’apprécie quand le lecteur peut prendre part activement à l’enquête en récupérant le maximum d’informations. Ce roman n’y échappe pas et cela a été un plaisir de suivre assidûment chaque fait. Sauf que l’auteur a parsemé des pièges dont cette « inconnue » dans l’équation que le titre proclame ouvertement. Et forcément, piégée ! La fin de l’histoire est donc en lien avec cette « inconnue » ce qui renverse la vapeur et en fait un final impossible à imaginer. Personnellement, c’est le petit bémol ou mon côté mauvaise joueuse qui m’a fait grincer des dents sur cet aspect, je n’ai pas joué jusqu’au bout. C’est d’une frustration et cela l’est plus encore quand on se dit que le titre nous prévenait avant même d’avoir lu les premières pages.

Malgré tout, ce qui reste dommage c’est que la police ne saura pas tout et ne pourra pas rendre justice aux victimes de cette nuit-là. Le biais pour tout nous dévoiler reste bancal puisque finalement cette fois-ci on sait tout car l’auteur partage avec nous, lecteurs mais au-delà plus d’interrogatoires ou d’autres témoignages ou d’enquêtes policières pour nous amener à tout comprendre.

En conclusion, j’ai découvert Xavier Massé, un auteur joueur et surtout très rusé, qui a le souci du détail avec L’inconnue de l’équation, une imagination très intéressante notamment dans la construction d’un roman policier. Le seul bémol reste cependant la fin qui suivant les appréciations des lecteurs pourra probablement décevoir.

  • Maison d’édition : Editions Taurnada
  • Nombre de pages : 238 pages
  • 4ème de couverture : Quatre heures. La police n’a que quatre heures pour démêler ce qui ne semblait être au départ qu’un simple drame familial : un couple, Juliette et François, retrouvé carbonisé, leur fils, Julien, gisant au sol.
    Deux salles d’interrogatoires, deux témoins de la tragédie : la mère de François et une flic déjà présente sur les lieux. Deux versions, deux visions différentes.
    Accident, meurtre, ou vengeance ?
    Une toile d’araignée va se tisser peu à peu et d’une simple énigme va surgir une équation… aux multiples inconnues.

Les gardiens de la lagune de Viviane Moore


Les gardiens de la lagune

Les Gardiens de la lagune de Viviane Moore est un polar historique en plein cœur de Venise au XII ème siècle. Une belle occasion pour ma part de (re)découvrir un endroit que j’ai déjà pu visiter mais pour cette fois, quelques siècles en arrière. J’attendais beaucoup de cette trame historique et je n’ai pas été déçue.

Les Gardiens de la lagune permet de découvrir une nouvelle enquête du héros récurrent, Hugues de Tarse de cette série écrite par Viviane Moore. Mais soyez rassurés cet ouvrage peut se lire très facilement sans avoir lu les précédents et je suppose que cette affirmation est vraie pour chaque livre. Bien entendu, si votre idée est de découvrir le héros plus en détails, il peut être plus logique de suivre l’ordre de parution pour les lire.

Pour ma part, je ne me suis pas sentie en difficulté car notre protagoniste, sa famille et ses « serviteurs » mettent les pieds pour la première fois à Venise au XIIème siècle en même temps que nous. Cela est un atout car ces nouveaux lieux, la plupart des personnages sont encore inconnus pour Hugues et son entourage du moins dans l’ensemble. Son arrivée n’est pas totalement hasardeuse puisque c’est le doge lui-même qui les accueille et met à la disposition du chevalier une habitation et les objets, aliments de première nécessité. Mais cette invitation n’est pas si désintéressée car aussitôt un premier meurtre commis, le doge n’hésite pas à faire appel à l’expertise du héros des Gardiens de la lagune, dont la renommée sur des précédentes enquêtes l’a précédée.

Une enquête pas si aisée puisque Hugues n’est pas encore connu des habitants, la ville de Venise a ses particularités et s’étend aussi sur plusieurs îlots, a son dialecte… Mais cette homme s’adapte et plutôt bien ; il trouve rapidement assistance dans ses recherches. Il procède pas à pas aux interrogatoires, à la recherche des indices tout en nous permettant de découvrir la culture vénitienne au travers de sa langue, de sa gastronomie, de ses merveilles architecturales, de ses mœurs.

Cette enquête se déroule dans une ambiance crédible, même si au fil des pages l’impression que le contexte historique prend le dessus devient de plus en plus évident. Cela ne m’a pas dérangé car j’avais ces attentes précisément mais je pense que cela peut rester un bémol pour un polar historique. Pour ma part, je mettrais mes points négatifs sur une histoire trop rapidement résolue et des personnages plus que survolés dans ces 336 pages. L’auteur se repose beaucoup sur les anciens ouvrages pour ne pas avoir besoin d’étayer certaines précisions si bien qu’en fin de compte, je ne saurais pas définir la personnalité de Hugues (mis à part qu’il est intelligent, tactique…ce qui reste assez banal pour un enquêteur) et encore moins de ses proches. Les seuls accents ont été mis sur le personnage qui devient la bête noire de l’intrigue ainsi que sa famille , où pour le coup, l’auteur a brossé un portrait concis et très explicite pour comprendre les tenants et les aboutissants des crimes.

En conclusion, Les Gardiens de la lagune de Viviane Moore est une enquête en filigrane au côté d’Hugues de Tarse mais surtout la découverte de la Venise du XIIème siècle, ses moeurs, sa langue, sa culture, sa cuisine.

  • Maison d’édition : Editions 10/18
  • Nombre de pages : 336 pages
  • 4ème de couverture : Une ancienne légende vénitienne raconte que, sous l’archipel, sommeille un monstre – dragon ou bête de l’Apocalypse – que seuls les gardiens de la lagune tiennent en respect…Nous sommes en 1162, des ossements enfouis sous les décombres d’une église font ressurgir un passé que beaucoup auraient préféré garder secret… Quelques jours plus tard, un cadavre est retrouvé dans le canal du Rialto. Un meurtre qui entache le nom du doge Vitale Michiel II. Malédiction, crime politique ou vengeance ?
    Hugues de Tarse aura besoin de toute sa sagacité et de celle d’Eleonor de Fierville pour comprendre à quel point les Vénitiennes jouent un rôle fatal dans cette sombre histoire d’amour, de jalousies et de haine.

Chroniques d’une stagiaire à l’opéra d’Emi Ferrelli


 

chroniques d'une stagiaire à l'opéra

Chroniques d’une stagiaire à l’opéra est le premier roman d’Emi Ferrelli, ouvrage paru aux éditions L’Harmattan. Au vu du titre sans équivoque, je me suis souvenue d’une histoire de stagiaires que j’avais eu l’occasion de lire il y a quelques temps avec Les Stagiaires de Samantha Bailly, pour lequel mon avis avait été mitigé même si la lecture s’était réalisée de manière sympathique au travers d’une lecture commune. Pour le livre qui nous intéresse aujourd’hui, pas de binomette à l’horizon, des appréhensions à gérer seule. Et puis un univers à découvrir, celui de l’opéra et cet aspect-ci était très motivant car j’adore découvrir de nouveaux horizons.

Estelle est une jeune femme à la recherche d’un stage en tant qu’assistante à la mise en scène. Les places sont chères, Estelle en a conscience, elle sait qu’elle se réduit à un CV au travers de compétences, de diplômes et pourtant elle espère avoir ce stage. Ce serait l’occasion de sortir de son quotidien, de sa vie à Bordeaux, de ses amitiés qui l’embarrassent un peu, de sa rupture amoureuse… pour enfin penser à elle, à sa carrière professionnelle à ce qui la passionne. Victoire, elle décroche le stage… enfin pas seule. Et oui, étrangement, il n’y avait qu’une offre de stage mais deux personnes sont recrutées : Charles-Henri et Estelle. C’est incongru, est-ce que ça ne sentirait pas la compétition, la pression ? De prime abord, aucun doute est permis, il est certain que ces semaines en stage ne seront pas un long fleuve tranquille.

Au travers de chapitres courts, rythmée par des lieux, par le temps, l’histoire d’Estelle et de son stage en tant qu’assistante à la mise en scène à l’opéra prend vie. La plume est fluide, le tempo saccadé par ses chapitres se succédant. Ainsi, la lecture ne semble pas longue. Pour autant, l’intrigue va beaucoup plus s’orienter autour des relations avec les personnes qu’Estelle rencontre et ses amis que sur des propos étayés et techniques concernant l’opéra ou encore des aléas des stages. Finalement, Estelle aurait pu évoluer dans un tout autre milieu que nous nous en serions à peine aperçus ! Dommage. Il aurait été si agréable que ce roman autour des stagiaires soit différent d’un autre roman, la perche était tendue avec cette question de l’opéra. Mais la porte ne s’est pas ouverte bien longtemps et je me suis même questionnée sur les raisons d’Estelle pour faire ce stage précisément. Je n’ai ressenti aucune passion pour ce milieu de la part de l’héroïne. Simplement le besoin de lier des relations, le besoin d’observer les autres, de réfléchir sur de multiples sujets. Le récit ne sonne pas creux non mais cela reste plat et souvent décousu. Une multitude de faits surgisse, une vie se déroule sous nos yeux.

Heureusement Jean existe, Jean est merveilleusement bienvenu dans ce récit. La jeune fille (et moi-même) sommes tombées sous le charme de cet homme, le chef costumier. Il est vivant et bon vivant si bien que durant de nombreux chapitres je l’ai cru dans la fleur de l’âge. Mais finalement non, c’est déjà un monsieur qui a déjà vu plus de la moitié de sa vie. Cette amitié naissante est magnifique, elle est assez surprenante mêlant deux générations et pourtant elle existe. Pour moi, finalement l’histoire a été ici et j’aurai réellement apprécié en découvrir plus avec quelques ingrédients en plus autour de cette amitié. Le reste finalement était un contexte à mon goût.

En conclusion, je ressors assez mitigée de cet ouvrage car j’attendais d’apprendre, de découvrir des éléments autour de l’opéra. Perdu, j’ai découvert à la place, la description, l’incarnation de l’amitié au travers de deux personnages, celui de Jean et d’Estelle. A mon sens, le curseur a été mal placé, le cadre de la rencontre de ces deux êtres a été mis en avant maladroitement. C’est malgré tout la découverte d’une jolie plume, d’une auteur qui sait créer des personnages, des sentiments et qui doit juste se recentrer sur ce qu’elle sait faire.

  • Maison d’édition : Editions L’Harmattan
  • Nombre de pages : 280 pages
  • 4ème de couverture : « Dans chaque rencontre, il y a toujours une raison, une expérience, une leçon qu’il faut savoir cueillir. Que celle-ci soit heureuse ou non, elle nous permet toujours d’avancer. »
    Plongés dans l’univers de l’opéra, nous suivons Estelle, jeune stagiaire-assistante propulsée aux côtés d’un prestigieux metteur en scène allemand, Karl Hoffmann.
    L’héroïne relate avec beaucoup d’humour les chroniques de ses déboires, professionnels, amicaux et sentimentaux.